Signes initiaux iPune valeur fJtonetique Hmilee
%!• Parmi les signes initiaux j'en ai rangé plusieurs autres , marqués d* un astérisque , qui avaient cependant une valeur phonétique plus générale* Ce sont des signes qui s'employaient aussi souvent seuls et avec une signifia cation idéographique , mais qui servaient en même temps a représenter tous les mots ou parties de mots qui renfermaient les mêmes lettres ^ quoiqu'elles eussent un sens souvent très difFérent»Nous avons rencontré plusieurs fois la même lieence pour les caractères parement idéographiques* La corbeille (pI.B. n* 8j*. ?•) ^ prononce n& et désigne aussi bien le jeigTi^fir r[6fi,quele tout Itifii* De même aussi nossi* gnes initiaux, sans ou avec leurs complémens phonétiques, représentent par fois des mots bien différens* Une certaine bandelette (pL B. n. 54.) représente toutes les paroles qui se prononcent SJl^ , ainsi la particule Ul&*^ , qui forme les nombres ordinaux ; Aid^g , remplir ; avec le déterminatif d* une ceinture AJtd.g6 , la ceinture ; avec celui d'un bras , AAd.g6 , cubitus , F aune ; avec celui d' une aile , iUt6^6 , Vaile y la plume ; avec celui d'une femme assise , AJtg , nom d'une déesse ; avec l'addition d'un T enfin et le déterminatif des régions , AitgXT, le nord (55).
(55) GhampoUion a tort de regarder ce si^ne comme ren» fermant toujours les deux lettres phone'tîques tJtg' même si un Q suit. Car si on n'a pas toujours ajoute le p c'««t quèl'arraugement calligraphique ne le permettait pas, les deux signes ayant de différentes dimensions. D'après Champollion il faudrait transcrire Je groupe de l'aile par deux g , savoir ^QQ > au Heu de iiege d'après l'orthographe copte.
Les déterminatifs distinguent toutes ces significations suffisamment* Le parallélogramme crénelé (pi. B. n* 55.») représente pour lui seul ou avec son complément It Tidée d' établir ,- stabiliteur , iULHIt ; avec le dcterminatif de rhirondellc iurf c. fiLHltr , (pi. n. 55>) Vhirondelle; avec celui des trois vases mi, (n. 55.^) les constructions etc« Mais ces deux lettres ne se trouvent pas . seulement au . commencement de beaucoup de paroles , elles se trouvent encore au milieu , comme en ^CAlJt c. gOCe^it, (n, 5 5.^) le natron ; CiUnJtOTj (n* 5 5.») c. CitiXlte j constituer y disposer-^ CUnnOT (n. 55.f) c. CiUOYJte, un certain oiseau; &Ain (n. 55.8), ^AitOIt , le dieu uàmon^ etc. Il faut même remarquer que ce groupe est exclusivement àe^ stine' k la combinaison àe& deux lettres Ut et It dans toute la langue y de manière qu'avant It on ne trouve jamais une autre forme de TiA. , et si on rencontre quelques fois une autre lettre que It après le parallélogramme crénelé il fiiut le restituer dans la prononciation. C'est ainsi que j'ai trouvé le nom de rhirondelle sans It, ou le nom de la ville de Memphis écrit avec le parallélogramme seul et le luth (pL B. n. ^6.*) au lieu des deux groupes phonétiques (n. 56«^) suivis de la pyramide et du plan de yil* le comme déterminatifs. Il faut prononcer et l'un et Tautre Airt-noqp' , c. AJLHnnOTÇJI , opllororyocBSv d'après Plutarque (56), V établissement y le port des biens. Et voilà justement la liaison que ces caractères ont toujours conservée avec les caractères idéographiques purs et qui les exclut de T alphabet général. Les exceptions qu^on pourrait rencontrer , reposent presque toujours sur ce que la lettre inhérente du caractère à demi idéographique est omise* On trouve par exemple sur le plus beau sarcopha-
