BAL OU BAAL ÉGYPTIEN
Je vais maintenant examiner le mot oèri a\tfps, chef. Il n'est pas douteux que ce nom ne doive ressortir des phonétiques qui précèdent le personnage debout, tenant en main un long bâton, avec l'expression du commandement. L'hirondelle, la bouche, les trois petits traits du pluriel, déterminent le son, la forme, le sens du mot qui doit caractériser la condition de Y homme tenant un bâton, qui les suit. Tout cela disparait à nos yeux si on lit oèri dans ce groupe.
J'ai dit plus haut que le b donne également la valeur du v rendu par ou ot dans le copte moderne, et cela à cause de l'analogie qui existe entre le son de ces lettres. Dans les hiéroglyphes il ne faut pas abuser de cette liberté, et si le b convient bien dans le mot qu'on cherche à lire, il serait absurde de le convertir en une ou en plusieurs voyelles, comme on l'a fait malheureusement dans oèri, qui n'a aucun sens dans les langues sémitiques ni dans la langue de l'Egypte. Le protogrammate de Yhirondelle, béni &Ett5, est un b, et celui de la bouche, la A£, une L Ne voit-on pas maintenant jaillir de ces deux éléments le mot bel &ç>, ? Le voile une
fois levé, le mot cesse d'être obscur, et l'opinion que j'ai émise sur les Baals égyptiens se confirme de plus en plus. Le groupe hiéroglyphique au pluriel se lit ni-bel B5-&e> c'est-à-dire, les bels, ou bien les baals, si vous le préférez.
La racine bel 6e A est connue de tous ceux qui ont étudié le copte. Nous voyons dans les dictionnaires que bel, outre les significations que nous lui avons reconnues d'œiZ, de soleil et de seigneurie, signifie aussi interpréter, dissoudre. Or, il est certain que les bels cle l'inscription hiéroglyphique n'étaient pas de simples chefs, de simples seigneurs, mais qu'ils portaient le titre de bel parce qu'ils étaient revêtus de la dignité de maître ou d'interprète des lois, de magistrat législateur. Si les bels sont ici les juges, les magistrats, les hommes enfin auxquels était confiée l'administration des lois religieuses ou politiques, il faut reconnaître que le titre de bal, qui désigne Cambyse, doit être admis dans toute sa valeur pour autocrate, ou législateur indépendant et absolu. En effet, dans l'inscription en l'honneur de Cambyse, bal précède les mots neb en-kah-nib, ou seigneur de la terre entière, et porte l'épithète de grand, de suprême.
Que bel signifie législateur et interprète des lois, cela est clairement démontré par les hiéroglyphes mêmes qui le composent. Est-ce que béni &£tts (hirondelle), qui renferme selon moi l'expression morale de fds ou fille, et le mot la ?\& (bouche et porte), qui est représenté par la bouche ouverte hiéroglyphique, est-ce que, je le répète, ces deux signes phonétiques n'offrent pas à notre intelligence le fils de la parole, ou mieux encore, le porteur de la parole ? Il est donc évident que les prêtres égyptiens choisirent pour former ce mot bel, parmi nombre d'homophones, Y hirondelle et la bouche, parce que ces images réunies donnaient aux spec-
ta leurs l'idée du bel tel qu'ils le concevaient, c'est-à-dire, de fils de la bouche ouverte, ce qui signifiait le droit acquis de résoudre les questions, d'interpréter les lois.
La coutume d'ouvrir la bouche à quelqu'un pour l'autoriser à parler est venue des Egyptiens jusqu'à nous. Personne n'ignore que le pontife suprême, après avoir créé un cardinal, lui ouvre la bouche; cérémonie qui signifie que le nouvel élu peut désormais prendre la parole dans les conseils de l'Eglise.
C'est de cette manière seulement qu'il faut lire les noms phonétiques que renferment les textes égyptiens, si l'on veut parvenir à découvrir le sens que les prêtres y ont caché. On apprendra ainsi à connaître les différentes charges sacerdotales que les prêtres du Nil ont exercées, et le voile qui couvre l'histoire se soulèvera peu à peu. La lecture d'un nom phonétique de roi, de prêtre ou d'homme d'état, est chose facile de nos jours ; mais il est important de porter la lumière dans les ténèbres épaisses qui nous dérobent entièrement les objets dont les Egyptiens firent choix pour représenter les noms royaux, les noms et les titres des personnages illustres et puissants. Je me suis efforcé dans mes ouvrages d'en découvrir quelques-uns. Arrêtons-nous ici, et cherchons à déchiffrer d'autres groupes.
