‹ Lettre à M. Magendie, sur les préparations d'or, et les différentes manières de les administrerChapitre 6 sur 7 · LETTRE A E. MAGENDIE · texte numérisé non relu

LETTRE A E. MAGENDIE

les avantages qu’il y aurait, en adoptant l’une et l’autre opinion , d’avoir recours aux préparations aurifiques.

Ceux qui nient l’existence du virus regardent comme radicalement guéris, et à l’abri de toutes maladies suite de la première , les sujets qui , ayant eu des chancres , des bubons , des excroissances , en ont été délivrés par le repos et les antiplilogisliques ; il faut, d’après cela, placer dans la même catégorie les individus chez lesquels les symptômes énoncés ci-dessus ont disparu sans aucun remède. Les exemples du contraire sont trop nombreux et trop frappants pour que j aille m’occuper d’en citer: ce que je dis pour ceux qui ne croient pas au virus doit s’appliquer aux auteurs qui , en 1 admettant , proscrivent le mercure en lui adressant le reproche de faire plus de mal que de bien, et d’occasioner même la vérole constitutionnelle, qu’on a regardée jusqu’à présent comme le produit des symptômes primitifs négligés ou dissipés par un mauvais traitement ou par des remèdes abandonnés trop tôt, quoique bien choisis.

Si je puis présenter un grand nombre de sujets traités et guéris depuis trente-huit ans par l’emploi des préparations d’or, de chancres, de bubons, d’excroissances , enfin des symptômes qui constituent la syphilis primitive , qui jouissent de la plus brillante santé , dont les femmes et les enlanls n’ont jamais éprouvé le plus léger signe d’infection vénérienne; si ces mêmes sujets, en tenant sécrété leur maladie , ont pu , pour la plupart , vaquer à leurs occupations ordinaires et journalières de quelque nature qu elles fussent, guérir avec la certitude de ne plus voir reparaître les symptômes dont ils avaient été délivrés, et de plus graves encore : le remède qu’ils ont mis en usage ne doit-il pas être préféré par ceux qui font consister la

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guérison dans la disparition des symptômes primitils, cpn leur laisse toujours, quoi qu’ils en disent, la crainte que dans un temps recalé, il ne survienne des accidents très fâcheux tenant à la même cause? J’ai l’amour-propre de croire que la majeure partie des praticiens sera pour l’affirmative, à moins qu’ils ne donnent la préférence au mercure.

Je suis le seul , j’en conviens , dans le cas de citer des guérisons obtenues par ma méthode qui se sont soutenues depuis trente-huit ans, mais je suis è même d’en présenter un nombre considérable qui ont été opérées au moyen de mes préparations d’or , il y a plus de quinze ans , et qui ne se sont point démenties. Les confrères de qui je tiens les observations m’en ont donné l’assurance la plus positive.

Les fâcheux effets que quelques médecins ont vu produire au muriate doivent -ils être attribués à ce remède ou à sa mauvaise administration, si ce n’a été à une fausse application? M. Magendie, en annonçant qu’à une dose faible le muriate avait produit une gastro -entérite des plus intenses , déclare qu’il avait été donné mal à propos.

Ne suis-je pas autorisé à considérer comme suite d’une mauvaise administration les phénomènes observés par M. Guilerier neveu, que j’ai détaillés plus haut, chez la majeure partie des individus qu’il a soumis à l’emploi de mon muriate ? *

Si j’ avais été témoin de pareils effets, je n’aurais pas manqué de le dire en publiant ma Méthode , et s’ils se fussent répétés aussi souvent que ce dernier paraît les avoir vus , en faisant connaître les grands avantages que j’avais retirés de l’or divisé et des oxides, je n’aurais pas parlé de l’hydrochlorate d’or pur.

