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(FIN COÏI0SSS 1F 1€ CHAN Ephes 1H; 018;
(=) V. Jean. XNI, 1.
“ répandu pour un grand nombre en rémission des péchés ”(%*). L'Homme-Dieu venait de perpétuer à travers les siècles et le monde le sacrifice de son corps et de son sang adorables ; entrainé par le poids de son amour pour ses irères selon la chair. il venait de s'enchainer pour toujours au sacrement de nos autels et cela sans s'arrêter à la vision très claire des trahisons, de: blasphèmes, des outrages. des sacrilèges, des läches abandons, ou du moins des froideurs, des indifférences du plus grand nombre. Il n'était pas possible, mème pour un Dieu, de pousser plus loin la manifestation de son amour. “On a dit qu'une mère voudrait s'identifier avec son “ enfant, briser l'enveloppe des sens pour passer à l'union des “ âimes, fondre en elle-même l'objet de sa tendresse, s'en nour- “ rir et en vivre, et à son tour le nourrir de sa propre substance, “ Je faire respirer de son souffle, le faire vivre de son sang, de “ son àme, de sa vie: voilà le plus beau rêve du coeur d'une “mère ! Mais ce n'est qu'un rêve; pour Jésus seul, c'est une “ grande et magnifique réalité. car son sang est véritablement * un breuvage, et sa chair une nourriture d'amour. Par l'Eu- “ charistie, il demeure en nous et nous en lui; il vit en nous, * agit par nous, et nous vivons en lui et agissons par lui” (*).
A cette belle page, empruntée aux oeuvres pastorales de
Mgr Thomas, cardinal archevèque «ie Rouen, nous ajouterons
les paroles éloquentes par lesquelles un orateur de Notre-Dame de Paris semble avoir résumé tout ce que l'on peut dire de touchant sur le raystère d'amour que recèle la divine Eucharistie :
(*) S. Maith., XXVI, #6, 28.
(*) Mgr Thomas, Mandement sur te culte de l'Eucharistie.
L'amour veut donner toujours, et quand il n'a plus rien à : donner, rien si ce n'est lui, alors il fait son dernier don, il ‘meurt pour se donner une dernière fois... Comment se donner encore? Bethléem et Jérusalem, la crèche et le calvaire ‘ont épuisé dans l'amour même la puissance de se donner, la
divinité étant donnée, l'humanité étant donnée, tout était : donné! Oui, mais qui se donne bien une fois, qui se donne
totalement une fois, s’il aime véritablement, garde encore une ‘passion, la passion de se donner un million de fois... l'am- ‘bition de perpétuer, d'étendre partout le don de soi poussé jusqu'à l'immolation de soi. Donc une seule ressource res- “tait à l'amour divia pour se donner encore; c'était de perpé- “tuer ces deux dons dans un seul; c'était enfin de doter, avant de mourir, l'humanité entière de la perpétuité de l'un et de ‘l'autre... Le mystère des mystères, le voilà; la donation des * donations, la voilà ; l'amour qui se donne non à une heure, + mais à toutes les heures ; non à l'humanité en général, mais à tout homme en particulier; non en demeurant prés de nous, en dehors de nous, séparé de nous, mais en entrant en nous, en s'unissant à nous, en s'identifiant à nous par une sorte de consubstantialité entre lui-mème et nous ; si bien que sa vie et notre vie ne soient pas deux vies, mais une seule vie...
Voilà l'amour qui se donne, et qui, cette fois, épuise, au dehors, sa puissance de se donner, comme il épuise au sein de la divinité la puissance d'aimer; l'amour enfin donnant ‘ dans un seul don, qui ne finira jamais que pour recommencer “toujours, tout ce qui peut être donné: le créé et l'incréé, le
“ fini et l'infini, tout ce qui est de l'homme et tout ce qui est de
“ Dieu donné à tous et à jamais ” (**).
(“) Le Père Félix, Conf. de Notre-Dame de Paris.
