Ap. Oroux, II
3. « Le Roi n'a de sa vie manqué la messe qu'une fois à l'armée un jour de grande marche. » Saint-Simon, Mémoires, édit. Chéruel, in-I2, t. XII, p. 183.
« manquoit peu de sermons Tavent et le carême, écrit Saint- Simon, et aucune des dévotions de la semaine sainte, des grandes fêtes ^ », etc., assistait aux cérémonies religieuses et aux grandes prédications dans ses chapelles de Saint- Germain, de Fontainebleau, de Versailles. Le cardinal de Bouillon tendait plutôt à augmenter ses prérogatives qu'aies restreindre. Il est donc logique de croire qu'il fut un des auditeurs les plus réguliers de Bourdaloue à la cour. L'un officiait, l'autre prêchait. Leurs deux carrières étaient liées et comme parallèles.
Dès cette première station quadragésimale de 1 672, le Grand aumônier avait pu entendre le prédicateur jésuite qui deux ans auparavant avait été appelé pour lavent aux Tuileries, prêcher le carême à Versailles et la semaine sainte à Saint- Germain, devant la cour. « Le 17, Feste de la Résurrection, lit-on dans l'Ordinaire de la Gazette du 23 avril, la Reyne assista avec le Roy et Monseigneur le Dauphin à la grand'- Messe célébrée dans la Chapelle du Chasteau par le Cardinal de Bouillon. L'apres-dinée, Leurs Majestez entendirent, au mesme lieu, la Prédication du Père Bourdaloue qui s'en acquita avec beaucoup de succez ; puis Vespres chantées par la Musique, où le cardinal de Bouillon officia-. »
Nous n'avons pas eu la patience et nous laissons à d'autres de dépouiller exactement la Gazette ou le Mercure, pour y relever toutes les présences du cardinal au pied de la chaire de Bourdaloue. Les séjours à Rome, puis son exil, purent seuls l'empêcher de suivre exactement durant près de trente années les prédications qui, ainsi que l'orateur lui-même l'écrivait à Pontchartrain en 1 695, revenaient périodiquement tous les deux ans ^.