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que le Seigneur m'a donné. pour l’édifiea- Ê lion e! n°n pour la ruine (1). C’est donc
à l'Eglise, non à l'Etat, qu'il appartient de { guider les hommes vers les choses c:les-
à ; 1, tes et c’est à elle que Dieu a donné Je man- | 1. dat de connaitre et de décider de tout ce l: qui touche à la religion : d'enseigner tou- |
tes les nations, d'étendre aussi loin que possible les frontières du nom chrétien ; bref, d’administrer librement et tout à sa guise les intérêts chrétiens.
Cette autorité, parfaite en soi, et né relevant que d’elle-même, depuis Jongtemps battue en brêche par une philosophie adulatrice Ces princes, l'Eglise n’a jamais cessé ni de la revendiquer, ni de l'exercer publiquement. Les premiers ‘ie tous ses Champions ont été les Apôtres qui, empêchés par les princes de la Synagogue de réparidre l'Evangile, réponda'ent avec fermelé : « JL faul obéir à Dieu plutél q aux hommes (2). C'est elle que ies Pères de l'Eglise se sont appliqués à défendre par # de solides raisons quand ils en ont eu l’oc- Casion, et que les Pontifes Romains n’ont Jamais manqué de revendiquer avec una Constance invincible contre ses agres-
(1) Ibid. XIII, 10.
(2) Act. V, 29.
seurs.—Bien plus, elle a eu pour elle, en principe et en fait, l’assentiment des princes et des Chefs d'Etats, qui, dans leurs négociations et dans leurs transactions, en envoyant el en recevant des ambassades, et par l'échange d'autres bons ofiices, ont constamment agi avec l'Eglise comme avec une puissance souveraine et légitime. Aussi, n’est.ce pas sans une disposition particulière de la l'rovidence de Dieu que cette autorité a été munie d’un principat civil, comme de la meilleure sauvegarde de +on indépendanse.
Dieu a donc divisé le gouvernement du genre hnmain entre deux puissances. La puissance ecclésiastique et la puissance civile ; celle-là préposée aux choses divines, celle.ci aux choses humaines. Chacune d’elles en son genre est souveraine: chacune est renfermée dans des limites parfaitement déterminéesettracées en conformité desa na.
ture et de son but spécial. 11 y a donc comme une sphère circonscrite dans laquelle chacune exerce son action, jure proprio. Toutefois leur autorité s'exerçant sur les mêmes sujets, il peut arriver qu’une seule et même chose,bien qu’à un titre différent mais pourtant une seule et même chose, ressortisse à la juridiction et au jugement de l’une et de l'autre puissance. Ii était donc
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digne de la sage Providence de Dieu qui les a établies toutes les deux, de leur tracer leur voie et leurs rapports entre elles.
Les puissances qui sont, ont élé disposées par Dieu (1). S'il en était autrement, il naîtrait souvent des causes de funestes contentons et de conflits, et souvent l’hom. me devrait hésiter perplexe comme en face d’une double voie, ne Sachant que faire, par. suite des ordres contraires de deux puissances dont il ne peut en conscience secouer le joug. Il répugnerait souverainement de rendre responsable de ce désordre la sagesse et la bonté de Dieu, qui, dans le gouvernement du monde physique, pourtant d’un ordre inférieur, a si bien tempéré les unes par les autres les forces et les causes naturelles, et les a fait s’ac. corder d'une façon si admirable, qu'aucune d'elles ne gêne les autres, et que toutes, dars un parfait ensemble, conspirent au but auquel tend l'univers.
Il est dono nécessaire qu'il y ait eutre ces deux puissances un système de rap ports, bien ordonné, non sans analogie avec celui qui dans l’homme constitue l'union de l'âme et du corps. On ne peut se faire une juste idée de la nature et de la force
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(i) Rom. x, I,
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de ces rapports, qu’en considérant, comme nous l'avons dit, la nature de chacune des deux puissances, et en tenant compte de l'excellence et de la noblesse de leurs buts, puisque l’une a pour fin prochaine et spéciale de s’occuper des intérêts terrestres, et l’autre de procurer les biens célestes et éternels. — Ainsi tout ce qui dans les choses humaines est sacré à un titre quelconque, tout ce qui touche au «alut des âmes et au culte de Dieu, soit par sa nature, soit par rapport à son but; tout cela est du ressort dé l'autorité de l'Eglise. Quant aux autres choses qu’embrasse l'ordre civil et politique, il est juste qu’elles soient soumises à l'autorité civile, puisque Jésus-Christ a commandé de rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.—Des temps arrivent parfois où prévaut un autre mode d'assurer la concorde et de garantir la paix et la liberté, c’est quand les Chefs d'Etat et les Souverains Pontifes se sont mis d’accord par un traité sur quelque point particulier. Dans de telles circonstances, l'Eglise donne des preuves éclatantes de sa charité maternelle en poussant aussi loin que possible l’indu}zence et la condescendance.
elle est, d'après lesquisse sommaire
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que nous en avons tracée, l’organisation Chrélienne de la société civile, et cette théorie n’est n1 téméraire ni arbitraire, mais elle se déduit des principes les plus élevés et les plas certains, confirmés par la raison naturelle elle-même.
Cette constitution de 14 société politique n'a rien qui puisse paraitre peu digne ou malséant à ja dignité des princes. Loin de rien ôter aux droits de la majesté, elle les rend au contraire plus stables et plus augusles. Bien plus, si l’on y regarde de plus près, on reconnaitra à cette constitution une grande perfection qui fait défaut aux autres systèmes politiques, et elle produirait certainement des fruits excellents et variés, si seulement chaque pouvoir demeurait dans ses attributions, et mettait tous ses soins à remplir l'office et la tâche qui lui ont é'é déterminés.—En effet, dans Ja constitution de l'Etat. telle que nous ve. nons de l’exposer/;’le divin et l'humain sont délimités dans un ordre convenable, les droits des citoyens sont assurés et placés sous la protection des mêmes lois divines, naturelles et humaines ; les devoirs de chacun sont aussi sagement tracés que leur observance est prudemment sauvegardée. Tous les hommes, dans cet acheminement incertain et nénible vers la cité