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dât pas tout entière en Dieu même. De cette sorte, on le voit, l'Etat n'est autre chose que ia multitude maîtresse et se gouvernant elle-même, et dès iors que le peuple est censé la source de tout droit et de tout pouvoir, il s’en suit que l’Etat ne se croit lié à aucune obligation envers Dieu, ne professe officiellement aucune re- Jigion, n’est pas tenu deréchercher quelle est la seule vraie entre toutes, ni d’en préfèrer uue aux autres, ni d’en favoriser une principalement ; mais qu'il doit leur attribuer à toutes l'égalité en droit, à cette fin seulement de les empêcher de troubler l’ordre public.
Par conséquent, chacun sera libre de se faire juge de toute question religieuse, chacun sera libre d’embrasser la religion qu’il préfère, ou de n'en suivre aucune si au- -cune ne lui agrée. De là découlent, nécessairement, la iiberté sans frein de toute conscience, la liberté absolue d’adorer ou de ne pas adorer Dieu, la licence sans bornes et de penser et de publier ses pensées.
Etant donné que l'Etat repose sur ces principes aujourd’hui en grande faveur, .il est aisé de voir à quelle place on relègue injustement l'Eglise.—Là, en effet, où la pratique est d'accord avec de telles doctri-
VAT reprenne