(56) De Is. et Os. p. 56g,
ge du musée du Louvre le nom du défunt X- gO (pi. B. n. 57.*) écrit avec le serpent dressé qui demande un T après lui; mais bien d'autres fois on Ty trouve en effet avec le T (n. 57.^) ce qui prouve qu'aussi le premier groupe doit être lu XT-gO. he hoyau ( pL A. IL n. 8. ) demande la bouche après lui MXp; on trouve souvent les deux plumes , MX6.1 > ^îiner ; la racine primitive cependant de Ut&X était Aitep6. Mais je crains d'être descendu déjà dans trop de détails. Je n'ai voulu que confirmer la règle et non discuter ici toutes les exceptions. Sur notre planche , j'ai ordinairement mis la signification principale sans égards aux mots oii cette si-^ gnification disparait entièrement ou est changée par un autre déterminatif. J' ai encore ajouté 1 1 signes de plus dont GhampoUion ne connaissait pas encore la valeur phonétique* 1* La tête pour d* dans le groupe d-KC, le premier, dont j'ai parlé. - 2. La femme ai^ec deux pointes sur le genou pour d* dans le groupe &pX , titre de femme y variante du groupe phonétique pL B. n. 58* au Rituel* - 3. 4. Les quatre ^ases i^ersant de Peau et le nez ou la tête de veau (57) pour C|dans le groupe ^6 ft-j» le nezy résidant* - S. Le bras tenant un épis ou bouton de fleur (58) pour C dans le groupe COOp , distribuer .
(57) Voy. ]*Appendix uot. C.
(58) Le bras tenant un objet peu reconnaissable, maii qui ressemble tantôt à un épis ou bouton de fleur , tantôt à une petite pyramide sur une manche , se trouve surtout dans les prénoms des rois Amënophîs I. et Horus. On l'y traduisait par directeur, tn prenant cet objet pour, un sceptre qu'on ne trouve cependant nuUepart ailleurs. On, igpiorait sa prononciation. Or j'ai trouve ce caraetère au Rituel de Paris P. II. $. YT. n. .i4» remplace au passage correspondant du Rituel de Turin par le même bras tenant le petit vase rond qui contient une offrande fluide. Cela écartait déjà Fidée de directeur^ JMaîs ce qui a levé
S4 ^.Voreil de ueau (59) pourC àans le groupe CAiK, ouir.^
7* Un signe inconnu pour C dont la prononciation est indubitable par la £rëqaente variante du groupe phonétique pL B« n. 60. au Rituel. "^ 8. La cosse de la im" mosa nilotica (60) , aJOrt^T^ , pour (jj ou <4JAA.-à. 10. La chhv^re sans tête et les deux bras tenant une rame (61)
toute incertitude , c'est que j' ai rencontre souvent ce même caractère ou comme dëterminatif du groupe CDD ou comme initiale régulièrement suivie de la bouche p« de manière que la prononciation CD ^^ saurait plus être douteuse, ce qui nous conduit naturellement à y reconnattre le mot copte COUp« distri^ buer. cf- Rit. P. I. Ç. HL, J. IV., n. a. (ter), P. H. $. VI. n. 14. (bis) etc. Il faudra donc traduire le prénom d'Aménophis I. .* 1^0leil distributeur de l'offrande et celui d*Horus : Soleil distribua' teur des pays.
(Sq) Horap. I « 4^* 'Axoijy ypufovraç renûpou «iriov ^ttypoifoueiv» ,^ Voulant écrire Fouie, ils représentent V oreil d'un boeuf.,, - On trouve souvent la variante pbonétique cil (pi- B. n. 5g.) Ros. M, St. vol. I. p. 373. pi. XI. n. i. vol. IL p. x3. pi. II. n.8.),et quelques fois aussi CTll (Ros. M. G. t. I. p. 43.) ce qui correspond alors à la parole COOTll^ » ouïr , de la langue copte^.
