Paris, Denis Thierry, 1670. In
2. « Dieu m'est témoin, que si j'avais cru trouver un plus homme de bien que vous pour remplir cette place, je l'aurais choisi. » Vian, les Lamoignon, p. 89. M. Vian ne veut pas que ce mot soit de Louis XIV, parce qu'il sent «son origine italienne et l'art d'embellir les bienfaits. » Et pour cette raison a /3?"ior/, il le met dans la bouche de Mazarin. Nous voyons ici que Louis XIV l'a au moins prononcé une fois, mais pour un autre.
monde, il n'est pas possible que le Conclave n'ait eu de l'estonnement de trouver en Vostre Altesse ce qu'on ne peut attendre des plus grands génies qu'après une longue expérience.
Si la renommée n'avait rien exagéré, nous ne saurions en dire autant de la prose du P. Rapin, quand il appelle plus loin le père du cardinal de Bouillon « un des plus grands hommes du monde ».
Vers l'automne de 1670, Bouillon est déjà rentré à Paris. Sans doute en traversant Lyon, au retour, il a revu son ancien préfet des études, le P. Bertet, et il l'a pressenti. En conséquence, il a sollicité du P. Oliva, général des Jésuites, l'envoi de ce père à la Maison professe de Paris. C'était un changement de province ; mais le cardinal avait écrit avoir besoin de Bertet, et, par déférence envers un prince de l'Eglise qui personnellement ne lui était pas moins cher qu'à la Société, Oliva lui accorda l'objet de sa demande, persuadé que le religieux, par son savoir et par sa vertu, édifierait tout le monde'.
Plus d'une fois sans doute la présence de Bertet dans la Maison professe du faubourg Saint-Antoine y attira le prélat, Souvent aussi Bertet dut être attaché à sa suite. Le cardinal adressa en effet une nouvelle demande au général dans ce sens, et le P. Oliva n'y mit pas d'opposition'-. De ces rapports on trouverait peut-être quelque trace, soit dans les papiers du cardinal, soit dans les ouvrages imprimés du savant religieux et dans ses manuscrits, aussi nombreux que les lettres de l'alphabet, si toutefois ils existent encore. Citons seulement une Histoire chronologique de saint Martial, de l'ordre de Cluny, à Avignon; des Mémoires historiques sur l'abbaye de Cluny ; un Traité historique sur les grands aumôniers de France. Pour qui tout cela aurait-il été écrit, sinon pour le cardinal, bientôt abbé de Cluny et Grand aumônier? Cependant la stricte discipline religieuse du jésuite était difficile-
1. Oliva au P. Suffren, provincial de Lyon. [Rome], 30 sept. 1670.