G‘i LETTRE A M. MAGENDIE,

Pour prouver que, s’il n’y a pas de mauvaise administration de la part de M. Cullerier, il a été bien malheureux dans l’usage qu’il a fait du muriate , je ne mettrai pas en avant l’opinion du docteur Gozzi , qui , ainsi que je l’ai dit , déclare que les préparations d’or sont d’une grande innocuité, ni celle de M. Niel, qui tient le même langage, mais je rappellerai les observations de M. Destouches, qui a guéri à la caserne dix-neuf sujets atteints de syphilis primitive, et sans qu’ils aient suspendu leur service r je rappellerai encore celle de M. Mignot , quia opéré dix guérisons de la même maladie avec les mêmes circonstances, et je transcrirai les lettres que j’ai reçues de M. Audibert, médecin en chef de l’hôpital militaire de Mont- Dauphin , la première en date du 5o juillet 1824.

« Les observations que j’ai recueillies depuis deux ans , «me marque ce confrère, sont trop nombreuses, et mes » occupations trop multipliées pour vous donner des détails ; je me bornerai donc à vous assurer que pendant ))ce laps de temps j’ai guéri cent quatre-vingt-six véné- » riens par l’emploi seul du muriate d’or et de soude; que »j’ai été assez heureux pour n’avoir perdu aucun de mes «malades. Le régiment qui depuis dix -huit mois com- »pose la garnison du département m’a fourni l’occasion » d’observer qu’il n’est point rentré un seul des sujets que «j’avais traités. Vous ne devez pas douter que parmi ce «grand nombre j’ai eu des maladies graves , chroniques et «récentes. Je dois également vous dire combien dans ma « pratique civile votre muriate m’a été utile pour les pauvres «et pour quelques individus guéris sans aucun inconvénient »et en secret au sein de leur famille. »

11 est probable que si les individus que M. Audibert a soumis à l’administration du muriate avaient éprouvé la

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série des accidents observés par M. Gullerier, il n’aurait pas manqué de m’en faire part, et qu’il n’aurait pas terminé sa lettre en m’annonçant des guérisons sans inconvénient , dans la supposition qu’il eût commis un oubli de la plus haute importance, puisqu’il s’agit de la vie des hommes; il l’aurait sans doute réparé dans la seconde lettre qu’il me ht l’amitié de m’écrire en date du mois de novembre 1826, en m’envoyant le relevé de l’exercice de l’hôpital pendant les années 1823, 24» 25, et 26, qui ont fourni deux cent

soixante-six vénériens, pour lesquels il a été consommé neuf cents grains de muriate \ M. Audibert me fait observer de ne pas calculer la consommation du remède en raison du nombre des malades , vu qu’il y a eu des maladies légères qui n’ont point nécessité l’usage des préparations d’or; mais que toutes les autres maladies récentes , anciennes et graves, ont été traitées par le muriate. «J’ai vu , me » dit cet estimable praticien , que les syphilis primitives et «récentes cédaient au quatrième ou au cinquième grain, «tandis que j’ai été forcé de porter la dose à neuf et à dix «grains dans quelques cas de maladies des plus graves; je «puis vous fournir la preuve évidente , si vous le désirez, «qu’il n’est rentré à l’hôpital qu’un seul malade ayant fait » usage du muriate.

«Je crois devoir vous communiquer, ajoute mon con- » frère, que sur un sous officier la marche des chancres au «fond de la gorge était si rapide, que je hasardai d’associer » au muriate les frictions mercurielles à la dose de deux gros » de pommade : un jour le muriate à un dixième de grain,

* On retrouvera toutes ces pièces, que je puis nommer justifie atwes , dans l’ouvrage du docteur Legrand, que j’ai annonce’, au commencement de cette lettre , comme devant paraître très prochainement.

»etle jour suivant la friction mercurielle: tisane de salsc- «pareille, nourriture adoucissante en petite quantité. Huit «bains furent administrés en vingt jours ; le vingt-cinwquième jour plus de progrès. Tout fut cessé , hors le mu- » riale, employé constamment à la même dose jusqu’à con- » sommation du dixième grain. Le malade sortit au cin- «quième mois se portant on ne peut mieux \ »

, D’après ce que je viens d’exposer et que je pourrais appuyer d’un nombre très considérable d’observations , ne suis-je pas en droit de considérer ces préparations comme aussi spécifiques que le mercure contre la syphilis , quoi- <|ue M. Cullerier oncle refuse aux premières toute spécificité? Se prononce-l-il ainsi parceque ni lui, ni son neveu, n’ont pas réussi aussi constamment que M. Audiberl, que le docteur Gozzi, que le docteur Niel, et que plusieurs autres médecins dont les observations seront publiées? Mais à quelles causes faut-il attribuer la dilTérence qui existe

