Amédée Renée, les Xiéces de Mazarin, 2" édit., p
4. Le P. Honoré Gaillard né à Aix en Provence, le 9 nov. (?) 1641, entré au noviciat d'Avignon, le 5 novembre 1656, professa d'abord la grammaire, les humanités et la rhétorique dans les collèges de Vienne], d'Aix et de Lyon. En 1669, il arrivait à Paris pour y achever sa théologie. En 1672, il devient surveillant au collège de Clermont et garde les mêmes fonctions huit années. Louis de la Tour de Bouillon, prince de Turenne (il est ainsi nommé dans les Catalogues), demeura sous sa direction de 1675 à 1679 ou 1680. En 1680, le père passa à la Maison professe, et l'année suivante il débutait à la cour, où, après Bourdaloue, ce fut le jésuite qui prêcha le plus souvent. Vers la fin de sa vie, il fut recteur de Louis-le-Grand et préposé de la Maison professe.
Cette éducation fut couronnée par une de ses thèses qui au dix-septième siècle étaient plus qu'un événement scolaire.
Le texte avait été rédigé par le P. François Nepveu^, huit ans professeur de philosophie et écrivain ascétique lu encore aujourd'hui. Les positions qui roulent sur l'ensemble de la philosophie sont au nombre de six pour la logique, six pour l'éthique, dix-huit pour la physique et la cosmologie, trois pour la psychologie et autant pour la métaphysique.
Ces assertions de pure scolastique ne pouvaie^it briller par l'invention ; il en est tout autrement du programme, vrai chef-d'œuvre de l'art décoratif en ce genre alors si cultivé. Il se compose de seize planches dessinées par Sevin, peintre du cardinal de Bouillon, et gravées par L. Cossin. Autour du texte calligraphié par R. Michault se déploient de riches encadrements représentant les dernières campagnes du roi, en tableaux historiques et en inscriptions, en devises et en emblèmes. Mais qui donc parmi les membres les plus en vue de la Compagnie de Jésus n'y avait pas collaboré? «Je fis quelques-unes de ces devises », a dit le P. Menestrier ^. C'est trop peu dire. Il aurait pu rappeler que, quatre ans plus tôt, il n'avait pas composé moins de deux décorations funèbres, pour les obsèques du maréchal de Turenne grand-oncle du jeune prince, l'une à Notre-Dame de Paris, l'autre à l'église
En donnant le jubilé à Pontoise, à l'âge de quatre-vingt-six ans, il fit une chute et revint mourir à Paris, le 11 juin 1727. — Sur le P. Gaillard, voir : Sommervogel, III, 1\03 sqq., qui donne la bibliographie complète de ses ouvrages précédée d'une courte notice biographique ; — Lauras, Bourdaloue, II, 565 &ipassim; — Hurel, les Orateurs sacrés à la cour de Louis XIV, 2« édit., 1872. In-12, t. II, ch. IV, p. 157 sqq. et passim.