FRISE EXTERIEURE DE LA CELLA
Un des plus riches ornemens dont Phidias avoit embelli l'extérieur du temple étoit sans doute cette suite non interrompue de bas-reliefs qui regnoit autour de la Cella, à la hauteur de la frise du pronaos, immédiatement au-dessous du plafond des portiques.* Cette position ne donnant à l'ouvrage qu'un jour, pour ainsi dire, secondaire, qui ne lui arrivoit qu'en passant par les entrecolonnements de l'ordre, a prescrit à Phidias la manière dont il a exécuté ses figures.
Pour éviter les ombres qu'un objet saillant auroit pu porter sur un autre, loin de détacher du fonds les figures par une saillie qui approcherait d'une moitié de la ronde bosse, il ne leur a donné qu'une
* Voyez dans le iic. vol. des Antiquités- d'Athènes, par Stuart, les pi. IV. et VI. du 1er. chapitre.
petite partie de ce relief, quoiqu'il les ait distribuées sur deux plans. L'entente avec laquelle tout Fouvrage a été exécuté, et l'harmonie savante avec laquelle l'artiste a coordonné les saillies de chaque objet, ne permettent pas de sentir ce qui manque à la rondeur et au relief des figures que l'on apperçoit distinctement, même de loin, et sans aucune ombre qui en efface les détails. Le génie de Phidias a trouvé le moyen de mettre dans son sujet, malgré l'immense étendue de l'espace qu'il devoit remplir, une unité exacte et une parfaite convenance : il a représenté autour du temple la marche d'une pompe sacrée.
Comme ces marches ou processions étoient composées de personnes de tout sexe et de tout âge ; qu'on y admettoit des hommes à cheval, qu'on y conduisoit les victimes ; un pareil sujet offroit à l'artiste toute la variété qu'il pouvoit souhaiter pour déployer tous ses talents : et comme ces pompes avoient été instituées en l'honneur
des dieux, l'imagination poétique de Phidias s'est emparée de cette idée pour ennoblir encore sa composition en y représentant leurs images : les pompes se rendoient aux temples qu elles entouraient* en chantant des hymnes et en faisant retentir les sons harmonieux dune musique religieuse ; rien n'étoit donc plus propre à être représenté autour du Parthénon de Minerve que cette procession solemnelle qui dans les grands Panathénées, tous les quatre ans révolus, marchoit vers ce temple où elle portoit le voile sacré ou péplum qu'on devoit suspendre au-devant de la déesse.-f
* Xénophon, de rnagist. eqtiitum, c. iii. ; v. Héliodore, Aethiop. L. 1. p. 18, de l'éd. de Bourdelot.
-f- Meursius, Panat?icnaea, c. 17, dans le vii. vol. du Thésaurus Antiq. graecar. de Gronovius ; Barthélémy, Voyage d ' Anacharsis, ch. xxiv.