(60) Ros. M. St*II. p. 56. a trouvé et reconnu ce signe dan» le nom du roi Piscbam où il se trouve tantôt seul tantôt avec son complément 11. Il se rencontre souvent au Rituel^ cf. P. II. $. V. n. 34* $. VI. n. I. P. ni. {.I. n. XI. L 4* x4*^ toujours avec 1 11 à la suite. La prononciation S2) ue repose que sur le nom CUOrt't'»^ ce qull parait. Je n'en ai encore trouvé aucune variante.
(61) Ces deux signes sont entièrement bomopbones et se trouvent souvent comme variantes entre eux ou avec le vani cf. Rit. Tnr. P. II. S* X. n. 6. 1. 3. ^vec la variante du Rit. Par. (pi. B. n. 61.); P. II. $. X. n. 10. 1. 5. ; S- VIII. n. 11. 1. i. 5. $« X. n. 9. 1. a8. (pi. B. n. 62.); $. IX. n. 6. 1. i3. (pi. B. n. 63.) Le H suit toujours et s'il manque dans une variante il faut le restituer dans la prononciation. - Outre ces signes , il en manque encore plusieurs autres plus rares dans l'alpbabet de CbampoU lion que j'ai notés sur notre pi. B. n. 64-67. - N. 64a >« trouve
ppur j^ ou «i^lt «-il. Un instrument mconnu (62) pour jb ou <^p sunout dans le groupe T« «QpO'f*, la postérité. 38* jChampoUion a encore reçu dans son alphabet une partie de signes idéographiques monosyllabes que j'ai ran* gés parmi les signes initiaux , parceque leur valeur phonétique est tout k fait exceptionnelle comme celle des antres. Nous parlerons plus bas de la petite ligne qu'on
7 fois comme avaDldernière lettre entre N et S dans le nom de Domitianus sur les obélisques de Bénëvent et deux foîs comme premier signe du nom de Mené vent , OT pour fi>, avec les variantes du lituus OT et de \k jambe £L.-N.64*l>aétë note par Champoliion dans sa Grammaire comme ayant la prononciation de jtl* Je ne sais pas sur quel rapprochement cette opinion repose / mais j'ai trouve cinq fois comme variante de ce caractère la bouche, p, dans différens manuscrits et dans diffërens groupes. Le groupe forme de la bouche redoublée et des deux jambes qui marchent Kit. Tur. P. IL $. X. n. 3. 1. 3. se trouve deux fois dans la me me colonne remplacé par ce même groupe avec rinitlale de notre signe replié. La même variante se retrouve deux fois dans un manuscrit de Florence comparé au Rit. de Turin. P. IlL {. IIL Up 2. 1. 17. et ao. Enfin le groupe formé du verrou et de la bou^ ehe redoublée déterminé par le bras tenant un bouton de /leur R. T* P. I, $. ly. n. a. 1. 7. et ailleurs, nous montre notre caractère à la place de la première bouche dans la ligne précédente et ailleurs. — N. 65. se trouve au Rituel P. IL $. X. n. 9. avec la variante du noeUd coulant dans un Rituel de Florence. - N. 66. se trouve souvent comme variante du genou dans le groupe noté sur la planche. RitP.L $.iy. n.a. L 4.P. IL $ . VIU. n. 3. 1. 3. (bis) n. 4*1- ii« $* ^« n. 8. 1. 14. etc.- N. 67. est variante fréquente du ^rait, connu pour K dans plusieurs groupes^ notamment avant ri> tous les deux signes se trouvent où seuls ou avec le complément it en beaucoup de passages , et en dîfPérens mots cf. Rit. p. IL $. L n. t8. 1. 4* i^* 19* 1* ^* u. 37. 1. 9. 5* ^- u. 6. 1. 4* ^ Dans tous ces passages le rituel de Paris a le signe inconnu^ celui de Turin le trait bouclé.
(62) Voy. TAppendix not. D.
,56 trouve à côté de laiplupart de ces monosyllabes. J'ai enfin omis tout le reste qui ne contient que des caractères ou décidément idéographiques comme le t^autour y (pi. Aé VII.c n. 2.) symbole de la mère (63) , la naueUe , (pi. A. IV* n. 28») symbole de la déesse Neithy car lé segment .de sphère est ici. signe du genre féminin; les froi>/eui/^ej signe figuratif du champ KOI , (pi. A. IV. n. 29.) ; ou des caractères qui ne sont que rarement employés et la plupart dans la basse époque des Ptolémées et Romazn9 ou dans récriture que Champollion appelle secrète.