ALP OU ALPE, PORTE-ENSEIGNE ÉGYPTIEN. — BAHM, RACINE TIREE DE L'OEIL HIÉROGLYPHIQUE.
Ce groupe, qui parait être un titre militaire, est
composé des trois caractères rpé. Que peut signifier
* ce mot barbare? Je suppose que vous l'ignorez,
Monsieur, ainsi que tous ceux qui l'ont rencontré. Permettez-moi pourtant de soumettre à votre examen une explication qui me parait, sinon meilleure, au moins plus raisonnable que celle qui a été déjà acceptée. Bien qu'il soit possible d'entrevoir dans rpé la racine sémitique rafâ «i,, élever, un titre d'éminence, je ne partage cependant pas cette opinion, parce que ce titre vague ne caractérise point la qualité de l'emploi militaire dont il s'agit. Je crois que la bouche ouverte est placée au-dessus des autres signes par respect pour la noblesse de ce trait du visage humain, de même que le soleil, par respect pour sa divinité, occupe dans les cartouches royaux la première place, et cela lors même qu'en tant que lettre ou syllabe il ne doit être prononcé qu'à la fin du nom. Or, à mon avis, ce groupe servant à rendre un titre militaire doit être lu alp £?\TT , qui nous présente non-seulement le alph tpN de la Bible, titre militaire, mais vient constater aussi la haute antiquité des noms étrusques, grecs et-Tomains, tels quo Alpnou, Alphé, Alphen, etc. Toutefois, cela ne suffit pas à l'intelligence complète de ce titre. Aleph signifie premier, chef d'armée, et on peut le rapporter à un capitaine, à un général en chef. Cherchons cependant un tilre moins élevé. Le mot alp, très-ancien, est venu heureusement jusqu'à nous qui en connaissons la valeur. On ignore par quelle vicissitude il est passé de l'Orient ou de l'Egypte en Italie, mais il semble évident que l'italien alfiere, ou le porte-enseigne, tire de là son origine. 11 faut en conclure que probablement le alp égyptien avait dans la milice la signification d'enseigne.
En second lieu, quant à sa valeur générale de premier, de suprême, de directeur ou de maître en chef, elle peut être appliquée, sans contredit, au rang d'un grand personnage,
d'un roi, d'une reine, aussi bien qu'à celui d'un dieu ou d'une déesse.
Il est quelques personnes scrupuleuses qui se refusent à intervertir les signes pour les lire, malgré l'évidence des nombreux exemples qui semblent les y autoriser. Ces savants ne voudront sans doute pas admettre la transposition du phonétique dans alp. Je ne prétends pas leur imposer cette lecture, et je les engage à suivre l'ordre hiéroglyphique tel qu'il nous est présenté dans ce groupe, pourvu qu'au lieu de lire erpé, ils veuillent prononcer alpé ou elpé. De cette manière, la forme du nom et sa valeur intrinsèque ne subiront aucun changement, et les deux opinions, loin de se détruire, demeureront en parfait accord.
Revenons maintenant aux exemples de Y œil hiéroglyphique. Nous avons vu d'abord que Y œil [iri) employé comme verbe (faire) ne justifiait pas complètement les légendes sacrées. Or, voilà M. Champollion qui, dans une circonstance défavorable à son système, a senti le besoin de changer iri sa, 5p\ en meïo ueso, contempler, à cause /*WAd'un mi m hiéroglyphique qui renferme Yœil et qui troublait le savant philologue dans ses recherches. Il nous a donné la légende ainsi traduite :
tfWrp S^X/r^p^ ^HT B^pH U5-ES <TEK**E\0
*5tf TTÏÏ.
0 dieux grands qui résidez dans Derry, venez, contemplez cet
édifice !
Cetle invocation est, en effet, assez engageante; maisne serait-il pas plus raisonnable de prier les dieux d'honorer et de protéger cet édifice par leur présence divine x
que de les inviter à le contempler et à l'admirer? C'est ainsi que le roi Salomon suppliait le Dieu d'Israël, sous son nom tétragrammatique représenté par les deux fameuses colonnes Jakin et Baoz (XXXV), de remplir de sa gloire la grandeur et la magnificence du temple de Sioru Eli bien ! si nous lisons Y œil, bah, et si nous y ajoutons le m qui l'entoure, nous obtiendrons alors avec la racine bahm ovbs rs le verbe protéger, qui nous permet de compléter le sens du tableau hiéroglyphique de Derry (1).
