I. Deuxième tériey t. XI, année i6ç2, PariSy 1840, in
INTRODUCTION. t
ducrion ; cependant l'esprit et la manière de Saint- Evremond s'y retrouvent tellement, qu'on serait tenté de croire qu'elle esc échappée à la plume de cet auteur lui-même, et que la supposition d'un original italien n'était qu'une fiction à l'abri de laquelle il a cru pouvoir plus librement émettre et développer sa pensée sur maints sujets assez délicats. Mais si ce n'est là du Saint-Evremond comme l'entend la critique, c'en est au moins et du meilleur, comme l'entendaient les éditeurs il y a cent cinquante ans, quand ils disaient à un pauvre auteur : • Faites-nous du Saint-Evremond, si vous tenez à être vendu et à être lu. i Cette Lettre, quel que soit son véritable auteur, méritait donc d'être exhumée du recueil dont nous avons parlé, et qui, de jour en jour, devient plus rare. Par exemple, pour ce qui concerne les embarras de Paris, sous le rapport du naturel, de la vérité, les renseignements que l'on peut recueillir ne seraient pas indignes certainement de figurer en note au bas de la sixième satire de Boileau. Ce dernier ne nous a donné qu'un trait de la physionomie de la population parisienne ; ici, cette grande figure est esquissée toute entière. Ce peuple actif et remuant, auquel la présence de Louis XIV et de la cour communiquait incessamment une sorte d'activité fébrile, d'agitation surnaturelle, nous apparaît avec toutes ses grandeurs et toutes ses misères d'alors, qui ne sont ni les gran-