‹ Lettre inédite de Bourdaloue au cardinalChapitre 11 sur 50 · Lettre mentionnée du 19 avril · texte numérisé non relu

Lettre mentionnée du 19 avril

.3. Oronx, Histoire ecclésiastique delà cour de France. Paris, 1777. In-4, II, 496.

sait unies en sa personne à la prudence « et autres recommandables qualités ».

Le Grand aumônier était le chef de la chapelle royale, le supérieur du clergé qui la composait, le ministre des affaires religieuses auprès du trône, en un seul mot « le seul Evêque de la Cour, et le propre Pasteur du Roi, en quelque lieu du Royaume » qu'il se trouvât. On conçoit avec raison, ajoute Oroux, que cette étendue de pouvoirs, cette éminence de prérogatives et cette dignité de fonctions aient fait envisager sa charge « comme le comble des honneurs ecclésiastiques en France * » .

Mais, s'il est vrai qu'une charge vaut autant par l'exercice que par les titres, le cardinal de Bouillon éleva encore la sienne à un degré supérieur. Ne quittant jamais le roi, même à la guerre, il le suivit en 1672 dans la campagne de Hollande, accordant la dispense du maigre aux troupes, sauf les vendredis et les vigiles, réconciliant dans les pays conquis, les églises violées par les hérétiques et rétablissant le culte catholique dans nombre de villes. « Ainsi, sous les ordres d'un Roi aussi pieux que puissant, a dit Fléchi er dans l'oraison funèbre de Turenne, l'un faisoit prospérer les armes, l'autre étendoit la Religion ; l'un abattoit des remparts, l'autre redressoit des autels... ; puis unissant ensemble leurs vœux, comme leurs cœurs étoient unis, le neveu avoit part aux services que l'oncle rendoit à l'Etat, et l'oncle avoit part à ceux que le neveu rendoit à l'Eglise^. »

Grâce au zèle actif et intelligent du Grand aumônier, le roi nOi faillit manquer la messe qu'un jour de dimanche. Mais c'était le jour du passage du Rhin (12 juin 1672 ^).

Un pareil chef de chapelle était à plus forte raison assidu à ses fonctions en simple temps de paix, quand Louis XIV qui

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