Tout cela, Monsieur, peut suffire pour le moment à l'évidence de mon thème et des conclusions que j'en déduis, c'est-à-dire, que pour obtenir de bons résultats dans la lecture des légendes hiéroglyphiques, on ne doit pas constamment nommer Y œil \p\ iri, et ne lui donner que le sens de faire, mais qu'il faut lui appliquer tous les noms que la langue égyptienne lui fournit, pour acquérir tous les verbes qui se rattachent à ces noms, et qui peuvent nous aider à découvrir le sens caché des inscriptions hiéroglyphiques.
BELfHON, AHMOUE, ELMOUE, NEBOOU, NOMS DU SPHINX. — OMPHALE, FEMME d' HERCULE. — ROI NECTANEBE.
Reprenons notre sujet, que nous avons interrompu par une digression fort utile à nos recherches. Il a été question plus haut des deux yeux divins sous le rapport des symboles qu'ils renfermaient en Egypte, c'est-à-dire, de la lumière et de la chaleur physique et morale du dieu Soleil. Nous allons chercher maintenant, parmi les monuments du Nil, s'il en
(1) Grammaire égyptienne, p. 184.
a jamais existé quelques-uns sur lesquels l'opposition allégorique des deux yeux ait été voilée sous la représentation matérielle d'un objet.
J'ai prouvé dans mes Paralipomènes que, d'après le témoignage de la Bible, les deux yeux symboliques cachaient le nom tétragrammatique de Moïse, ou bien que le tétragrammate était représenté par deux yeux. Les Egyptiens, qui, de temps immémorial, adoptèrent plusieurs institutions Israélites, durent sans contredit chercher à figurer leur tétragrammate Rèpo par une représentation sensible et capable de contenir à la fois l'expression morale des deux yeux tétragrammatiques. En effet, selon mes conjectures, ils ont représenté leur Répo de plusieurs manières, toutes différentes les unes des autres, parmi lesquelles il faut admettre la figure allégorique du sphinx, ainsi que nous l'atteste l'opposition des deux natures, qui se rapportait aux yeux tétragrammatiques. Mais comment peut-on s'en convaincre, me direz-vous, Monsieur, puisque le nom de ce monstre fabuleux nous est inconnu? L'a-t-on jamais lu? L'a-t-on jamais aperçu parmi les hiéroglyphes, sur les monuments égyptiens ? Pas encore ; cela est vrai. Je vais pourtant essayer de vous donner la clef de ce mystère.
Je lis dans les dictionnaires coptes que belthon 6e?vTOUN signifie lion féroce. Cela est trop dire d'une part et ne rien dire de l'autre. Le lion se trouve sans doute dans on a\N, qui est Y œil mâle de la terreur et qui est aussi le nom de la divinité solaire dominatrice dans le Cancer ; mais le mot belthon n'exprime pas la férocité. Dans belt &b?vt, œil femelle, première partie du nom belthon 6EA<T-2am7 nous voyons au contraire le symbole de la douceur et de la clémence. La Bible nous fournit le Beit-oby et ce mot m'a été
d un grand secours pour expliquer l'un des douze Baals du papyrus obscène de Turin (1).
La mythologie nous présente Omphale Ôpyâh) comme la femme d'Hercule. Ce nom oriental se décompose en on-balc rpiQ-JJ? qui, écrit en caractères coptes am-&&AH, nous ramène aux mêmes idées du belt-hon, si ce n'est qu'il y a transposition de mots dans les deux noms. Onbale, par conséquent, signifie la femme de On, c'est-à-dire Y œil femelle de l'œil mâle, qui est Hercule. Je dirai, pour me résumer, que les noms des deux yeux symboliques se rattachant au dualisme solaire ou à l'Etre divin, dispensateur de la vie et de la mort, composèrent en Egypte un mot qui exprimait le sphinx et déterminait son caractère allégorique.
Je vais maintenant proposer pour le sphinx égyptien un autre nom qui renfermait un sens identique à celui que nous avons indiqué plus haut.