I Quoiqu’il paraisse , dans le cas rapporté par M. Audibert, que l’honneur de la cure appartient plus à la préparation d’or qu’au mercure , je crois que celui-ci n’a pas été inutile. Ces deux substances, employées comme médicament, ont le meme mode d’action, malgré quelques modifications dans leurs manières d’agir, surtout lorsque, sans les employer simultanément , on fait succéder l’emploi de l’une à celui de l’autre , avant que faction de la première ait cessé. J’ai observé que des Symptômes syphilitiques, restés stationnaires sous l’administration de l’une d’elles, s’amendaient par l’usage de l’autre dans une période de temps infiniment plus courte qu’on n’aurait dû s’y attendre. Je ne chercherai pas à expliquer le pourquoi , mais cela est ; et en supposant qu’on voulût prononcer sur la plus grande efficacité de l’un ou de l’autre remède , il ne faudrait pas choisir les cas où on les emploierait en remplacement et à court intervalle, l’avantage étant toujours pour le dernier minéral administré.

SUR LES PRjiPARATIO.XS d’or.

ulUre les résultats obtenus par les praticiens que j’ai uoinniésel ceux moins satisfaisants obtenus par MM. Cullcrier.

Si tous ceux qui ont eu des succès presque constants , s’étaient, comme M. Auclibert, procuré le muriate à Montpellier, je pourrais penser que cette différence dépend de la préparation , quoiqu’il fut inconvenant de croire que les pharmaciens de cette ville préparent mieux que ceux de Paris ; mais comme le praticien de Bologne , celui de Marseille et une infinité d’autres se sont servis de chlorure préparé chez eux, il faut en chercher une autre. Quelle est-elle? Il ne me serait peut-être pas difficile de l’assigner, d’après les reproches mal fondés que MM. Gullerier adressent à mon muriate. Tout n’est pas bon h dire; il faut, dans certains cas, laisser à deviner.

Il est donc écrit que nous ne pouvons pas nous trouver d’accord avec M. Cullcrier oncle : d’après ce que dit M. Magendie, eu terminant son Formulaire (6" édition, page 256), ce chirurgien a fait quelques essais avec l’hydrochlorate de platine et de soude, et les résultats sont les mêmes que ceux que lui a donnés le même sel à base d’or.

Je n’ai point expérimenté avec l’hydrochlorale de platine , mais long-temps avant que M. Cullcrier fît des essais avec celte préparation , j avais fait des expériences avec le platine limé dans le traitement de la syphilis et des scrophules , pour comparer ses effets h ceux de l’or en substance mis aussi en poudre au moyen de la lime. Quoique par l’usage du premier, frictionné sur la langue, j’aie vu quelques symptômes syphilitiques éprouver de l’amendement, et des engorgemens de nature scrophuleuse être dissipés, les efïéts que j’ai obtenus n’ont pas été, en général , assez satisfaisants pour que je le mette au même rang du mer-

cure , et bien moins encore de l’or Je ne pouvais avoir aucun motif pour désirer que le dernier eût plus d’efficacité que le platine : j’aurais souhaité au contraire que celui ci eût mieux valu que l’autre. Avoir découvert un remède plus utile que les préparations d’or! Oh! c’est alors que j’aurais dit avec jouissance : Pour le coup , j’ai bien mérité de l’humanité !

Ma lettre était terminée; mais une nouvelle lecture du Formulaire de M. Magendie , pour ce qui concerne mes préparations d’or, afin de m’assurer si je n’avais pas laissé quelque chose à relever , m’a signalé une omission.

