‹ Lettre d'un citoyenChapitre 2 sur 6 · VJ · texte numérisé non relu

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( 9 > encore se donner comme les patriores les plus purs , comme* les amis les plus sincères de la France et de la révolution-, comme les hommes enfin les plus humains , les plus probes et les plus moraux.

Ces mêmes meneurs'ont une tactique qui n'appartient -qu à eux seuls; c'est d'accuser et de calomnier les hommes probes qui dévoilent les projets perfides qu'ils ont conçus et exécutent eux-mêmes

Par exemple , lorsqu'ils entreprenoient ouvertement de rendre les Colonies indépendantes, comme vous î'avi z vu dans mes preuves complettes, ils en accusaient vos collègues, qu'ils appeloient girondins el fédéralistes. Et lorsque ne pouvant réussir à ce projet, ils b'vroient aux Anglais des parties duterntoire des Colonies, ils en accusaient ceux qui exposoient journellement leur vie pour en repousser les ennemis qu'ils y avoient eux-mêmes appelés. Au même instant qu ils remettoient ici à l'ancien comité de gouvernement des notes secrettes , dans lesquelles ils conseilloieut la corruption^ l assassinat et l 'empoisonnement , ils aecusoient les délégués de la république et le peuple de Saint-Domingue qui défeudoit ses droits et ceux de la république, de «e laisser corrompre par les ennemis de l'état, d'être des assassins et d empoisonner les troupes françaises qui avoient été prêter mam-forte à l'exécution des décrets, (i)

Vers le mois d'août i793 , Page et Brulley avoient forme le projet cle se faire payer par la nation de je ne sais combien de millions , pour les fournitures , honoraires et Repenses de leurs assemblées coloniales ; ils apissoient beaucoup pour cela auprès des comités de Marine et des Colonies. Votre collègue Dornier , membre alors du comité des finances , se rendit à ces comités pour discuter cette demande , et Page et Brulley en. fureut débontés. Eli bien ! quinze jours avant ils avoient fabriqué un libelle diffamatoire contre moi, en falsifiant une de mes lettres , et dans lequel libelle ils disaient que j'avois tiré des millions de mes frères de couleur^ pour les partager avec Pétion , Grégoire, Brissot, Clavière et la Gironde. Il n'est pas inutile d'observer ici que je ne me trouvai au comité de Marine et des Colonies , à cette* époque, que parce que j'avois (par une pétition ) demandé a ces comités d'être entendu contradictoirernent avec Page et Brulley, pour les convaincre de calomnie sur le fait des millions prétendus donnés à la Gironde.

(0 Voyez tes débats devant la commission des Colonies et les diff e% pentes diairmesde Page , Brulley et consorts.

Eh effet, deux axr^tés de ces comités, en date des ît et ^5 septembre 1793, prouvent sur ce point comme bien d'autres ,. que Page etBruliey sont des faussaires et des calomnia te urs. ( 1 )

Il n'est pas inutile t pour faire connoître îa part que Page etBruliey ont eu à la mort de vos collègues , de faire observer ïe rapprochement de la date de la discussion que j'ai eu avec eux sur l'accusation des millions par moi donnés à la Gironde, et de celle de leur acte d'accusation. Cette discussion se termine .xomme vous venez de le voir, le 2S septembre 1790. Page et Brulley y sont convaincus d'être des faussaires. Eh bien île 2.7 cm. même mois je fus incarcéré à l'Abbaye , et le 5 octobre suivant , l'acte d'accusation de vos vingt-deux collègues est lu à la tribune de la convention ; l'on y entend de la bouche du rapporteur Amar. ces paroles : On trouvera dans la correspondance de Hayjnond, les preuves de la corruption de Bnssot ; Majmond pressuroit les hommes de couleur pour partager leur substance avec Br\ssott Pétion, Quadet , Gensomiè, Vergnzaux. Ils ètoient législateurs .. et leurs opinions sur les Colonies ètoient un objet de trafic. (2)

( 1 } Voici le dernier arrête' des comite's à ce sujet : r « Lecture faite , tant de cette lettre { i)que de diverses antres pièces relatives aux réclamations et à la de'lense des hommes de couleur , le camîle a e'te unanimement et de plus en plus convaincu s que les com" émissaires de Saint-Domingue ont présenté dans V écrit dont il est ques-

■tamr £ 2 ), DTS TASSAGES TR3NQUES DE CETTE LETTRE , DES Rl?PBOCHB- MSKTS DE "PHRASES ISOLEES DE CELLES QUï S'OIENT LE TESITABIE SENS , 2EP MÊME DES OMMISSIONS OS DES CHANGEMENT DE STOPS , QUI CARAC- SÉRïSSNT D'UNE MANIÈRE TUÈs-DIFEERENTE DE LA VERITABLE , LSi SESTRIEKS j LES AVIS OU LES EXOBTATÏONS QUE LE C1TOTEN RATMOND

communique ou donne A ses concitoyens. Au surplus, îesçomite's considérant que l'exposition de son opinion sur îa conduite et 1er écrits du citoyen Baymond , est le seul moyen .de justification qu'il puisse lui accorder , a arrête' de l'autoriser à retirer copie colationne'e des divers procès-verbaux relatifs à la présente discussion».. ( 3 1 Le zj, Septembre l'an t. Signe Mibec , V. P. Boissirr , seerétaire.