3. Signes idéographiques prenant la seconde place dans un groupe phonétique*
39. Nous avons déjà vu plusieurs exceptions de la règle générale qui exclut les signes idéographiques du milieu des mots. Je dois maintenant établir une nouvelle exception. Il y a des groupes dont on voulait déterminer plus spécialement la prononciation du premier signe , soit parce qu'il pouvait être douteux^ soit qu'il eiit changé de prononciation. On écrivait alors tout simplement sa pro-
(63) La seule exception que je connaisse serait le nom de la cavale qui s^écrit de trois manières ou CC (pi. B. n. 65.«), ou CCitlT (u-68.b) avecle Ut ordinaire, ou cC Ali-T-T (o- ^^•^) avec le vautour. Suit toujours le dëterminatif gënëriqne des quadrupèdes ou le dëterminatif figuratif d' une cavale. La variante d'an simple Ait au lieu de CC (B.os. M. St. t II. p. S. pi. I. n. 3.«) doit avoir un autre sens, si ce n'est pas unemëprise du sculpteur qui avait pris les deux verrous pour les deux barres de rut* Or j'ai dëjà dit que les Égyptiens ne se permettaient jamais de vëritables abrëviations phonëliques. Nous ne connaissons pas ce mot dans la langue copte , mais bien dans Thëbreu où il se retrouve dans D1D, sous,, cheval, sans M. Je crois par consëquent que CC-Utd.Y-T e»t un mot compose , qui veut dire cavale mère^ jument poulinière.
DOnciaûon avant , de manière que le signe idéographique n'était plus Tinitiale , mais la seconde lettre* Le treuneau (pi. B. n. 69.«) est le symbole du dieu Âtmou (TOTU. ?) et il forme souvent tout seul son nom symbolique» D'autres fois, mais rarement, ce caractère reçoit son oom«plément (n. 69.^) et reste initiale (64) ; ordinairement il H son complément et de plus sa prononciation T avant bii (n. 69.C) ; souvent aussi on omettait son complément et ne mettait que la prononciation de l'initiale (n- 69.^) (65)* En* fin on pouvait entièrement omettre le signe idéographique et écrire tout le groupe en lettres phonétiques générales (n. 69/) ce qu'on faisait toujours dans récriture hiérati« que (n. 69.S). Cette dernière circonstance fut déjà remar* qnée par Ghampollion ( voy* son Panthéon n. 26«), circonstance dont il tirait la juste conclusion que ce signe n'enr tre pas dans la prononciation du groupe phonétique* De la même manière s'explique le groupe rL^T(n.70.), première partie du nom de Nect-^mebus ^ copt. n<S»(i)T , victorieux^ qu'on a transcrit jusqu'ici îlà^^^T^ quoique le n initial ne soit ici que la prononciation du second signe^ qui se trouve aussi tout seul précédé de sa prononciation Jt et sans complément (66).
(64) Rît. Par. P. H. J. VIII. n. ia. 1. 3. Le Rituel de Turin met le TT*
(65) On met souvent aussi la feuille avant ce groupe (pi. B. n. 69.C) , comme on la met avant beaucoup d'autres; comp» Tq et à.T^ , le père; liCT > et &A1CT vie dieu Amset; AIJI
et &Aitn , le dieu Amon * qTOT et &qT , quatre ; JtK et
AnOK , moi ; Oft et i-Oft la lune; gU' et A^O.*, dansi
OTpU) et &OTpaD, la reine; KK et &KK, les ténèbres »
gp et &gp y une région mystique; etc. Jusqu'à cette heure je n'aurais à offrir. que Hles conjectures à l'égard de son explication.
(66) Voj. les exemples les plus frappans de ce genre de groupes réunis dans la note n. G. de l'Appendix.