‹ Lettre pastorale de Mgr Joseph-Alfred Archambeault, évêque de Joliette [microforme]Chapitre 23 sur 36 · CV. Jean, IH · texte numérisé non relu

CV. Jean, IH

() V. 1 Cor. XI, 38, 29;

CF) NV. De Eucharistia, Disp. XI1, seet, VI.

rte ane ct

plusieurs théologiens, que FEucharistie agit sur le corps, non seulement indirectement en embrasant l'âme de l'amour divin qui. par un heureux contrecoup diminue limpressionnabilité aux appats extérieurs du plaisir, mais encore directement, soit Ci témperant appetit des voluptés terrestres, soit par une action propre et purifiante sur l'imagination et la sensitilité soit mere en agissant sur l'organisme BEumain, sur la chair et le temiperament d'où procédent en grande partie les mouvements de la con upiscence, et dont elle cteint la chaleur trop vive et calme peu à peu les ardeurs licencieuses 42"

Quoiqu'ilen soit de la valeur théologique de ces opinions, ‘ce “que la raison la plus severe admettra certainement, non moins ‘que la prete, c'est qu'en raison de la presence du Christ opé- “rée par ce sacrement dans le chrétien, et en vue du contact

sacre du corps de Jésus avec le corps de l'homme. l'apaisement, là modération, la rectification du over de la eoncupis- “cence sont mfatliblement accordés au communiant par des SECOUFS Spectaux de Dieu, par une providence particulière, une Conduite toute paternelle de Dieu, en vertu de laquelle *lheureux hôte de la Table Sainte reçoit d'abord des graces. ‘des lunmere.. des affections très propres à diminuer la “puissance des desirs charnels et à augmenter la force de l'a-

“Mour surnaturel: ensuite des grâces de préservation qui vont

“jusqu'a lui enlever de devant les pieds toutes les pierres d'a-

* choppenient des occasions de péché, et toutes les rencontres QUE pourraient emouvoir la convoitise, et lui offrir tous les

exemples de vertu et d'édification les plus propres à l'apaiser

ke Lucharistin, Disp. PXIV, Bout, Î:

“à la modérer ; enfin des grâces de prédilection qui empéchent “les démons d'approcher pour remuer le foyer du mal et en “ rallumer les feux coupables " (27).

Aussi l'histoire des âmes le démontre, l'Eucharistie a-t-elle toujours été ‘non pas le meilleur, mais l'unique moyen de se “conserver pur ; il n'y a que la communion qui puisse garder un coeur de vingt ans” (#*). Son calice enivrant a donné aux saints l'horreur de toute autre ivresse. A la table sainte. aux pieds de l'autel, ont germé des milliers et des milliers de vr )Cätions religieuses et sacerdotales : * Dès qu'il y a tabernacle, et à

‘ce tabernacle une porte. et derrière cette porte une hostie, et

devant cette hostie une table où l'on mange, on ne peut plus

“ètre étonné du nombre des âmes qui pour l'amour de Dieu,

"veulent demeurer vierges ; le pre dige est qu'à chaque généra-

tion il n'y en ait pas d'innombrables (2) !

c) Obéissance. Si l'humilité détermine l'homme à confesser, à aimer son néant par rapport à Dieu, et la chasteté à lui immoler les convoitises coupables et même les plaisirs légitimes de la chair, la vertu d'obéissance l'incline à se soumettre au droit souverain qu'il possède de gouverner le monde moral soit par lui-même, soit par les pouvoirs qu'il a établis, les autorités qu'il a constituées à cette fin. “Il n'y a rien d'isolé, “rien de détaché, dans la nature matérielle. Tout S'y tient.

‘tout S'y enchaine, Les forces inférieures sont au service des

(7) Père Tesnières Sonne 1 ueharislique, conf, 5 Le et Suarez, Le, 3 S, Philippe de Néri.

Mer Gay, Veortus chréticnnes.

‘puissances supérieures que Dieu a chargées d'un rôle plus ‘clevé, et elles en reçoivent, à leur tour, l'impulsion dont elles “ont besoin pour leurs opérations propres... Dans l'ordre "moral, les intelligences sont pareillement associées et graduel- ‘lement disposées entre elles... La volonté du fils est dirigée ‘par la volonté paternelle: l'âme du disciple emprunte son © progres à l'âme du maitre; le sujet est mû par le commande- “ment du souverain; en sorte que l'impulsion primitive donnée

"par le Verbe lui-mème se transmet de degré en degré jusqu'à

‘la raison la plus obscure, jusqu'au coeur le pius faible (22)

Le pouvoir, comme tel, ne vient done pas de l'homme : il a

Dieu pour origine et pour fin: * 1] n'y a pas de puissance qui

“ne vienne de Dieu, ct celles qui existent ont été établies par

* Dieu... Elle est le ministre de Dieu pour le bien" (1). Le

pouvoir 4 été donné par Dieu à ceux qu'il a chargés de le re-

présenter au foyer domestique, dans la société civile. dans la

société religieuse : aux parents et aux maitres, aux chefs d'état,

au Pape et aux Evèques. Tous ceux qui dirigent l'une ou

l'autre de ces sociétés ont donc le droit de commander, d'inti-

mer des ordres, de promulguer des lois : quand elles sont légi-

times et restreintes à la sphère de leur action, ces lois & mt l'ex-

pression de la volonté même de Dieu, quoiqu'à des degrés dif-

férents, et dans les limites d'une hiérarchie dont Dieu demeure

le centre et la règle suprème: * Il faut plutôt obéir à Dieu

“qu'aux hommes ” (##), L'exercice légitime de l'autorité en-

©) Bibliothèque asectique d'aprés NS. Thomas d'Aquin. N. Som-

me théol, nn, 1, q. CIV, art, 5.

€): Rom. XL 1, £

ÉPPASr. + 20

traine de la part des sujets, par voie de conséquence, l'obligagation morale d'obéir : “ Que toute âme soit soumise aux puis- ”sances supérieures... Qui résiste à la puissance résiste à Dieu ”

és

(##). “Que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur ” (2%), “ Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur ” (22), * Serviteurs, obéissez à vos maitres “selon la chair... comme au Chist même ” (°#). “ Les prin-

"ces sont les ministres de Dieu, le servant en cela même... Il est donc nécessaire de vous soumettre non sions par

‘crainte de la colère, mais encore par conscience ” (2%), * Qui

"vous écoute, m'écoute ; et qui vous méprise ; mais qui me mé- “prise, méprise celui qui m'a envoyé ” (72),

La vertu d'obéissance a des degrés nombreux, depuis l'obéissance mercenaire, jusqu'à l'obéissance filiale : depuis la simple -oumission purement extérieure aux ordres formels, j1<qu'à l'exécution spontanée, empressé», arioureuse même dti moindre signe de nos supérieurs hiérarchiques. {lle trouve son

couronnement, sa perfection dernière, dans l'enchainement libre

absolu, perpétuel de la volonté du religieux à celle des supé-

rieurs qu'il s'est donnés lui-même, pour régir sa vie, par l'émis-

sion des voeux de religion (2), L'obéissance, parvenue à ces

Rom. XI, 1, ©, Ephes., v, 92, Idem., vi, 1.

Idem., vr, 5.

Rom. X1HE, 6 Luc.. X, 16,

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