Sainte Madeleine de Pazzi, transportée hors d'elle-mème à la vue de cet amour incommensurable que Dieu a témoigné aux hommes en instituant l'Eucharistie, ne pouvait que s'écrier
+ O amour non aimé ! O amour non aimé ! ”
LB) L'Eucharistie est riche des promesses du temps ct de l'éternité. — L'espérance chrétienne, fondée sur la bonté de Dieu envers nous, sur sa bienveillance à nous communiquer tous les biens, trouve encore son appui dans le secours de la puissance protectrice de Dieu, dans les promesses qu'il a faites avec serment de nous donner la vie éternelle si nous sommes fidèles aux grâces qu'il accorde infailliblement quand nous les lui demandons avec humilité, confiance et persévérance DE “+ C'est une tour très forte que le nom du Seigneur ", lisonsnous au livre des Proverbes, ‘le juste y courra et il sera sauvé" (%), “En Dieu est mon salut et ma gloire ”; disait le prophète royal, “ il est le Dieu de mon espérance et ion es- “ pérance est en Dieu. Espérez en lui, vous qui êtes son peuple “ répandez devant lui vos coeurs: Dieu est notre aide pour l'é- “ ternité ” (%*). Saint Paul loue Abraham, le père des croyants, de ce que “il n'hésita point en défiance de la promesse de “ Dieu... pleinement assuré que tout ce qu'il a promis il est “ puissant pour le faire” (®°). © En réalité, en vérité, je vous
“Je dis.” rous déclare Notre-Seigneur, “ si quelqu'un garde
() V. Concile de Trente, sess, VI, Ch. 13.
(®) Prov. XVI, 10.
(®). Ps. LXI, 8, 9.
(®) Rom. iv, 20, 21.
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‘ina parole, il ne verra jamais la mort" (1). Quiconque ‘ demande, reçoit; et qui cherche, trouve; et à qui frappe, i! "sera ouvert... Ni vous qui êtes mauvais, vous savez donner ‘de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Pere, qni ‘est dans les cieux, donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui ‘les lui demandent (2).
Les promesses de Dieu annonçant les secours du temps et la récompense éternelle, si multipliées soient-elles dans le: pages de l'Ancien et du Nouveau Testament, semblent <e grouper toutes autour de l'Eucharistie; elles v prennent un caractère de précision et d'universalité qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Pour nous en convaincre, nous n'avons qu'à relire attentivement Je chapitre VI de l'Evangile selon sant Jean, où l'apotre raconte la promesse de l'institution, et les chapitres, plus beaux encore et d'une doctrine plus complète, qui renferment le discours et la prière de Notre- Seigneur après la Cène (7%), Jésus y promet, avec des serments réitérés, la vie éternelle de l'ame et la résurrection glorieuse du corps, la présence amoureuse et agissante des trois personnes de l'auguste et adorable Trinité, l'abondance de la lumière et de
la grâce, la fécondité de: oeuvres: il s'engage à présenter à
Dieu son Père nos prières, à les faire exaucer, à exécuter lui-
méme nos demandes, il prédit des tristesses, des larmes, des persécutions, mais invite à la confiance et nous assure, si nous le voulons, le triomphe final.
“ Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle,
(") Jean, vit, 51.
€%) Matth. VIT, S, 11.
(%) Jean, ch. VI, XIV, XV, XVI, XVIL
‘et je le ressusciterai au dermier jour ” (**), Celui qui m'ai- ‘me, mon Père l'aimera... et nous viendrons à lui, et nous “ferons notre demeure en lui” (*®). “ Je prierai mon Père, “et il vous donnera le Paraclet pour demeurer avec vous tou- “jours; ce sera l'esprit de vérité, que le monde ne connaît ni “ne peut recevoir... Et cet Esprit consolateur que mon Père "vous enverra en mon nom, vous apprendra touies choses ” (%#), “ Moi, je suis la vigne, et vous êtes les sarments. Celui “qui demeure en moi et moi en lui portera beaucoup de fruit... “ En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous demandez quelque- “chose à mon Père en mon nom, il vous l’accordera ” (). * Quelque :hose que vous demandiez à mon Père en mon nom, “je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils” (*).
