‹ Lettre pastorale de Mgr Joseph-Alfred Archambeault, évêque de Joliette [microforme]Chapitre 15 sur 36 · INFLUENCE DE L’'EUCHARISTIE SUR LA CHARITÉ INITIALE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L’'EUCHARISTIE SUR LA CHARITÉ INITIALE

\ vertu de charité est inséparable de la grâce sanctifiante : elle lui fait cortège à sa prise de possession de nos âmes, elle disparait quand la grâce nous quitte. Il y a donc entre la charité et le péché mortel qui chasse la grâce sanctifiante une incompatibilité absolue, C'est pourquoi tout ce qui préserve du péché, ct dans la mesure qu'il en préserve, tout ce qui en éloigne les causes funestes, tout ce qui aide à nous à relever, exerce sur la charité une premiére action bienfaisante. Nous nous placerons

à ce point de vue doctrinal incontesté pour établir l'influence

de T'Eucharistie sur la charité initiale, sur ses premiers agisse-

ments et ses premiers triomphes, avant de la montrer pénétrant la vie chrétienne, mettant en exercice les vertus les plus fortes et les plus fécondes, déterminant enfin la floraison merveilleuse de la charité parfaite.

Le péché mortel détruit le règne de la divine charité ; il sépare de Dieu, séparation éternelle si la mort frappe le pécheur impénitent, Mais le péché mortel, qu'est-ce autre chose que la libre opposition de la vo-

(=) V..Aboc. XXI, 2,15;

lonté créée à la volonté de Dieu imposant une obligation grave ? “ Je suis le Seigneur votre Dieu... Si vous ne m'écoutez point, “ si vous n'exécutez point tous mes commandements, si vous * méprisez mes lois et si vous ne tenez pas compte de mes “ ordonnances... je vous visiterai soudain par l'indigence É (44), “Tu as brisé mon joug, tu as rompu mes liens et tu as

“ dit: Je ne servirai point ” (*#). La cause dernière du péché

mortel est donc en réalité un manque de conformité de la volonté de l'homme à la volonté de Dieu dans les choses néces- «aires au salut ; en d'autres termes, c'est l'absence de l'amour divin, car qui aime obéit : “ Vous serez mes amis ”, a dit Notre- Seigneur, “ si vous faites tout ce que je vous commande ‘ (1#°). “ Celui qui ne m'aime pas, ne garde pas mes paroles (14°). “ L'amour ne se fonde en effet que sur une certaine identité “ de volontés... Mais par la volonté l'homme sort de sa vie inti- “ me et se démontre par des actes, se répandant pour ainsi dire “ en dehors de lui-même par son action. Dès lors, partout où il “ y aura identité des volontés, il y aura identité des actes, et si “ entre deux êtres qui s'aiment il est un supérieur, dont par là “ même la volonté doive être prépondérante, l'amour lui sou- “ mettra entièrement les actes de l'autre en lui livrant sa vo- “lonté ” ("),

A mesure donc que la charité grandit en nous et qu'elle en-

(:*) Lévet, XXVI, 14, 16.

(“) Jérem., 11, 20.

(“) Jean, XV, 14.

(7) Jean, x1V, 24.

1#) Père Tesnières, Somme Eucharistique, 13e conférence. ) fl

fonce ses racines dans nos âmes, nous notes éloignons davantage

du péche. notre lorreur en devient plus profonde ; la loi, loin de nous ètre à charge et à dégoût devient l'objet de notre fidélité, de nos recherches, de notre amour même : “ J'ai couru dans “la voie des commandements, k rsque vous avez dilaté mon "Coeur. . J'ai aimé votre loi au-dessus de l'or et de la topaze. “ Tout le jour elle est ma méditation ” (1°),

Eh ! bien, le sacrement de l'Eucharistie a précisément pour effet de fortifier et d'augmenter en nous la divine charité chaque fois que nous avons le bonheur de la recevoir avec les dispositions requises. La communion fervente produit la plus effective tasion de nos volontés avec la volonté de Dieu, en nous unissant au Christ-Jésus, en nous transformant en Lui (15°); elle nous affermit donc singulièrement dans la fidélité aux commandements, dans la pratique de tous nos devoirs; par le fait elle nous communique le privilège d'échapper, si nous le voulons, à la mort spirituelle “Je suis le pain de vie... celui qui en Mange ne meurt point ” (0. Comment celui-là pourrait-il mourir qui a pour nour- “riture la vie même?" (152), “ La communion est déifique ; “elle nous fait entrer de jour en jour davantage dans la nature “de Dieu; et la dent du péché ne peut rien sur la nature

divine ” (1%),

Ps., CXVHI, 32, 127, 97.

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