‹ Lettre à M. Magendie, sur les préparations d'or, et les différentes manières de les administrerChapitre 3 sur 7 · LETTRE A M. JlAGENDIE · texte numérisé non relu

LETTRE A M. JlAGENDIE

ves , h moins que le remède n’ait été donné mal à propos ou mal administré, j’ai publié ce que m’avait appris une lon^ijue expérience sur l’effîcacité de ce nouveau moyen.

Je m’attendais k le voir accueillir, j’ose dire avec reconnaissance, me persuadant que la philanthropie devait être l’apanage des médecins ; j’appris bientôt qu’il y avait encore des exceptions. Les uns me dirent des injures , d’autres eurent recours à des inculpations encore plus déplacées : quelques uns ont dénaturé mes prépai^tions^ etc. Ma délicatesse a soufTert dans le premier cas , mais jamais mon amour-propre n’a été blessé ; il n’avait pas présidé à la publication de ma nouvelle méthode antisyphilitique ; j’étais animé d’un sentiment plus noble , l’amour de mes semblables. Ce sentiment , toujours aussi vif, me dicte ces lignes pour relever des erreurs qui se sont glissées dans l’ouvrage d’un savant recommandable à tant de titres , qui , n’ayant pas lu ce que j’avais écrit , s’en est fié à quelqu’un qui a trompé sa confiance.

Malgré l’engagement formel que j’avais pris de défendre ma méthode anlisyphilitlque contre les écrivains qui chercheraient k la décrier, je n’avais point encore songé à répondre à ses nombreux détracteurs. Je m’en reposais sur l’efficacité de mes préparations bien faites et administrées par des praticiens instruits et impartiaux. Souvent plusieurs d’entre eux ont eu la bonté de me faire part des succès qu’ils ont obtenus, et leurs observations ’ m’ont

• J’en possédais près de quatre cents, qui m’ont e'té fournies par des praticiens recommandables de divers pays ; je les ai toutes remises à mon jeune ami le docteur Legrand , dont l’ouvrage sur l’emploi de l’or dans le traitement des affections vénériennes est sur le point de paraître.

SUR LES PRÉPARATIONS d'oR,

amplement dédommagé du désagrément qu’ont voulu me procurer des hommes peu philanthropes. Content donc des guérisons que j’apprends de toute part et journellementpar la bienveillance de confrères, amis de l’humanité, qui veulent me récompenser des peines que j’ai éprouvées, je me serais tu encore en laissant au temps et à une plus longue expérience le soin de placer mes préparations d’or au rang distingué que leur utilité leur assigne : mais cette fois 1 attaque partait de trop haut j j’ai dû rompre mon long silence , surtout quand j’ai vu qu’on prêtait à ma plume des expressions qui , venant de moi , doivent nécessairement nuire à mes préparations plus que tout ce qu’on a lancé contre elles.

M. Magendie , en enrichissant la cinquième édition de son Formulaire de ce qui concerne mes préparations d’or, lorsqu il parle du mode d’administration du muriate , me fait dire qu’il est rare qu’on en emploie plus de quatre grains pour obtenir la guérison des maladies syphilitiques les plus graves.

Si M. Magendie ne se fût pas fié è une main inattentive et peut-être ennemie , qu’il eût copié lui-même , il se serait piqué , je n’en doute pas, de l’exactitude qu’on doit avoir dans une cause qui intéresse l’humanité , et il n’aurait pas écrit dans les maladies syphilitiques les plus graves , puisque j’ai imprimé dans les cas ordinaires. Une pareille substitution peut et doit en imposer aux médecins • de la meilleure foi , dans l’administration de l’hydrochlorate d’or , et leur faire déclarer le remède inefficace si ^ après l’emploi de quatre grains ils ne voyent pas céder une

maladie qui , quoique primitive , peut en exiger une plus forte dose.

J avais cru ne pas laisser de louche sur ce que j’enten-

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