Cet auteur, en parlant d’un mode d’administration que des circonstances particulières avaient engagé M. Niel d’adopter, rend un compte exact du procédé, mais il se trompe en parlant des remèdes employés et de leurs doses surtout. Si jamais un homme de l’art, se fiant à ce que dit M. Magendie dans son Formulaire, voulait se servir du nouveau mode du praticien de Marseille , il ne pourrait qu’échouer , et regarderait M. Niel comme un enthousiaste qui s’est fait illusion , ou comme un homme de mauvaise foi. Pour prouver qu’il n’est ni l’un ni l’autre , je rapporterai les deux observations relatives à ce nouveau mode , après avoir copié ce que dit M. Magendie à ce sujet dans son Formulaire.

« M. le docteur Niel , dit M. Magendie, page 235 (6®édi- T tion, page 204)» qui a écrit sur l’emploi des préparations pd’or, a conseillé une méthode particulière pour leur «emploi, lorsque l’état de la langue ou de l’intérieur de

ï Ce que je dis au sujet du platine se trouve consigne' dans le mémoire que j’ai envoyé à l’Institut il y a quatorze ans, et qui est maintenant entre les mains du docteur Legrand.

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))la bouche ne permet pas de faire des frictions sur ces » parties ; voici en quoi consiste cette méthode

» On met le derme à nu sur Tun des côtés du cou , en » y établissant une languette épispastique , et on panse » matin et soir ce vésicatoire avec le mélange suivant :

'2f Axonge . demi-gros.

Or divise' par le mercure . i grain.

))On augmente graduellement la dose de l’or divisé jus- »qu’à deux grains, et on remplace la première pommade » par celle-ci :

^ Axonge . demi-gros.

Muriate d’or et de soude . i dixiéme de grain.

Un extrait des observations de M. Niel suffirait sans doute pour démontrer ce que j’avance ; mais comme elles offrent le plus grand intérêt , je les transcrirai en entier. Le lecteur qui connaît l’ouvrage de ce médecin aura du plaisir à les lire de nouveau , et l’homme de l’art qui ne le connaît pas me saura gré de lui présenter des faits qui lui fourniront un nouveau moyen d’être utile. ^

« Un homme âgé de quarante-sept ans avait contracté «plusieurs blennorrhagies qui toutes avaient été traitées «assez légèrement; la dernière, déclarée depuis dix ans, «avait duré un peu plus de six mois : pour en arrêter le «cours , on fut obligé d’user d’injections astringentes, à ce «qui me fut rapporté. Vers la mi-août i8i5 , cet individu » commença à éprouver un sentiment de gêne dans la gorge.

» Ce sentiment incommode prit avec rapidité un caractère » très alarmant , et à l’époque où je fus consulté (8 dé- «cembre i8i3) son état offrait les symptômes suivants: «ulcères aux pilieis et sur la luette détruite en grande >) partie ; voile du palais et face interne des joues phlogosés »et ulcérés; langue et gencives couvertes d’ulcères et de

«petites pustules dures /blanchâtres et de la grosseur d’un «grain de millet; ulcères nombreux, fongueux et plus ou «moins larges sur le front et le cuir chevelu; douleurs «dans les membres inférieurs, peau aride, paume des «mains brûlante; fièvre le soir ^ impossibilité d’avaler «autre chose que des soupes liquides; maigreur extraordi- » naire , insomnie. Cet homme avait subi, un an aupara- « vaut , un traitement mercuriel bien dirigé , et venait de «terminer le traitement arabique ' auquel j’ai vu opérer «plusieurs fois des effets miraculeux dans des cas de «cette nature. Quelque peu d’espérance qu’offrît une «pareille situation , elle ne me rebuta cependant pas; le «mercure avait été employé sous diverses fermes; les «sudorifiques avaient été épuisés; d’autres moyens moins 0 énergiques ne promettaient que de trop ibîbles res- » sources : les préparations d’or présentaient des diffi- «cultés et des obstacles dans leur administralion , i’inté- « rieur de la bouche étant inaccessible au frottement ; mais «ces difficultés pouvaient être levées ; il fallait suivre une «route nouvelle : voici comment je m’y pris.

«Bien convaincu, d’après l’expérience, que l’oxide d’or, «par ingestion, agit trop lentement pour produire tout seul «un changement que la nature des symptômes rendait «urgent , je me déterminai, en administrant celte prépa- » ration , à faire absorber l’or par une voie artificielle; je « plaçai donc une languette épispaslique sur l’une des parois «latérales du cou , et après avoir mis le derme à nu , je «le fis panser malin et soir avec un peu de saindoux uni »â un grain d’or divisé par le mercure. L’oxide d’or était «en même temps donné par forme piiulaire à la dose d’un

' C’est un traitement mercuriel.

