APPENDIX
Note A. ( voy. pag. 1 9. )
Chantpollion (Gramm. Ch. I. $. 37.) fait appartenir rëcrituré hiératique de Clément à Técriture sacrée d'Hërodote, de Diodore , et des Inscr. de Rosette et de Turin. M. Letronne cherche à développer plus en détail la môme opinion 4ans son Examen du passage connu de Glément> inséré au Précis Hiéroglyphique de OhampollioD p. 384. suivv. II. éd. Voici Tétat de la question.
Manëthon:
Clément:
Hérodote y Diodore^ et let Inscr. dé Rosette et de Turm ne fplit que deux divisions, Clament seul en fait troh« Leurs expressions' sont Jes suivantes :
Hérodote: y^dyi^ra Upâ S^ifAoux»
Diodore. , ypoifJtiAaru tip» hifJuSSn
Inscriptions: ypcifiytwe» itpei ^yx^P*^
yp-hpoypuÇtxâ OU Scwv ypâfÂ,[jMT»
ypJtpoyXvfixcl j Upartxd I imrroXoypaftxoi
Les trois écritures des monumens correspondent évidemment aux trois expressions de Clément , qui les caractérisent parfaitement Lien. Il ne peut pas y avoir de doute non plus que Vhiérogly-' phique de Clément doive se retrouver dans 1* écriture sacrée d'Hérodote , et 1* épistolographique dans son écriture démotique. Mais la question est de savoir , de quel côté il faut placet* Yhié-^ ratique de Clément. L' usage moderne s'est décidé pour M Af. Champollion et Letronne , parcequ'on a retenu les deux premières expressions de Clément en échangeant sa troisième contre , la seconde d^Hérodote. Aussi ne prétendrai-je pas vouloir changer cet usage; il importe très peu^ si les méprises qui pourraient s'y attacher sont écartées.
Examinons d'abord le raisonnement du célèbre antiquaire français dont 1' autorité imposante doit nous engager d' autant plus à examiner scrupuleusement une opinion que nous ne saurions partager, i. „ Quant à l'hiératique, dit<^il , il est certain que c'était une espèce de caractères sacrés, puisque, selon Clément d'Alexandrie, c'était celle dont les hiérogrammates { o\x greffiers sacrés) se servaient ,, On voit que cette raison ne saurait être concluante; car les greffiers n' étaient sûrement pas appelés sacrés à cause de l'écriture sacrée dont ils se servaient , mais à cause de la littérature sacrée dont ils étaient chargés. 2. J/. Letronne appuyé sur ce que l'hiératique est une tachygraphie hiéroglyphique. Il aurait dû seulement insister sur le mot tachygraphie , qui à lui seul devait écarter toute pensée à une écriture sacrée; car qu'est ce qui peut mieux différencier une écriture populaire d'avec une écriture sacrée que son caractère cursif. 5. M. Letronne dit que Clément se sert du mot i*spo- ^XuÇixa, caractères sacrés sculptés, à la place de Upd , pour laisseir
entrevoir que Thiëratique était une ëcrîture ssLcrée écrite ,y qu*on pourrait appeler hiérographique ''.Mais si on veut prendre Texpresslon de Clëment dans le sens le plus strict , elle est toujours trop étroite ; car récriture hiéroglyphique ne fut pas seulement sc^lptée , mais aussi écrite , et nous trouvons justement l'expression itpc/fotfixoi, que M.Letronne propose pour l'écriture hiératique, employée par Manéthon^ non pas pour l'écriture hiératique, mais hien pour l'écriture hiéroglyphique. Clément nommait l'écnture sacrée hiéroglyphique pour la désigner ainsi plus clairement en rappelant son emploi principal. Je pourrais faire valoir tout aussi hien pour mon opinion les deux expressions spéciales d'hiératique et épistolographique vis«à-vis de l'expression plus générale de démotique chez Hérodote. 4* ^^ quatrième point de M. Letronne contient une justification de l'expression îtpa au lieu de ispoyXvfix» dans Tiuscription de Rosette. On voit que pour nous cette expression n'a pas besoin d' être justifiée parcequ'elle est employée au propre, he mot iy^uptct ne décide ni pour l'une, ni pour l'autre opinion.
