Ibid., II, 221, sqq
presque intégralement. Elles n'auront guère perdu que le nom du destinataire, la date et les clausules de politesse.
Peut-être, en cherchant bien parmi ces fragments, y distinguerait-on de moindres débris de lettres. Nous signalons d'abord les blocs recueillis à fleur de sol. Puissent des fouilles patientes amener quelque jour des résultats plus étendus ! Il y avait là une mine inexplorée ; qu'il nous suffise de l'avoir signalée et d'en avoir tiré quelques échantillons.
Ces extraits épistolaires égarés, nous aurions pu nous contenter d'avoir reconnu leur véritable origine ; et les laisser là oii ils sont déjà imprimés; mais pour deux raisons, nous avons cru devoir les incorporer à la suite de la correspondance.
Premièrement, c'est ainsi qu'ont successivement procédé les divers éditeurs. Si plusieurs sermons de vêture sont encore perdus à la fin du tome second des Panégyriques, les Lettres de Lamoignon et du P. Martineau sur Bourdaloue ne sont plus rejetées aujourd'hui, comme dans l'édition originale, au bout du tome troisième du Caresme, — quatrième de l'ouvrage, — mais en tête du tout premier, à titre de notice. \^Q. Panégyrique de saint Benoist, communiqué in extremis à Bretonneau et relégué à la fin du tome second des Pensées, a depuis longtemps été reporté à la suite des Panegijriques. Aujourd'hui c'est le tour des Lettres d'être réintégrées à leur place naturelle.
Nous espérons aussi par cette publication attirer l'attention sur les autographes des Pensées qui peuvent encore exister. Si l'on en retrouvait seulement un, on saurait, en le comparant au texte imprimé, quelles libertés Bretonneau s'est permises avec les originaux qu'il éditait. C'est en effet à propos des Pensées qu'il a fait cette déclaration inquiétante : « Tout cela, comme on le juge assez, demandoit que l'Editeur mist un peu la main à l'œuvre, pour disposer les matières, pour les lier ou les développer, pour les finir et leur donner une certaine forme : mais je n'ay rien fait à l'égard de ce re-
cueil des Pensées, que je n'eusse déjà fait à l'égard des Sermons, Exhortations, Instructions, et de la Retraite spirituelle du mesme Auteur. » Voilà qui n'est pas pour nous consoler.
Un autographe des Pensées découvert, et le flagrant délit de l'altération de texte serait ou non constaté. Espérons en attendant que le coupable s'est un peu calomnié.
A la lettre de Bourdaloue adressée au cardinal de Bouillon et aux quatre lettres à Divers extraites des Pensées, nous en joignons une sixième déjà analysée et commentée dans notre première publication, mais dont le texte que nous avions eu entre les mains s'était trouvé momentanément égaré. C'est la lettre XXVII, à un Père de Trêves. Nous la publions d'après l'autographe,
H. GHÉROT, S. J.
Paris, maison des Études, 20 mars 1899. En la fête de saint Joseph.
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