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» grain par jour. Au bout de huit jours j’augmentai la dose »de l’or divisé et de l’oxide d’un demi-grain chacun. Au ))qui nzième jour l’excoriation artificielle se guérissant, je » la rafraîchis avec un peu de pommade épispastlque, et je » remplaçai ensuite l’or divisé par un dixième de grain de «murîale d’or et de soude, en l’unissant toujours avec le » saindoux; je m’étais attendu à l’inflammation de la petite «plaie, et je fus très heureusement trompé dans mes «craintes, ce qui me détermina h porter la dose du triple »sel è un huitième de grain, et successivement à un «sixième, administrant toujours l’oxide intérieurement à » un grain et demi. Remarquons en passant, et prions le «lecteur de noter qu’il s’établissait sur la petite plaie ar- » tificîelle , au moment qu’on y appliquait le mélange de «murlate et de saindoux, une démangeaison assez vive qui «durait près d’une demi-heure, et que celte plaie n’eut «plus besoin d’être rafraîchie comme auparavant.

«Au trentième jour de l’emploi de ces moyens, la fièvre » du soir diminua notablement , les pustules de la langue et » des gencives disparurent; les ulcères de l’intérieur de la » bouche , surtout ceux des gencives, se détergèrent ; la «peau s’assouplit alors un peu, et les urines coulèrent avec «plus d’abondance. Au quarantième jour , les urines, très «copieuses et nébuleuses , déposaient avec des mucosités «un sédiment d’un gris bleuâtre qui , séparé des urines et « successivement de la mucosité dont il était enveloppé, «présentait sous la loupe des tétraèdres groupés ensemble, «insolubles dans l’eau distillée, se dissolvant en partie par «l’acide nitrique, et déposant, dans ce réactif, un sédi* «ment d’un blanc jaunâtre extrêmement ténu. A l’époque «précitée, la plupart des ulcères de la langue, des gen- » cives et de la face interne des joues étaient cicatrisés;

«ceux du voisinage du larynx el celui de la luette s’étaient » rétrécis ; les douleurs des membres inférieurs avaient no- >) lablemenl diminué, et la fièvre avait disparu entièrement. «Au quarante-huitième jour il n’y avait plus d’ulcères dans «la ^bouche ni dans la gorge; la luette était entièrement cicatrisée, le sommeil était bon et paisible , l’appélit vif. «Au soixante-trois ou soixante-quatrième jour, les ulcères «du front et du cuir chevelu, pansés jusqu’alors avec de «la charpie sèche , étaient entièrement cicatrisés; il est à «remarquer que les remèdes avaient été totalement aban- » donnés après le cinquante-deuxième jour; que la plaie « arlificielle ne se cicatrisa qu’un mois après la cessation «du traitement, quoique, depuis lors, elle ne fût plus '' pansée qu’avec le cérat; que neuf à dix jours après la «cessation dudit traitement , les urines diminuant ne pré- «sentèrent plus le dépôt dont il a été fait mention, et que, «malgré la rigueur de la saison, le corps resta, pendant «près de deux mois, dans un étal presque continuel de » moiteur. »

Je transcris maintenant la seconde observation de M. Niel.

« Un individu , âgé de cinquante-neuf ans , avait eu , dès «sa jeunesse , des chancres qu’on avait guéris par de sim- » pies topiques. Ceux-là reparurent il y a environ vingt et « un ans en Italie , où , combattus par les mêmes moyens , «ils disparurent de la même manière. Peu de temps après «son retour en France, il y a à peu près dix-neuf ans , «cette personne fut atteinte d’une ophthalmie qui se pro- « longea pendant près de deux ans , et se dissipa par suite «d’un coup^ à la partie moyenne latérale externe de la « jambe , lequel donna lieu à la formation d’un large ulcère «et à une abondante suppuration. L’ulcère dura trois ans.

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