Une simple inspection des trois écritures en question suffirait pour qu' on ne revint pas d'avantage sur la véritable nature de récriture hiératique. Une écriture sacrée ne peut être qu'une, et exclut, d'après sa nature^ un caractère essentiellement cnrsif, comme nous le trouvons dans l'écriture hiératique. Je rappelle le dévanâgari des Indiens et l'écriture carrée des Hébreux. Si nous cherchons les différences caractéristiques entre l'épistolographique , comme appartenant sans aucune contestation au démotique et l'écriture hiéroglyphique , comme appartenant sans doute à l'écriture sacrée, on n'en trouve absolument pas d'autres que celles qui constituent aussi la différence entre l'hiéroglyphique et l'hiératique. 11 y en a quatre principales.
T. Tous les hiéroglyphes soit sculptés soit écrits présentent des figures d'objets physiques faciles à reconnaître. L'écriture hiératique consiste au contraire en caractères dont aucun ne saurait être reconnu , et qui paraîtraient tous des signes de pure convention , si on ne pouvait les confronter signe par signe avec les hiéroglyphes dont ils sont les abréviations. En un motj l'une est une écriture monumentale , l'autre une écriture cursive.
1. La direction des hiéroglyphes la plus ancienne et la plus usitée de tous les temps, et la seule, presque sans exception, dans
les papyrus , est celle de haut en bas en colonnes verticales qui se suivent comme chez les Chinois de droite à gauche. Les papyrus hiératiques sont au contraire constamment écrits en lignes horizontales , et }e ne oonnais, k cet ëgard ^ aucune exception.
3. L'arrangement des signes hiéroglyphiques entre eux ne correspond souvent pas exactement à Tordre de la prononciation , mais suit plutôt un principe calligraphique. Les signes hiératiques suivent constamment 1' ordre exact de la prononciation.
4. L'écriture hiératique exclut beaucoup de signes figuratifs OU' symboliques dont la reproduction serait trop compliquée pour une écriture cursive. Elle admet par conséquent plus d'expressions phonétiques que l'écriture hiéroglyphique.
Or , r écriture démotique est une écriture cursive avec quelques abréviations de plus. Elle se lit constamment en lignes horizontales. Elle suit exactement la prononciation de son dialecte, et éi^ite les signes figuratifs et symboliques encore d'avantage sans cependant les abandonner entièrement.
Il me paraît que cet aperçu doit lever toute incertitude relativement à la nature non sacrée de l'écriture hiératique. Mais on doit s'apercevoir en môme temps que les difiererices qui existent entre l'écriture hiératique et démotique sont trop légères ,pour constituer deux écritures distinctes dans un usage simultané, comme nous le voyons depuis les Psamétiques jusque sous les empereurs y s'il n'y avait pas une autre raison pour cela.
Et cette raison n'est autre que la difTérence du dialecte , comme je l'ai dit dans le texte. Cette différence bien qu'elle soit de la plus haute importance pour le déchiffrement des difféi*ens monumens , a été cependant presque entièrement négligée jusqu'à présent. C'est pourquoi j'en dirai encore quelques paroles.
Nous savons par les auteurs grecs que les Égyptiens avaient un dialecte sacré et un dialecte populaire* Il s'entend que le peuple ne parlait pas ces deux dialectes dans le même temps , mais que le dialecte sacré était le langage le plus ancien conservé seulement par les écrits , et qui ne pouvait pas s'altérer, parceque les ancieni^es inscriptions des temples et monumens de tout genre, exposées aux yeux de tout le monde, devaient arrêter toute innovation. C'était la langue savante des prêtres et des
