‹ Lettre pastorale de nos seigneurs les archevêques et évêques des provinces ecclésiastiques de Québec, de Montréal et d'Ottawa, sur l'éducation [microforme]Chapitre 19 sur 26 · Bref Plane quidem · texte numérisé non relu

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autant que le comportait leur époque, et il en est même parmi eux dont le talent et la culture ne le cèdent guère aux plus hautes célébrités

grecques et romaines. C’est à l'Église que le monde doit ce bienfait inestimable : la conser-

vation presque intégrale des ouvrages des anciens poètes, orateurs et historiens de la Grèce et de Rome. Et, chose bien connue, alors que par toute l'Europe, les belles-lettres, abandonnées, négligées, où en quelque sorte étouffées par le bruit des armes, allaient tomber dans l’oubli, seuls, au milieu de cette bruyante barbarie, les moines ct le clergé leur ouvrirent un asile...Dans la longue série des Souverains Pontifes, pourrait-on en trouver un seul qui n'ait rendu quelque service à la cause des lettres? Grâce à leur sollicitude et à leur-munificence, des écoles et des collèges ont surgi et ouvert leurs portes à la

l\cunesse studieuse ; des bibliothèques ont été

ilées pour alimenter les études ; les Évêques, sur leurs demandes, ont créé dans leurs diocèses, les cercles littéraires ; les savants et les érudits

mont 6t6 comblés de faveurs et encouragés dans

leurs travaux par de gloricuses récompenses.”

Ce n’est pas seulement dans la sphère des Bhautes études cet des sciences les plus élevées

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que l’Église catholique a joué un rôle prépon-

dérant ; son action dans l’éducation populaire E

n’a été ni moins visible, ni moins réelle, ni moins bienfaisante. N’eût-elle fait qu’apprendre aux peuples les doctrines de la foi, les préceptes de la morale et les devoirs de la vie, ce serait déjà une œuvre éminemment civilisatrice. Mais l’histoire de toutes les époques nous la fait

voir, en outre, se mêlant au mouvement général

de la société, adoucissant les mœurs des barbares, organisant des écoles soit dans les évêchés et les cloîtres, soit dans les bourgs et les campagnes, ! créant même, pour répondre aux besoins d’instruction plus nombreux et plus pressants de l’époque moderne, d'admirables congrégations d’instituteurs et d’institutrices spécialement chargées de répandre dans le peuple les notions les plus nécessaires au travail et au gouvernement de la vie.

Cette influence de l'Église sur l'éducation nationale, et par suite sur le progrès social, est particulièrement visible et singulièrement remarquable dans les annales du peuple canadien, Qui pourrait l’ignorer ? C’est au zèle et à la charité des fils de saint François comme de ceux de saint Ignace, c’est au dévouement sans bornes des filles de la Vénérable Mère Marie de

1 Rohrbacher, XI, 278 ; XVI, 53.

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lPIncarnation comme de celles de la Vénérable Mère Marguerite Bourgeoys, c’est à la science et aux vertus des disciples de M. Olier, comme aussi aux héritiers de la foi, du courage et du désintéressement du Vénérable François de Laval, que notre peuple doit sa formation première. cette forte éducation qui non seulement l’a fait ce qu’il est, c’est-à-dire un peuple religieux et foncièrement chrétien, mais encore lui a conservé, par une instruction solide, éclairée et patriotique, ga langue, sec traditions, son amour des choses de l’esprit, son attachement invincible à sa nationalité. Cette action bienfaisante et illuminatrice de l’Église n’a fait que grandir avec le développement de notre société, grâce au concours puissant de congrégations religieuses d’origine récente, et l’on peut dire qu’elle a été comme l’arche tutélaire et directrice de nos destinées. Malheur à qui, par une erreur fatale ou une odieuse ingratitude, oserait aujourd’hui y porter atteinte et lever sur ce palladium religieux et national une main téméraire ! C’en serait fait de la gloire et de l'avenir de notre race.

Suivant la sage recommandation des Pères du Troisième Concile Provincial de Québec, ne permettez jamais à vos enfants de fréquenter “ des institutions où l’on met de côté.les principes

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catholiques, si l’on ne fait pas profession de les combattre, et où, par conséquent, leur foi serait en péril......Le danger serait surtout imminent, si vous les placiez dans certaines maisons, qui, de l’aveu de tout le monde, n’ont été érigées que pour la perversion des catholiques. La prétendue charité qui leur ouvre de pareils asiles, où ils sont nourris, habillés et instruits gratuitement, n’a d'autre but que de leur ravir le don précieux de la foi. À quels jugements terribles s’exposeraient les parents coupables qyi y enverraient leurs enfants et qui oublieraient jusqu’à ce point leur devoir envers ceux dont lesalut éternel doit leur être si cher.”

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