‹ Lettre pastorale de Monseigneur Jacques Rogers, évêque de Chatham [microforme]Chapitre 3 sur 17 · LE · texte numérisé non relu

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Mais l’état religieux mixte est la condition exceptionnelle, non pas normale, de la Société Chrétienne. Ce n’est pas un sujet de satisfaction mais de regret que les Chrétiens saient ainsi divisés en tant de differentes sectes contradictoires. Ce n’est certainement pas la volonté de Jésus-Christ, l’Auteur et le Fondateur de la Religion Chrétienne, que son peuple soit divisé et séparé en doctrine et en communion. La

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ciples une leçon solennelle d'Union. Levan au ciel, il dit: “ Mon Père, i’heure est venue: glorifiez votre Fils afin qu’il vous glorifie. * * * J'ai manifesté votre nom aux hommes que vous m'avez donnés en les séparant du monde. * * Parce que je leur ai donné les paroles que vous m'avez données, et ils les ont reçues. * * * C’est pour eux que je prie: je ne prie point pour le monde, mais pour ceux que vous m'avez donnés ; afin qu'ils soient UN comme nous. * * * Je leur ai donné votre parole, et le monde les a haïs parce qu’ils ne sont point du monde. Je ne demande point que vous les Ôtiez du monde, mais que vous ies gardiez du mal. ** Sanctifiez-les dans la vérité. Comme vous m'avez envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même ; afin qu’ils soient eux aussi sanctifiés dans la vérité. Et je ne ‘prie pas pour eux seulement, mais encore pour ceux qui par leur parole, croiront en moi, afin qu'ils soient tous un, comme vous, Mon Père êtes en moi, et moi en vous, afin qu'ils soient eux aussi un en nous ! ” (Jean XVII.)

De ceci il est évident que les divisions et les enseignements contraditoires dans la Foi et la Morale ne sont pas la condition normale de la Société Chrétienne. Ce n’est pas là cette union pour laquelle son Divin Auteur pria à haute voix en présence de ses Apôtres cette nuit très-Solennelle quand il institua le sacrement de son Corps et de son Sang, comme un dernier testament de son amour, un lieu de Sainte

Communion qui les tiendrait unis à lui, qui conti-

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nuerait à ‘“ annoncer la mort du Seigneur ” ( 1 Cor. XI. 26.), jusqu’à sa seconde venue pour juger le monde, et conserver la même union essentielle parmi Tous les chrétiens ; car dans les paroles de sa prière solennelle déjà citée, il demanda cette union, non-seulement pour les Apôtres ‘“ mais encore pour tous ceux qui par leur parole croiraient en lui, afin que tous ils ne fussent qu’un.”

A l'époque de la prétendue Réforme, l'unité de doctrine et de communion fut détruite; et les chefs de ce mouvement, sommés de rendre compte au Premier Pasteur de l'Eglise de leurs erreurs dans ladoctrine et de leur schisme, en appelèrent à un Concile Général. Un Concile Général fut dûment convoqué par le Pape alors régnant, et, afin qu’il n’y eût aucune possibilité pour le concile, de manquerde liberté pour délibérer et pour examiner à fond les matières qui devaient être discutées, non pas Rome, mais Trente, une ville comparativement petite et tranquille du Tyrol, fut choisie pour le lieu de l'assemblée du concile. Le concile commença ses séances en 1545 et continua ses délibérations durant 18 ans, sous trois Papes consécutifs jusqu’a 1563—les séances étant nécessairement ajournées de temps à autre, afin de donner le temps d'étudier et d'approfondir les matières soumises à la considération. Ce concile, le 18me Concile Général, et le dernier qui a été tenu est un des plus importants depuis le premier concile, tenu par les Apôtres à Jérusalem ou du moins, depuis le Concile de Nice en l'an 325, qui condamna l’hérésie des Ariens et revendiqua la Divinité de Jésus-Christ Notre-Seigneur.

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Le concile de Trente examina toutes les doctrines attaquées par les Auteurs de la Réforme, en un mot, le champ entier de controverse religieuse; et ses nombreux Canons sur des matières de foi et de morale, aussi bien que de discipline, forment un exposé admirable, clair, concis et renfermant la doctrine catholique. S'il n’a pas ramené à l'Unité Catholique tous ceux qui. étaient tombés dans l’erreur, du moins il a efficacement arrêté le progrès de la Réforme Protestante, et en même temps effeciué plusieurs réformes réelles et salutaires en discipline et en morale dans le sein de l’Eglise—deux objets pour lesquels il fut réuni.

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