‹ Lettre à un étudiant en Écriture-Sainte [microforme]Chapitre 3 sur 4 · LU SU UN · texte numérisé non relu

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48 Paragraphe troisième

parce qu'on les décerne, par disposition des saints Canons, à ceux qui n'ont cessé et ne cessent encore de consacrer leurs sueurs et leurs pieuses études à défendre et à amplifier la Foi catholique, par leur application à l'intelligence des divines Ecritures et aux disciplines Théologiques. » Sacrorum providentia Canonum, eos qui pro Fide Catholica tuenda, et amplificanda circa Divinarum Scripturarum intelligentiam et Sacræ Theologiæ disciplinam, piis studiis et religiosis laboribus insudaruni atque insudare non desinunt, Doctoratus, ac Magisterii insigniis et privilegiis decorare consuevit.

Volontiers ce vrai disciple de l’Angélique Docteur, à limitation du Maître, acceptan:

comme guides les hommes compétents er diverses branches de la science, se fera explo:rateur, sous la réserve de contrôler ensuite les résultats de son enquête à la lumière de I:

tradition et surtout par le recours au magistère de l'Église. La synthèse des dogmes, loin de disparaître ou. de perdre en cohésion au milieu de tant d’affluents, pour faire plact à un luxe d'érudition confuse et dissolvante y trouvera des points fixes et rayonnants pour rendre sa base plus ferme, plus précise:

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ses définitions, plus harmonieuse la variété de ses éléments. Ses grandes lignes régulières et fermes, sont un cadre hospitalier pour tout ce qui est vrai et bon. Le trésor de la doctrine sacrée en devient J'autant plus riche, plus complet, plus rationel. Ceux qui le dispenseront auront d'autant moins à censurer les déviations de leurs cuntemporains qu'ils possèderont mieux l'art de les prévenir. A leur autorité doctrinale comme hommes de principes, vivant constamment dans l’intime commerce des Écritures, et officiellement chargés par l'Église d'enseigner les mystères de la Religion, s'ajoutera une autorité morale précieuse, comme puissance de persuasion.

Ainsi seront-ils les sages imitateurs de leur maître Thomas, dont un de ses contemporains écrivait : « N'importe qui, selon sa manière de penser et la mesure de sa capacité, peut facilement tirer profit de ses écrits: c’est pour cela que les laïques eux-mêmes et les personnes peu intelligentes les désirent et les recherchent !. »

1 Quilibet secundum modulum suæ cogitationis seu qporinii potest facile capere fructum ex scriptis ejus-

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50 Paragraphe troisième

Ce n'est pas que cette largeur d'esprit qui profite de tout pour servir à tous, justifie ceux qui prendraient plaisir à citer à chaque pas, avec une sorte de prédilection, les écrivains hétérodoxes, laissant dans l'oubli les vrais représentants de la doctrine sacrée. Mais les premiers, dans une place subordonnée, peuvent toutefois prêter leurs services aux autres.

Le grand Bossuet, esprit si large, clairvoyant, si circonspect, si nourri des saints Docteurs, comprenait ainsi la direction des études sacrées, théologiques et scripturaires, lorsque, vengeant la sainte Église des attaques dirigées contre ses plus vénérables traditions par les Protestants et autres hérétiques ou incroyants, il disait: «On apprendra par ce discours à mépriser le jugement prononcé contre les saints Pères, ce que j'ai principalement entrepris, comme un vieux docteur et un vieil évêque, quoique indigne de ce nom, en faveur des jeunes théologiens, de peur que,

dem : et propterea etiam laici et parum intelligentes quærunt et appetunt ipsa scripta habere. (Testimonium Logothetæ ex Pronotarii Regni Siciliæ —in process. canonizat. S. Thomæ.)

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séduits par une critique médisante, ils ne mettent leur espérance, pour l'intelligence des saints Livres, dans les écrits des ennemis de l'Église. Quiconque veut devenir un habile théologien et un solide interprète, qu'il lise et relise les Pères. S'il trouve dans les modernes quelquefois plus de minuties, il trouvera souvent, dans un seul livre des Pères, plus de principes, plus de cette première sève du Christianisme que dans beaucoup d'interprètes nouveaux ; et la substance qu'il y sucera des anciennes traditions le récompensera très abondamment de tout le temps qu'il aura donné à cette lecture.» (M. Simon et les enne-

mis de la grâce. L. I., xvin.)

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et providentiellement, comme science

des Saints, l'Écriture offre incontestablement aux savants de cette terre un champ plus vaste qu'aucun livre sorti de main d'homme. Au simple point de vue humain, elle enrichit la littérature du plus varié, du plus sublime, du plus étendu des recueils puisqu'il embrasse près de quinze siècles. La diversité de ses versions exerce, sous un autre rapport, la linguistique; la concordance des dates occupe et préoccupe, à son tour, les habiles en chronologie; la fixation des lieux et la racine même des noms se rattachent à leur tour au fond même des choses, et méritent par là toute attention. A un point de vue plus élevé, les documents que nous possédons maintenant sur l’histoire et la religion des

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nations avec lesquelles fut en rapport le peuple d'Israël, nous aident à mieux déterminer l'action de la Providence sur ce dernier, tantôt par des voies ordinaires et imperceptibles, tantôt par une intervention totalement surhumaine. D'autre part, la découverte d'anciens manuscrits permet de mieux supputer quel texte les Pères de l'Église avaient sous les yeux pour étudier l'Écriture et l'exposer au peuple chrétien.

Plus loin, quel objet d'étude n'offre pas, surtout dans le Nouveau Testament, la considération du caractère personnel des auteurs sacrés, du milieu dans lequel ils écrivirent, du but spécial qu'ils se proposaient, de l’ordre matériel ou moral adopté +. conséquence par eux, pour établir plus aisément l'accord des récits parallèles quant aux faits, la raison des groupements divers quant aux sentences du divin Maître, et l'identité de ses paraboles malgré les traits distinctifs qui s’y accentuent ici où là: sorte de diagnostic précieux, s’il a pour guide, non le parti-pris, mais l'amour sincère de la vérité! Il y aurait même, au delà, des questions plus profondes sur le concert qui règne entre l'action de Dieu, sorte de

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