‹ Lettre [de De Sellon, Charles Lucas, Alexandre Vinet] et un extrait d'un discours [de De SellonChapitre 17 sur 45 · POINT DU PROGRAMME · texte numérisé non relu

POINT DU PROGRAMME

Les concurrens ont fait valoir , en faveur de l'abolition de la peine de

(0 M. Villemain, dans un de ses fragmeos historiques, a cité cette lettre, de Saiat- Augustio , qui se trouve dans le recueil qu'on eu a fait.

(2) J'ai vu un grand nombre de Laïques et de respectables Ecclésiastiques frappés de ce fait et le considérant comme très-favorable à l'abolition de la peine de mort.

(5) Il y a long-temps qu'on emploie cet aiiome , que l'oisiveté est la mère de tous les Picesm

mort, la tranquillité actuelle de l'Europe» qui n'est troublée que dans des contrées qui sont trop éloignées du centre » pour qu'elles doivent influer sur sa législation;dans des contrées qui sont encore plus éloignées de nous, par les mœurs de leurs habitans^ que par leur position géographique, et qui sont plutôt faites pour recevoir Tinfluence (i) , que pour l'exercer. Tous les Etats qui jouissent des bienfaits de la civilisation, et qui sont en même temps éclairés par le flambeau du Christianisme , sont prêts à recevoir le Code Pénal , qui sera ie mieux en harmonie avec l'état de leurs mœurs. L'ordonnance de l'Ëm* pereur Nicolas , par laquelle il abolit le peine de mort en Finlande, se ressentant de Tesprit qui dirigea l'Impératrice Elisabeth et l'Impératrice Catherine , les concurrens ont manifesté l'espoir que ces généreuses résolutions s'étendraient à tous ces vastes Etats , et même exerceraient une bienfaisante influence sur ses voisins. Le besoin d'une nouvelle législation criminelle est généralement senti par tous les hommes qui s'élèvent à la hauteur du 19.® siècle , destiné à recueillir tout le fruit des lumières de son prédécesseur, sans soufirir de ses égaremens et de ses travers; par les hommes qui ont assez d^élévalion dans l'âme, et assez de justesse dans l'esprit , pour déplorer les excès des révolutions , et pour profiter de ce qu'elles ont produit de favorable à l'ordre social ; tel est aussi l'esprit répandu dans les trente Mémoires qui ont été soumis à l'examen du Jury; c'est* lui, dis-je, qui a engagé leurs auteurs à répondre à mon appel , genre d'esprit qui a été si bien défini par M. de Châteauvieux dans son rapport. Le concurrent a été stimulé dans son travail par ridée qu'il ne poursuivait pas seulement une généreuse utopie , qu'il ne venait pas seulement raconter^ à des académiciens (is), les reines d^un homme de bien. Il s'est dit : Je soumets mon Mémoire à une république célèbre par ses lumières, par les grands hommes qu'elle a produits, qui , lasse d'être régie par un Code étranger, veut se donner des lois qui soient en harmonie avec ses souvenirs , ses mœurs actuelles , ses institutions religieuses et politiques,

(1) L'influence de l'exemple si puissant, si irrésistible, et qui eutraloe vers le bien ^ heureusement aussi souvent que vers le mal.

(2) Ks savaient que le Jury, appeU à les juger, se composait de législateurs qui devaient un jour exercer une juste influence sur la confection du Code Pénal. ^

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el qaiy daos ce travail, veut s'entourer de toutes les lumières du 19/ siècle ^ afin d'être toujours à Ju tête et non à la suite de la civilisation (1). Tels ont éié les seutimens des concurrens en envoyant leurs mémoires ; tel est Tabrégi^ de leur réponse au sixième point du programme ; ils ont tous pensé que la construction de la maison pénitentiaire , n'était qu'un premier pas vers Taboliiioa de la peine de mort ; ils ont tous déclaré que F ancienne république^ et le nouveau canton suisse , honorerait également le passé et le présent par cette généreuse résolution ; ils ont salué notre avenir et ont prédit qu'une belle page dans l'histoire nous serait assurée , pour avoir osé proclamer que nous ne désespérions pas de régénérer nos semblables ; ils ont pensé comme un homme de beaucoup d'esprit , que Fabolition de la peine de mort serait la mesure qui couronnerait Tœuvre législative de notre pays. La position du monde civilisé , ses besoins, ses mœurs, vous sont trop connus, pour insister sur le parti que les concurrens ont tiré de ces élémens ; pour prower qu'aucune époque n'a jamais présenté plus d'avantages pour proscrire la peine de mort en général. Une nouvelle école se forme en Europe, et c'est peut-être le doyen Chalmers qui en est le chef. Cette école parait vouloir soutenir les principes de l'économie politique par toutes les puissances d'un Christianisme éclairé ; le Globe a rendu compte des (^fforts tentés avec succès par le doyen de Glascow, et a donné une idée du livre où cet homme vénérable expose sa doctrine et les moyens qu'il emploie pour arriver au bien. Il paraît qu'il a réussi à préserver Glascow des incouvéniens attachés à cette fatale taxe des pauvres^ qui est l'une des plaies de l'Empire Britannique , qui menace chuque jour de s'étendre et de s'approfondir. L'alliance de la charité chrétienne avec

(i) Le S^nat acade'mique a prouve qu'il dcfsîrait mettre l'instruction publique au niveau de celle des p/ijs les plus éclaires , et promet encore de nouvelles améliorations dans cette partie si essentielle â la gloire de Genève. La Société des Arti», secondée par la généreuse et magnifique fondation du Musée I\ath , cherche à encourager le goût des Beaux-Arts par Texposition annuelle des ouvrages des artistes genevois et suisses. La classe d*iudu»tiie propose une exposition d'un autre genre tout au.^si utile. La classe d'agriculture cherche A rendre le Canton indépendant de ses voisins, en augmentant les produits de la terre; pour* quoi la législation ])énale serait-elle déshéritée f Elle ne le sera pas; mais Phéritage st fait attendre un peu long-temps.

toates les lumières, ne serait* elle pas ri^ellement digne d*êlre nommëe Sainte. CVsl-là ce que je livre à vos méditations , sans craindre que vous me repro« chiez d'élre sorti de mon sujet ; j'ajouterai que M. Dumont a signale, dans un discours prononcé à Lucerne , à ta Société d'utilité publique suisse , les iervices rendus par le Clergé écossais. ( Voy. à la fin du Post-scriplum. )

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