castes instruites , et par consëquent , comme le sanscrit pour les Indiens encore aujourd'hui^ et comme le latin pour l'Europe du moyen âge^ la langue des livres. Il s'entend aussi, que la langue du peuple ne pouvait pas s'arrêter pour cela dans sa marcbe tracée , qu'elle devait s' éloigner toujours plus de la langue classique. C'est ce que nous trouvons en efîet en compa* rant la langue des hiéroglyphes avec la langue copte qui doit nous représenter le dialecte populaire. Il ne conviendrait plus aujourd'hui d'essaryer d'accréditer 1' étude des hiéroglyphes en faisant croire que la langue copte ne diffère en rien de la langue des hiéroglyphes. Nous connaissons avec une entière certitude beaucoup de mots qui ne se trouvent plus dans la langue copte et beaucoup qui ont été ou altérés ou remplacés par d'autres. Il ne faut pas se dissimuler non plus que la grammaire même a été altérée en bien, des particularités ; cela ne pouvait pas être autrement dans une durée de langue de plus de 3ooo ans. Mais il ne faut pas oublier avec tout cela que la langue égyptienne n' avait pas autant à perdre ou à altérer qu' une langue indogermanique et que sa structure ressemble beaucoup plus à celle des langues sémitiques. Les différences dont nous parlons sont cependant assez nombreuses et assez marquées pour constituer deux dialectes , et on ne saurait plus douter que nous avons là justement les deux dialectes dont les^ anciens nous parlent. Nous ne pouvons pas alléguer un exemple plus frappant pour ce que nous venons d'avancer que le passage du prêtre égyptien Mané thon (ap. Joseph, c. Ap. p. 44^0 ^1"^ ^^ expliquant le mot Cxauç, par lequel on désignait les peuples pasteurs , débordés dans l'Egypte du temps de la iSme et i6me dynastie, dit.* rd yoip Jx xad* îspâv yXûtro'cty , fiacriXé» vnyLouv&i, xo 8s <roiç irotfx'ny kfrri Koi TTotfAsvsç TLotto. T^jv xo(vi7v $fff\sxTov- »> Bjrk Signifie roi dans la y, langue sacrée , et ses pasteur dans le dialecte vulgaire. ^, Et en effet le mot hyk avec la signification de roi est très fréquent dans les hiéroglyphes de tous les temps (pi. B. n. 3.a) et ne se trouve plus dans la langue copte « tandisque CiJCiOC > schés , est la seule expression pour pasteur dans la langue copte et ne s'est pas encore trouvé , autant que je sache y dans les hiéroglyphes avec cette signification, à moins qu'on ne le veuille, avec GhampoUion, reconnaître dansle nomçij^ijCOYfpl.B.n.S.bJpartilierà un peuple qui est nommé avec beaucoup d'autres vaincus
par Ramses III et Mënephtah »on père (Toy. Gh. Gr. p. 182. Comp. Ros. M. St. pi. GII. 1. 8. et pi. LIX. ). D' ailleurs le passage de Manëthon nous apprend seulement que le mot hyk , roi , n'était plus en usage de son temps y tandîsque le mot schSs existait encore; il ne veut point dire que ce dernier mot appartienne ej:clusivement au dialecte populaire.
Si donc on doit être persuade que le langage des biëroglyphes était de tous les temps le dialecte sacré et que les textes hiératiques qui ne nous présentent absolument qu'une tachygraphie des hiéroglyphes y doivent être de même conçus en langue sacrée i il ne sera pas difficile de se convaincre que les textes dé^ mo tiques au contraire renferment le dialecte vulgaire. L'analyse des textes dérootiques , encourageante d'un cdté par les traductions en langue grecque qui existent de plusieurs d'entre eux et i^ar les transcriptions en lettres grecques de près de 4oo. mots dont M, Reuvens a publié quelques échantillons dans ses lettres à M. Letronne , rencontre cependant beaucoup de difficultés dans le détail j parceque nous ne pouvons pas établir une confrontation aussi complète, entre les caractères démotiques et hiéroglyphiques, qu' entre les caractères hiératiques et hiéroglyphiques, moyennant le Rituel. Mais la seule observation , que l'hiératique est de plus en plus restreint à l'usage sacré et scientifique, tandisque tous les textes démotiques que nous connaissons jolsqu'ici traitent des affaires judiciaires ou privées , enfin des choses qui devaient être entendues aussi bien par le bas peuple que par les érudits , devrait suffire pour nous convaincre que la langue sacrée n'y était plus à sa place et que nous devons y chercher le dialecte vulgaire. L'examen des deux textes de Tinscription de Rosette confirme pleinement l'opinion que je viens d'émettre. Une des différences les plus marquées du dialecte sacré d'avec la langue copte consiste en ce que la plupart des terminaisons grammaticales qui autrefois furent postposées aux substantifs et aux verbes se trouvent préposées dans la langue copte , phénomène linguistique qui se répète presque dans toutes les langues.
Le verbe "f donner , eit par consëqueQt conjugné
hiéroglyphes
en copte
{pl.A.n.yin.3in4
»coL)
'-ex
ex--f
je donne
■-K on
ti] donnet
çf-:
il donne
elle donne
nous donnons
TeTJiVf
TOUS donnez
"-en