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qui l'avait consulté pour savoir s’il avait bien fait d'adopter les vues de Mgr. Gaume et de les favoriser de tout sor pouvoir : « La «parfaite connaissance, dit le Cardinal Antonelli, que l'on a de la «sagesse et du profond discernement qui distingue votre Eminence, «était déjà une raison plus que suffisante de compter sur la justesse «et l'étendue de vos vues dans l'appréciation de la: susdite contro- « verse. Cette assurance, conçue d'avance, et que le Saint Père, à « bon droit, partageait avec moi, a été pleinement confirmée... « En applaudissant hautement à l'intérêt que votre Eminence a « attaché à cette affaire, et qu'elle a fait servir avec un zèle et une « sagesse admirables à atteindre un but pleinement conforme aux vues «du St-Siègr, je suis heureux de vous offrir en même temps l’assu- «rance du profond respect avec léquel je vous ‘aré humblement « les mains.»
Pourrait-il n'être pas permis, en Canada, de st un enseignement plus chrétien, et en même temps de combattre le système
-paien, quand on a la permission de le faire à Rome, et même avec
l'autorisation du Souverain Pontife. On se rappelle le fameux discours que prononça Mgr. d'Aquila, en Septembre 1864, à l'Acadcmie de la Religion Catholique, en présence d’un très-grand nombre d'évèques et de cardinaux, discours tel que nous n'avons jamais pu dire rien de plus fort, soit contre le système païen, soit en faveur du système chrétien. On sait quel effet il a produit en Europe et à Rome, bien que quelques uns aient prétendu qu’il avait été sifflé. Or, voici un détail qu'il est bon de faire connaître à ce propos. Aù moment de prononcer ce discours, Mgr. d'Aquila ayant appris que les Jésuites surtout faisaient des efforts inouïis pour empècher l'effet qu’il devait produire, pria le Cardinal Altieri de consulter Pie IX, et de lui demander s’il était opportun qu'il le fit. Pie IX a répondu : QU'Ir. FASSE, QU'IL FASSE CE Discours ! Comment après une parole aussi significative et sortie de la bouche de celui qui fait autorité, pourrait-on, en Canada, accuser les partisans de la méthode chrétienne d'être sur la pente qui conduit aa schisme ou à l’hérésie ?
El me semble, Monseigneur, qu'il n’est pas nécessaire que j'en dise davantage pour corroborer ma manière de voir. Ces faits parlent plus haut que tous les raisonnements ; ils prouvent que les partisans de la méthode chrétienne ont toute liberté de faire valoir leurs opinions, et que leurs adversaires seuls sont en contradiction avec lencyclique Pnter multiplices et la lettre du Cardinal Patrizi, qui, en définitive, n'a blâmé que des choses dont votre circuläire seul 'a revélé l'existence.
Je vous demande maintenant la permission de vous exprimer quelques regrets. N'est-il pas bien regrettable, Monseigneur, que votre clergé qui a parfaitement compris la question des classiques, qui a parfaitement compris ce en quoi doit consister la réforme de l’enseignement, soit cependant regardé à Rome comme s’échauftant outre mesure à propos d'auteurs expurgés, par conséquent comme étant fort arriéré en fait de connaissances ? N’est-il pas regrettable encore que ce clergé, qui n'a eu que le tort, si c'en est un, de différer d'opinion avec, certains Messieurs de votre séminaire, soit regardé à Rome comme en proie à de graves dissensions, d’où naissent des discussions oiseuses qui l'empêchent de vaquer, comme il le devrait, aux devoirs de son ministère ? N’est-il pas déplorable enfin que tout cela ait été livré à la publicité, et que chacun ait pu le lire sur le premier journal qui lui est tombé sous la mainet faire sur ce sujet n'importe quel commentaire ?
Assurément, Monsrigne ‘ce clergé canadien, si bon, si pieux, si instruit, si vénérable, au inoins autant que j'ai pu le connaitre, doit être profondément humilié et affligé en se voyant ainsi livré à la vindicte publique. Sans ‘aute, :i ne saurait vous blâmer, ni formuler la moindre plainte contre vous, car il vous estime, il vous aime, il vous vénère. Je n’ignore pas que vous avez pu ètre mal informé par des hommes qui, oubliant un moment ce que veulent la vérité.et la justice, semblent n'avoir eu qu'une seule chose en vue : faire censurer des gens paisibles qui n’ont pas voulu marcher à leur remorque, extorquer une espèce d'approbation sous de faux allégués, afin de légitimer aux yeux du public tout ce qu'il y a eu d’odieux dans leurs procédés et leurs injustes persécutions. Maissi lon peut tromper les hommes, il en est un à qui on ne saurait en imposer, et celui là nous avertit qu’on recueille ce qu'on aura semé : Quæ seminaverit homo, hæc metet.