‹ Lettre inédite de Bourdaloue au cardinalChapitre 8 sur 50 · Lauras, Boiirdaloi/e, I, 11, note · texte numérisé non relu

Lauras, Boiirdaloi/e, I, 11, note

.3. Cretineau-Joly, Histoire de la Compar/nie de Je'sits, 3" édit. In-12, IV, 86. 4. Oliva à Bouillon. (Rome], (5 août 1G()9. Yalv Appendice D.

Au commencement de 1669, Renaudot nous apprend dans son Journal qu'il présentait au cardinal un poème latin de son fils Eusèbe, « fort ample, avec des épigrammes et autres compositions en grec, chaldaïque, syriaque, hébreu, égyptien et samaritain », et que le cardinal le reçut « avec une joye et satisfaction singulière ' )>.

Dans les premiers jours de février 1670, le nouveau membre du Sacré collège, accompagné du P. Gerbier, de l'Oratoire, se rendait à Rome. Il y était appelé par la mort de Clément IX (9 décembre 1669) et par le conclave, d'oii sortit, le 29 avril 1670, son successeur Clément X. C'est le temps de la faveur. Il reçoit du grand ministre Hugues de Lionne une instruction pleine de confiance. L'habile diplomate s'y exprime avec le nouveau cardinal sur le ton de la plus cordiale familiarité : « Je n'ay jamais ouy parler d'une botte plus franche que celle que Votre Eminence a portée au cardinal de Médicis avec sa douceur ordinaire ; le Roy en a ri de tout son cœur ^. »

Revirement des choses humaines! Dans moins de trente ans, voici sur quel ton Louis XIV écrira au même prélat : « Mon cousin, ce n'est pas sans ressentir une vive colère que j'apprends que le père Charonnier, avec qui vous êtes très lié, tient des propos contre moi et fait tout ce qu'il peut pour arrêter la décision du Pape concernant le livre des Maximes des Saints. Pourquoi agir ainsi, lorsqu'il connoît mon vif ressentiment contre la doctrine de ce prélat^ ? » Mais ce jour-là Louis XIV aura trouvé son maître dans son habile chargé d'affaires.

De la bonne impression produite ru conclave par le jeune

1. Journal d'Eusèbe Renaudot, régent en médecine, à Pains (1646-1679), dans les Mémoires de la Société de l'Histoire de France, IV, 101.

2. Lionne à Bouillon. Saint-Germain-en-Laye, 28 mars 1670. Catalofjue de vente d'autographes (Charavay, .30 mars 1887), n" 120.

3. Louis XIV au même. Versailles, 14 novembre 1698. Dans les Lettres de Louis XIV au cardinal de Bouillon, publiées par l'abbé V. Verlaque, dans les Mélanges historiques {Doc. inéd. sur l'Histoire de France), 1882. In-4, p. 734.

cardinal, nous trouvons un écho éloigné dans la dédicace d'un volume que lui adressait en son absence le P. Rapin. Le Discovrs svr la comparaison de Véloqvence de Detnostheiie et de Ciceron ^ contient une Epistre à Son Altesse Mgr le cardinal de Bvillon [sic).

Je ne scay, dit l'auteur, si le présent que je fais à Vostre Altesse pourra mériter son attention dans le temps qu'elle est occupée à la plus grande affaire de l'Vnivers...

Comme il s'agit icy déjuger les deux plus grands Orateurs qui ayent jamais esté, et de faire un discernement juste de leur éloquence : qui le peut mieux que vous, Monseigneur, qui estes né naturellement éloquent? L'art de persuader tout ce que vous voulez, par celuy que vous avez de plaire, en tout ce que vous dites, est un présent que vous avez receu de la nature, par lequel vous estes déjà plus grand que par vostre fortune, et plus grand mesme que par vostre naissance : puisque c'est ce don admirable que vous avez de plaire qui vous a fait Cardinal dans le cœur de tout le monde, avant que vous l'ayez esté dans le Consistoire.

C'est aussi par ce talent si extraordinaire que vous avez mérité l'approbation publique dans un âge, où l'on ne pense pas encore à la rechercher : et c'est celte approbation si universelle qui a sollicité vostre nomination auprès du Roy, et qui luy a fait dire cette parole si mémorable pour sa gloire et pour la vostre : Qu'il ne vous aurait pas élevé à cette dignité s'il se fust trouvé dans son Royaume un Sujet plus digne de la remplir.

Ce mot de Louis XIV sur le cardinal avait-il été assez

remarqué jusqu'ici? Et n'est-ce pas le môme qu'on attribue

d'ordinaire au roi, à l'occasion de la nomination de Guillaume

de Lamoignon comme premier président du Parlement de

Paris ^ ?

C'est maintenant, Monseigneur, continue le P. Rapin, que Votre Altesse fait voir dans l'Assemblée la plus célèbre de la terre, que la renommée qui exagère toiîjours, ne vous a point flaté. Quelque favorables que vous ayent esté les bruits, dont elle a prévenu les esprits de la Capitale du

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