“Que votre coeur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu,
‘croyez aussi en moi.. Quand je m'en serai allé, et que je vous ‘aurai préparé un lieu, je reviendrai, et je vous prendrai avec “ moi, afin que là où je suis, vous soyez aussi ” (*). ‘ En “vérité, en vérité, je vous le dis, vous gémirez et vous pleure- “rez, vous, mais le monde se réjouira; vous serez tristes, mais “votre tristesse se changera en joie... Dans le monde, vous “aurez des tribulations, mais ayez confiance, j'ai vaincu le ‘monde ”” (‘’), ‘ i'ere saint, conservez en votre nom ceux
(*“) Jean, vi, 55.
Idem, X1v, 23.
Idem, XIV, 17, 2 Idem, XV, XVI, 2 Idem, XIV, 13.
Idem, XIV, 1, 3.
Idem, XVI, 20, 33.
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“que vous m'avez donnés, afin qu'ils soient une seule chose ‘comme nous... Je ne vous demande point que vous les otiez “du monde, mais que vous les gardiez du mal... Sanctifiez- “les dans la vérité... Mon Père, je veux que là où je suis, ‘ceux que vous m'avez donnés soient aussi avec moi” (%1).
Ces solennelles promesses de tous les biens que nous pouvons désirer, biens du temps, biens de l'éternité, le divin Sauveur les a scellees par Île gage ie plus certain qu'il pouvait nous offrir, par le don de lui-mème, don infini, qui est ‘une prise en possession partielle avant la possession défi- “nitive ” de Dieu dans la gloire, et qui confère à celui qui le reçoit dignement et le retient en lui ‘le droit rigoureux de posséder un jour le tout lui-mème, ?
L'Fucharistie en effet, * donne Dieu, elle est Dieu passé en “ don, Dieu et son essence divine, et ses trois personnes adora- “bles; Dieu et l'humanité qu'il a épousée inséparablement ; “elle ne contient pas moins que Dieu ni en valeur, ni en digni- ‘té, ni en puissance, ni en amour ; elle n'est ni une diminution “ni une division, ni une part de la divinité; elle donne la divi- “nite meme... Dès maintenant, quelle sécurité pour l'avenir! * Que l'espérance unit intimement le temps à l'éternité, la terre “au ciel. quand elle s'appuie sur ce gage de l'Eucharistie ! “ Que je sois encore ballotté sur les flots orageux de cette vie, “ou que j'aie touché déjà le port, au point de vue de la sécu-
“rité, c'est tout un: jetée dans le sacrement, l'ancre de mon
“espérance est inébranlabie, car, enfin, j'ai Dieu, je possède
“ Dieu; Dieu est ici-bas ma part et mon héritage, comme il le
sera auiciel (52),
(MJenan-SFir 11/45, 17 24
(*) Père Tesnières, Somme de la prédication eucharistique.
Que de choses magnifiques et utiles à l'ame nous pourrions ajouter sur le gage de gloire future attaché par Dieu au sacrifice de la messe, et au sacrement de nos autels ! Mais plusieurs de ces pensées chrétiennes ont dé} été développées dans nos lettres pastorales de l'an dernier C'est pourquo nous nous bornerons ici à quelques réflexions pietises propres à relever le courage ct à fortifier l'espérance des pécheurs, de ceux qui sont tentés, des pauvres, des désillusionnés de la vie, des malades et des moribonds. \ ces âmes errantes, faibles, tristes ou inquiètes, Jésus-Hostie ne cesse de répéter, plus qu'aux autres encore, l'invitation pressante de son divin coeur : “ Venez à moi, vous qui prenez de la peine et “qui êtes chargés, et je vous soulagerai” (S3). Les biens surnaturels, il les promet à tous, sans autre condition que celle de les lui demander avec une confiance persévérante ; les biens du temps leur seront aussi accordés, si ces biens ne doivent pas être un obstacle aux desseins d'amour et de misericorde de Dieu; les maux et les épreuves, l'Eucharistie les écartera, ou, ce qui est mieux encore, elle donnera le courage de les supporter chrétiennement, d'en faire des sources fécon-
des de mérites et de récompenses éternelles.
a) L'Eucharistie, cspérance du pécheur. — Le fidèle en état de péché mortel ne peut communier sans commettre un horrible sacrilège ; il mangerait alors et boirait son propre jugement (**). Le sacrement de l'Eucharistie est un sacrement
des vivants, le pécheur est au rang des morts ; il est le banquet
(“) Matth., 1x, 28.
CVS CORS-XE 29
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