VIRGILE
Entre tous les auteurs païens, Monseigneur, il en est un qu’on affectionne pardessus tous les autres, qui fait, on peut dire, le fond des études littéraires et qu’on laisse entre les mains des élèves pendant trois longues années et généralement pendant quatre. Cet auteur qu'on ne nomme jamais qu'avec des larmes dans la voix, c'est le chaste Virgile, qu'Ovide, qui s’y connaissait en lubricité, regardait comme l’auteur le plus propre à corrompre les bonnes mœurs. |
Or, ce Virgile, Monseigneur, dans votre Séminaire diocésain, est mis entre les mains des élèves dans toute sa crudité primitive, sans expurgation aucune, même sans suppression d’une seule lettre. Les élèves peuvent lire et relire, tant qu’il leur plaira les dix églogues, les Géorgiques et les douze chants de l’Enéide. Signaler toutes les infamies et toutes les choses honteuses, qui sont racontées, enseignées, préconisées dans ce livre, n’est: pas possible. L’abondance de la matière, si je voulais l’épuiser, me ferait écrire un volume assez considérable. D'ailleurs, je craindrais encore de soulever votre cœur de dégoût.