‹ [Lettre] [microforme]Chapitre 3 sur 5 · RE · texte numérisé non relu

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‘ da matin que je réflévhissais comment je ferais pour chanter les Vêpres et les ‘ Matines de la fête. Monsieur notre supérieur était notre aumônier. Après sa ‘ messe j'eus la sotte idée d'aller lui demander la permission de prendre deux ‘ onces de pain détrempé dans de l'eau chaude. ‘Ma mère, répliqua-t-il, pas “ seulement deux onces, vous pouvez déjeûner en toute sûreté de conscience ‘* après l'accident que vous avez eu.” Je répondis : ‘ Mon Père, deux onces me “suffisent.” J'avais à peine avalé ladernière bouchée que le remords bourrela ma ‘conscience, Quelle lâcheté, me disais-je, pour un peu de faiblesse, prendre quel- “ que chose un jour de jeûne d'église ; qu'une personne du monde se fe permette... ‘ passe. ; mais pour une Carmélite, c’est honteux. J'allai à l'oratoire conjurer le ‘* bon Dieu d'oublier, non mon péché, (je n'ai jamais pensé que c'en fût un), mais “mon inconcevable immortification, J'en avais la contrition parfaite, Je sup- ‘ pliais NotreSeigneur de me donner un signe, qu’Il m'avait pardonné 1... L'anni. ‘ versaire de la veille de la Pentecôte arriva, et ma pauvre conscience n'avait pas ‘encore digéré ses deux onces de pain de l’année précédente. Or, le soir de ce “ même jour, ô bonté de mon Jésus …la réfectorière oublie de me servir les trois ‘ onces de pain de la collation. Pour deux onces, il m'en prenait trois..la troisième, “ voyez-vous, c'étaient les intéréts...Dire mon bonheur et ma joie serait chose diffi- ‘ cile, Je m'amusai tout le temps de la collation à mâcher deux jambes de noix, “(la moitié d’une noix). Ce qui est surprenant, c’est que Mère Sous-Prieure, assise * à mes côtés ne s’en aperçut pas. les sœurs qui se trouvaient en face de moi ne “ le remarquèrentpas davantage, C'était encore une attention du bon Dieu pour ‘me prouver que cet oubli était le signe que je lui avais demandé, En sortant du “ réfectoire, je courus à l'oratoire pleurer de reconnaissance aux pieds de Notre- ‘“ Seigneur. Ma peine se changea en profonde gratitude ; et depuis, j'ai une dévo- ‘ tion toute particulière pour le jeûne de la veille de la Pentecôte. Etait-ce une

“délicatesse de la part du bon Dieu ?.… C’est l’unique fois dans mes 50 an: de vie

‘‘ religieuse que j'ai eu le bonheur de manquer de quelque chose au réfectoire. “ Donc cela n'arriva pas fortuitement.”

Pendant l'été de 1883 notre bien-aimée Mère avait été fort affaiblie par de fréquentes crises d'estomac. Quand arriva le 14 septembre, elle voulait commencer son jeûne d’ordre, notre très honorée Mère Sous-Prieure crut qu'il était de son devoir de prier Monseigneur de modérer sa ferveur. En conséquence, on écrivit une lettre à Sa Grandeur que tous les membres de la communauté signèrent,

Voici la réponse que notre si paternel Archevêque adressa à notre regrettée Mère. Cette fois, elle ne nous en fit pas de reproche.

Montréal, 21 Sept. 1883, Ma RÉvÉrENDE MÈRE,

I n’y a pas à hésiter, il faut absolument que vous preniez soin de votre santé. Résignez-vous à l’obéissance pure et simple, et Dieu bénira votre Carmel et vous permettra de continuer à le soutenir, Renoncez aux jeûnes d'ici à Pâques, tant à ceux de la Règle qu'à ceux de l'Eglise. Get acte d'obéissance vous sera plus méritoire que le contraire,

Ecoutez bien la direction du médecin, et mettez-la en pratique. En cela, vous ferez une bonne œuvre et recevrez à cette occasion une bénédiction particu-

lière de votre Evêque + EDOUARD.CHS, Ev. pe Monrnéat,

qui vous accarde 40 jours d'indulgence pour chaque jour que vous aurez à faire ce sacrifice.

Ces dernières lignes aussi ingénieuses que spirituelles dilatèrent notre bienaimée Mère, elle rit de bon cœur en les lisant et nous dit: « Est-il fin, Mon Cher ‘ Seigneur ? Sait-il prendre son monde ?.… C'est bien la première fois depuis Le ‘commencement de l'ère chrétienne, que l'on promet des indulgences aux gens qui

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‘voudront bien ne pas jeûner.… ” Vou; en profiterez, au moins, ma Mère, lui diton, Elle répondit aimablement : “sh! oui, un peu.” Effsctivement depuis on eut moins de peine à lui faire accepter les soulagements dont elle avait si grand besoin. Quelquefais, quand elle refusait une petite douceur, on lui disait : Ma Mère, vous ne gagnerez pas votre INDULGENCE aujourd'hui, Oh! que si... répondait-elle avec un fn sourire... oh! que non, reprélait-on... et elle acceptait graciersement,

Nuus pensons vous être agréable, mu révérende Mère, en vous commuani quant la réponse de notre b'en-aimée More à Sa Grandeur à cette occasion.

JMJT.

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