SALLUSTE, PHÈDRE, CORNÉLIUS-NÉPOS, ETC
Avant de clore lechapitre des auteurs expurgés de votre séminaire, . permettez-moi, Monseigneur, de vous en signaler encore quelques uns, tels que Salluste, Phèdre, Cornélius-Népos.
Salluste renferme des passages d’une crudité remarquable. Entre plusieurs, en voici un qu'on peut citer comme échantillon dans le genre. Il s’agit de prostituées. dont Catilina renforce son parti, et de l’une d'elles en particulier, nommée Sympronia. «Elle chantait « et dansait mieux qu'il ne sied à une honnête femme, dit Salluste, « possédait beaucoup d’autres talents, instruments de débauche, qui «lui furent toujours plus chers que la pudeur et la vertu... « Ardente, lascive, elle provoquait les hommes avant d’en être « provoquée.»
Phèdre, le fabuliste, professe une morale un peu relâchée, pour ne rien dire de plus. Ainsi, par exemple, la morale d’une de ses fables est celle-ci: « Ne nuisez à personne, mais si quelqu'un vous « offense rendez-lui La parcille» La morale chrétienne dit: Faîtes dy bien méme à vos ennemis. Une autre de ses fables a pour morale :
‘ranns, soyons aimés, les femmes exploitent toujours les hommes
ur profit» Et une troisième : « Contre les puissants on ne
:: :#it assez se mettre en défense» On pourrait encore citer les
re #Xeet XIIIe du troisième livre, qui racontent des choses que la
pudeur ne saurait approuver. Je me borne à celà, je pourrais citer bien davantage.
Cornélius-Népos est rempli de choses très-dangereuses. La vie
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de Cimon, par exemple, s'ouvre par un récit de choses obscènes, Les mauvais principes et les maximes les plus funestes pullulent dans cet auteur. Il justifie toutes les révoltes et les injustices, de même que ies actions les plus criminelles. Pour lui, la morale n’a pas plus d'autorité que les usages et les coutumes ; il a mème lesoin d'en avertir ses lecteurs. On peut soupçonner tout ce qu'il peut dire en portant de pareilles idées. Ainsi prétendil, pour ne citer qu'un de ses jugements entre mille, qu'Annibal a fait un grand acte de vertu en se suicidant.
Parlerai-je maintenant des auteurs grecs? Inutile, ce sont les modèles, les auteurs latins ne sont que leur fidèles copies. Je ne dirai qu'un mot d'Homère qui n'est pas du tout expurgé, êt qui raconte des choses fort dégoûtantes. Quelles pensées peuventavoir de jeunes élèves, lorsque, traduisant par exemple le premier livre de l’'Iliade, il voient Agamemnon et Achille se disputer longtemps et avec acharnement la jeune Briseïs, aux belles joues, que chacun d'eux veut avoir auprès de lui dans sa tente! Assurément, ce ne sont pas de pareils tableaux qui pourront faire naître chez eux la vocation à l’état ecclésiastique ou la favoriser.