CRI COS S
miracles, son caractère messianique et sa divinité; racheta les hommes, ses frères, au prix de sa passion et de sa mort; res-
suscita glorieux du tombeau et monta triomphant au ciel, après
avoir institué son Eglise et l'avoir faite la dépositaire de sa
mission divine, de ses droits, de ses pouvoirs, et de sa puissance
Dans l'Eucharistie, Jésus continue invisible sa vie terrestre: il y pratique et enseigne les vertus les plus héroiques, y remplit à notre égard, comme autrefois à l'égard de ses compatriotes, les offices de sauveur, de médecin, de maitre et de pasteur.
I est donc facile de comprendre pourquoi toutes les àmes avides de la science de Dieu et de son Verbe fait chair, sont venues la demander à l'Eucharistie. Elles ont trouvé là, dans le doux repos de la prière et de la contemplation, dans de longs entretiens pleins de suavité avec le bon Maitre, la source bénie où elles ont pu étancher leur soif et satisfaire leur amour. Jésus-Eucharistie les illumina de ses splendeurs, les embrasa de ses feux. Dans ce contact intime et sans cesse renouvelé, sous les touches vrülantes de la divinité cachée sous l'hostie, ces àmes en sont venues à se dépouiller entièrement du vieil homme, à revêtir ‘‘ l’homme nouveau créé selon Dieu dans la jus- “‘tice et la sainteté de la vérité” (*1), au point de pouvoir enfin dire avec saint Paul: “ Je vis, non plus moi, mais le Christ ‘vit en moi ”” (55°).
Eco:tons à ce sujet les paroles, pleines de lumière et de feu, de l'une des amantes les plus passionnées de Jésus dans l’Eucharistie, sainte Angèle de Foligno.
(**) Ephés., IV, 22, 24, (**) Gal, x, 20.
mtrersmmentrmeme
Hans LD
Gates |
* Parlons un moment du sacrement de l'amour ; parlons de l'Eucharistie, C'est lui qui provoque dans l'âme la prière ar- ‘dente; c'est lui qui réveille la vertu d'impétration, et la puis- ‘sance d'arracher à Dieu. C'est lui qui creuse l'abime de ‘lhumilité; c'est lui qui allume les flammes de l'amour. J'ai
‘non la pensée vague, mais la certitude absolue que <i une
‘ame voyait ct contemplait quelqu'une des splendeurs
du sacrement de l'autel, elle prendrait fin; car elle verrait ‘l'amour divin... Il contient le Dieu incréé invisible, omni- ‘potent, omiscient, juste, très haut et miséricordicux, créateur ‘du ciel et de la terre, des choses visibles et des ‘choses invisibles : et voilà le sommet de la mon- ‘tagne. Sur une de ses crètes intermédiaires, nous rencontrons ‘l'humanité de Jésus-Christ: humanité, divinité, deux natu- ‘res, une persone, union hypostatique! Quelque fois l'âme, ‘dans la vie présente, recoit de l'humanité du Christ une joie ‘plus intense que de sa divinité, parce que l'âme, moins dis- ‘ proportionnée à la première chose qu’à la seconde, a plus de ‘capacité pour jouir de celle-là. L'âme, qui est la forme du ‘corps, jouit du Dieu incréé dans le Dieu fait homme. O * Jésus-Christ Créateur ! O Jésus-Christ Créature ! O vrai ‘Dieu et vrai homme! O vraie chair! O vrai sang! O vrais ‘membres d'un vrai corps! O union ineffable! © rencontre ” d'immensités! O Seigneur Adonaïi! Je vais de votre humanité "à votre divinité, de votre divinité à votre humanité ; je vais et “je reviens. L'âme, dans sa contemplati: :, rencontre la divi- “’nité ineffable, qui porte en soi les trésors de richesse et de “science. © trésors impérissables ! O divinité, c'est en toi que “je puise les délices nourrissantes, et tout ce que je ne puis “pas dire! Je vois l'âme très précieuse de Jésus, avec toutes
“les vertus, tous les dons du Saint-Esprit, et l'oblation très
“sainte et sans tâche. Je vois ce corps, le prix de notre ré-
“ demption; je vois le sang où je puise le salut et la vie, et puis
“je vois ce que je ne puis pas dire. Voici vraiment, sous ces
“voiles, Celui qu'adorent les Dominations, devant qui trem-
“blent les Esprits et les Puissances redoutables ” (%%),
c) L'Eucharistice sacrement d'union parfaite. — L'influence eucharistique sur la charité parfaite, si profonde soit-elle par les sublimes leçons d'amour de Dieu et des hommes que met sous nos yeux Jésus-[Hostie, et par la manifestation éclatante des perfections de Dieu et de son Fils bien-aimé dans cet adorable mystère, ne saurait cependant être comparée à l'influence du sacrement lui-même reçu fréquemment et avec ferveur. La source la plus féconde de l'union entre l'âme et Dieu par la charité est la communion; cette union est l'effet propre du banquet divin. Selon saint Thomas, si l'Eucharistie augmente en nous la grace et la vie spirituelle, purifie l'âme de ses souillures, la remplit de joies délicieuses et de saints désirs, donne des forces contre les tentations et le démon, exerce son action sur le corps lui-mème en diminue les ardeurs et les convoitises coupables, c'est afin de rendre l'homme parfait dans tout son être, et de le préparer ainsi à son union avec Dieu par le pur amour... ‘ L'ardeur de “l'amour, voilà surtout le grand effet de la communion. ‘‘ Par ce qu'elle fait aimer, l'homme devient plus parfait, et il ‘ne veut être plus parfait que pour aimer davantage ” (%°*),
Nous avons déjà exposé en quelques pages, dans notre pre-
(#) Sainte Angèle de Foligno, Visions ct instructions.