C^> Lorsque de ma prison, à l'Abbaye , j'eus connoissanee de ce Support, je m'empressai de faire imprimer et distribuer à la convention toute ma correspondance, afin de l'éclairer et de de'mentir les calomnies avancées dnns le rspport d'Âmar. Eh bien ! le lendemain delà distribution , je fus conduit à la Conciergerie et traduit au tribunal sevorutionnaïre pour y être juge'. Qui ne voit dans cette mesure la main des colons , sur-tout quand on saura que l'un d'eux , l'archevêque .Thibault, devenant le commissionnaire de Page et Brulley , alloit tousles jours à la Conciergerie voir le sanguinaire Fouquier-Tainvillepou»-

( i ) Cette lettre étoit celle que Page et Brulley avoient altérée. (i) libelle de Page çr Brulley , dans lequel ils faisoient entendre que j'atois jj>aj» <agé des milions avec la Giroiuie.

£3) Ceci prouve qu'il y a eu plusieurs discussions sur cet objet*

Qui ne voit, par le rapprochement des dates et des Mm que je v.ens de cter . que c'est Page et Bruiley 2 ™ fourni au rapporteur Amar les mêmes calomnies âu^U avo.eut consignées dans le libelle sur lequel Ta oleâ é5 reconnus faussaires et calomniateurs , par l'arrêté des cornî*

^ouvoi, !" Ct f6 S L,0i0nieS ^ V°"s venez d« Hre^™3 pouvou rester quelque doute sur cette assertion, j'aiouteroi. que la pièce sur laquelle Page et Bruiley ont fabr Lue S leurs ca onm.es, aétéimprimée etapportée deSt.JknnZ«

par ce, deuxhommes.Cette pièce existe encore a la commiJoa des Colonies , et vous pouvez vérifier le fait que favar.ce Page et Bruiley ont osé nier , dans plusieurs de W

sur'rolnVt HS/lV0'enf-RdiSCUté r""^1 CtCiremeut avec ■»* sur 1 objet de la justificat.on de ma lettre, et que l'arrêié

que ,e viens de citer étoit illusoire. Eh bien ! citoyen re.,ré

sentant, voyez sur ce fait vos collègues !(»,»/»„,•„' Ù9p.jv jvr • . ^uuc ues jviarec , ooissier^i

JUaiade , Donner, et tous les autres membres des comité» qui OM pris l'arrêté ; ils vous diront si j'ai altéré la vérfil dans ce que vous venez de lire. w venta

il est si familier à Page et Bruiley de falsifier les écria des autres , pour s'en faire ce qu'il/appellent ensuite C preuves matérielles qu'ils viennent tout récemment d'êtr« encore pm sur e fait , en essayant une de ces espiègleries, celle d avoir falsifié une proclamation de Polverel^et Sontiionax. G est ce que ce dernier leur a prouvé pièce en main ', en présence de a commission des Colonies ( ï ). Mais vo"ï le comble de 1 audace de ces coloris ; c'est que iusWa' moment ou le secrétaire de la commission des Colonisait eu confronté la proclamation falsifiée que présentaient W colons, ayeclorigmal écrit sur des registres des ci-devanÉ commissaires civils , Bruiley et consorts soutenoient avec ua front étonnant que c'étoit Sonthonax lui-même quiavoS falsifié celle qu il avou fait imprimer à Saint-Domineue pour pouvoir se disculper. "<gue ,j

Voilà, citoyen représentant, les colons coupables aua ) avois a vous faire connoitre. Ce sont eux qui , Lrès s'étta abreuvé du sang de vos collègues, n'en sont pa^rassasié^

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presser mon jugement , et qui lui fournissoit en même temps de vola mineuses calomnies contre moi ? Ces mémoires de cïoZLsâohenl

^rCcaiasC°mmlSS3ÛndeS C°l0nleS 5 elîCS °nt dù.ûrcmenTét,eremS« ïïuJiïc.**™' *" COncer"oient ™» tf** au tribunal révolu*

(i)Vo7ez la séance des débats devant la commission de« Colonie, d k4anS les premiers jours de X^naidor, ' *^*«WJ«§4

( iâ ) Puisqu'on les voit encore, comi.^ des furies , agiter leur hache sanglante sur la tête de ceux qui ont pu échapper à leur rage sanguinaire.

Dans les dernières .production* êm colons que je viens d& vous désigner , l'É reproduisent encore leurs anciennes calomnies sur les prétendus millions donnés par moi à la Gironde. Je n'opposerai à ces calomnies que les arrêtés des comices de Marine et à< s CJplonies , cités page 10 de la présente ; ma lettre originale qu'ils ont troncjiiért, altérée ^etcv déposée à la commission des Colonies ; enfin le décret de la convention nationale , précédé du rapport de la commission des Colonies , au nom de ladite commission , des comités de salut public, de législation et de la marine

réunis. ( i ) ' , . ,

Voilà ce que f appelle des preuves matérielles, que je déhe mes ennemis d'atténuer. Je sais bien que ces mêmes colons , pour y parvenir , en sont réduits à calomnier tout à la fois le rapporteur G ar an- Cou Ion , toute la commission des Colonies, les trois comités de salut public, de législation et de marine, même la convention nationale ; mais à tout cela il n'y a aucune réflexion à faire , sinon celle-ci , qu'un animai attaqué de la rage mord par-tout.

Salut et fraternité. i

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