LOUE, TE
‘autres, je ne sois moi-même éprouvé ” (1°). Sans s'y engager par voeu, elle renonce, au milieu inême des attraits et des séductions du monde, aux saintes libe:tés du mariage chrétien, et cela afin que l'âme soit plus entièrement à l'amour et au service de Dieu: ‘ Il en est qui pratiquent volontairement et sans ‘limite cette vertu à cause du royaume des cieux. Que celui
‘qui peut comprendre comprenne”, a dit Notre-Seigneur
(9, et saint Paul, commentant sans doute cette divine parole,
ajoute : * Quant aux vierges, je n'ai pas reçu de commande-
‘ment du Seigneur, mais je donnerai un conseil, comme ayant “obtenu de la miséricorde du Seigneus d'être fidèle, J'estime ‘donc qu'il est avantageux à l'homme d'être ainsi... De ‘mème la femme non mariée et la vierge pensent aux choses "qui sont du Seigneur, afin d'être saintes de corps et d'esprit... ‘La femme est liée à la loi aussi longtemps que vit son mari; ‘que si son mari s'endort, elle est libre; qu'elle se marie à qui “elle voudra, mais seulement dans le Seigneur. Cependant elle ‘sera plus heureuse, si selon mon conseil, elle demeure comme leds),
Plus éleve encore est le vol de la chasteté parfaite, de la sainte et sublime virginité religieuse. Poursuivant les voluptés des sens jusque sur le terrain que n'interdit ni la loi naturelle, ni la loi positive, ni mème le conseil evangélique à son premier degré de perfection, elle renonce à jamais aux libertés de la
chair, elle se les interdit sous peine de péché et de sacrilège
1 Cor, 1x, 27, Vs DONS IS Te:
L'VOr, VIE SE
“elle se donne une sorte d'éternité en se consacrant à Jésus- * Christ par un voeu perpétuel” (22). L'auteur de la Sagesse faisait l'éloge des vierges. lorsqu'il chantait : * O combien belle “est une génération chaste et glori 1se! Car sa mémoire est ‘ immortelle, et elle est connue de Dieu et des hommes ” (*#). Pour ces àmes fortes, dégagées de la vie des sens, mortes aux amours de la terre, Jésus est tout : leur héritage, leur joie, le
principe d'une pureté si grande que leur corps ‘commence
* d'emprunter quelque chose de l'état spirituel et glorieux pro- “ mis aux justes ressuscités ” (**), * Que me voulez-vous 7?"
disait sainte Agnès à ses bourreaux, : j'ai déjà un fiancé qui
“m'aime et que j'aime. Mon fiancé qui a ma foi, c'est celui “ que servent les anges, et dont les astres du ciel admirent la ‘beauté. J'aime le Christ né d'une mère Vierge et d'un Dieu
* Vierge. Quand je l'aime, je suis chaste; quand je le touche,
“je suis pure; quand je l'épouse, je suis plus vierge que ja-
ais (0),
Bossuet a décrit admirablement la supériorité incomparable de la virginité sur la tempérance, ou la simple vertu de chasteté: * La tempérance modère les plaisirs du corps, la virginité “les méprise. La tempérance, en les goûtant, se met au-dessus “à la vérité; mais la virginité, plus mäle et plus forte, ne daigne ‘pas même v tourner les veux. La tempérance porte ses liens
* d'un courage ferme: la virginité les rompt d'une main hardie,
€) Didiot., L'Etat rcligicur, (7°) Sages, IV, 1.
(%) S. Cyprien, De habitu rérgiinnt, cap. 22,
€) Off, du Bréviaire.
“ La tempérance se contente de la liberté, la virginité veut l'em- “ pire et la souveraineté absolue. Où plutôt la tempérance gou- “ verne le corps, vous diriez que la virginité s'en empare ; elle “s'élève jusqu'au ciel, presqu'entièrement dégagée: et bien “qu'elle soit dans un corps mortel, elle ne laisse pas de prendre “sa place parmi les esprits bienheureux, parce qu'elle ne se ( 206 )
La récompense des âmes vierges est grande. Sur la terre, elles
“nourrit, non plus qu'eux, que de délices spirituelles
voient Dieu avec un regard plus pénétrant, comprennent mieux ses infinies perfections, se reposent avec plus de délices en sa présence au plus intime d'elle-mêmes: * Bienheureux qui ont “le coeur pur, parce qu'ils verront Dieu ” (27), Au ciel. elles ont une auréole spéciale de gloire et de joie: elles accompagnent partout l'Agneau immolé et seules elles chantent son cantique : “ Je regardai encore, et voilà que l'Agneau était debout sur la “montagne de Sion, et avec lui cent quarante quatre mille qui “avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leurs fronts...
Ils chantaient conmme un cantique nouveau devant le trône : “et nul ne pouvait chanter ce cantique que les cent quarante ” quatre mille qui ont été achetés de la terre. Ce sont ceux qui “ne se sont point souillés... car ils sont vierges. Ce sont eux
“qui suivent l'Agneau partout où il va” (2).
L'influence de l'Eucharistie sur la vertu de chasteté jaillit
évidente .le tout ce qui touche à ce sacrement adorable : de ses noms, de sa matière, de la vie mystique qu'il donne à Jesus- €) Sermon pour une profession religieuse, (”) Matth.; v, 8.
(M): A pos AIN, 4