(%*) Monsabré: conf. La communion.
nuere lettre nastorale sur l'Eucharistice, les effets du sacrement d'amour sur l'augmentation de la grace sanctifiante et la croissance des vertus surnaturelles dans nos âmes, nous y avons parlé de l'union mystérieuse qu'il établit entre Dieu et nous et des joies suaves que souvent il répand dans le coeur de ceux qui le reçoivent avec une grande ferveur, Il nous faut revenir sur ces hautes pensées, leur donner plus de développement et compléter ainsi notre essai d'une synthèse de fa théologie eucharistique, Comme nous l'avons fait précédemment, nous défiant à bon droit de notre peu de lumière en ces matières difficiles, nous demanderons aux auteurs qui les ont traitées avec plus d'ampleur et de sûreté doctrinale, de nous guider et de nous fournir les dernier matériaux nécessaires à l'achévement du modeste édifice que nous avons voulu élever à la gloire de Dieu de l'Eucharistie, en reconnaissance du bienfait, grand entre tous, de notre vocation sacerdotale,
Celui qui mange ma chair et boit mon sang”, a dit Jésus, ‘ demeure en moi et moi en lui” (%%%). Mais “ Dieu est cha- ‘rité (5%), Demeurer dans le Christ par la communion, c'est donc, ètre uni à Dieu par les liens de l'amour ; c'est aussi vivre de la vie de charité que le Christ Jésus possède dans sa plénitude, et qu'il nous infuse dans la mesure même de notre union avec lui par l'amour, comme la nourriture transmet au corps ses propriétés vitales comme la vigne communique aux sarments sa sève et sa fécondité: “ Ma chair est vraiment une “nourriture et mon sang un breuvage (#57) ; “Moi, je suis la
6%) Jean vi, 5 (PT Jean, iv, 18,116,
Een LE 56
“vigne et vous les sarments ” (***), Mais la charité du Christ
est toujours agissante : * Mon Père agit sans cesse, et moi j'agis
“aussi” (%%), Une fois qu'elle s'est emparée d'une âme, elle la presse, comme celle de l'apôtre saint Paul (*°), de se donner à Dieu et au prochain par amour pour Dieu; elle la pousse à la pratique de toutes les vertus: * Jésus-Christ met en mou- ‘ vement dans l'âme toutes les vertus et les dons de l'Esprit et “en fait exercer les actes avec une grande joie ” (#1). “La sainte Eucharistie est le plus admirable comme le plus ‘auguste des sacrements.., Les autres sacrements commencent l'oeuvre de notre union avec Dieu, mais l'Eucharistie l'achève. Les autres sacrements nous * donnent la grâce, mais l'Eucharistie nous unit à l'Auteur méme de la grâce. Dans son union avec le Verbe, qui est esprit et vie, la chair du Sauveur contracte une vertu merveilleuse qui nous change en d'autres hommes: terrestres et charnels par l'origine, nous devenons spirituels et célestes par la gräce de la communion... Le corps du Christ augmente dans "nos âmes les richesses de la grâce, 2n y affermissant le goût des choses spirituelles, et en y rendant plus vives les flammes de la charité. De mème qu'une nourriture généreuse donne de l'éclat au sang et fait fleurir la santé, ainsi le divin aliment de l'Eucharistie excite en nous une faim spirituelle qui
renait sans cesse pour être sans cesse apaisée, ct qui nous
(%) Jean, XV, 5. (**) Jean, v, 17.