Les noms des pierres précieuses qui composaient les Urim d'Aaron étaient sans doute symboliques, comme je l'ai prouvé dans mes ouvrages sur la Bible, et ils se rapportaient à la mysticité des douze parties du ciel. Je ferai remarquer ici qu'au signe du Sagittaire, oii réside le monstre à double nature d'homme et de bête, la pierre ahlamà îlobriN est enchâssée dans l'ornement sacerdotal. Or, si nous écrivons le mot hébreu en caractère copte, et si nous remplaçons l'article lamed hébraïque par le ni tt copte, particule grammaticale identique h l'autre, nous aurons l'expression sacrée égyptienne ah-nmoue z> vhoOYH qui renferme le sens de lune et de lionne, c'est-à-dire, d'homme et de lionne, parce que la lune, chez les anciens peuples,
(1) ParoMpowieni, ecc, part. Y.
étant du genre masculin, était plus fréquemment représentée sous la forme d'un mâle. On trouve donc dans ahmoue le principe mâle dominateur du principe femelle, ce qui est le contraire du belt-hon, dans lequel le principe femelle domine le mâle. L'opposition du cours solaire dans les cieux donna aux prêtres égyptiens le moyen de composer un tétragrammate avec les deux principes opposés, de leur attribuer le partage de la domination suprême et de les représenter par deux yeux, dont la dénomination nous rappelle le sphinx tantôt à tête de femme et à corps de lion par belthon, et tantôt à tête d'homme et à corps de lionne par ahmoue.
Les Arabes ont interprété d'une manière absurde le nom du sphinx, qu'ils appellent aujourd'hui aboul-houli J^t jjÎ, père de la terreur. Il est cependant possible de trouver dans ce nom, par le moyen d'une fine analyse, une certaine exactitude. En Arabie, la lionne s'appelle abi ^1, nom tiré du labi des Hébreux, et la nouvelle lune se dit hell Jj* ; ainsi, abi-hell pouvait être le nom arabe synonyme de Y ahmoue égyptien, avec cette différence pourtant que celui-ci signifie lune et lionne, et celui-là, au contraire, lionne et lune, comme le belthon. Ce furent les Mahométans, et non les anciens Arabes, qui, envisageant ce monstre avec crainte, au lieu de l'appeler abihelli J$*->t, changèrent ce nom en celui d' aboul-houli, père de V épouvante et de la terreur.
Quant au sphinx à tête de bélier, il pouvait être appelé êlmoue mA-uOyH^ c'est-à-dire bélier-lionne, attendu que le nom du bélierbw, qui a donné aux Hébreux le nom divin El, remonte à la plus haute antiquité. Les prêtres de la vallée du Nil l'ont conservé par ces lettres ma dans leur code sacré. Il est probable qu'un jour les archéologues trouveront quelque part en hiéroglyphes le nom de ce sphinx,
aussi bien que les deux autres dont nous avons parlé cidessus. Le sphinx renfermait le tétragrammate symbolique, le nom par excellence de la Divinité suprême représentée par les rois sur la terre, et Dupuis a eu tort de supposer que le sphinx n'était autre chose que le Lion et la Vierge du zodiaque. C'est ainsi que les érudits s'égarent parfois dans leurs recherches mythologiques.
Aux trois noms du sphinx déjà expliqués, j'en ajouterai un quatrième qui, n'ayant pas le caractère essentiel de l'opposition tétragrammatique, ne devrait pas entrer dans la série des autres. Cependant, comme il nous donne un titre seigneurial qui convient par excellence au sphinx et qui n'a pas été compris par les archéologues, il est utile de l'expliquer, afin d'aider dans leurs recherches ceux qui se consacrent à l'analyse consciencieuse des mots et des phrases égyptiennes.
On a remarqué que le nom du roi Nectanèbe, en hiéroglyphes Nakhtnebf tf&ÎDTttEkq, est écrit tantôt avec la corbeille [neb ttH&, seigneur), tantôt avec le sphinx, et que dans la phrase neb cn-ninoutcr tfH& ftm-ttOYT p, seigneur des dieux, le mot seigneur est alternativement rendu dans les papyrus par la corbeille ou par le sphinx. On a voulu tirer de là cette conséquence, que le sphinx dans la langue sacrée avait la même signification et la même prononciation que la corbeille. Cette conclusion, à mon avis, est complètement fausse, et je vais vous le démontrer, Monsieur, en peu de mots.
D'abord, l'analyse au moyen de laquelle les savants ont prétendu expliquer le mot nakhtnebf par fort seigneur, ou victorieux seigneur, est inexacte, attendu qu'elle ne rend pas raison de tous les signes qui composent le nom du roi Née-
lanèbe. En écrivant ainsi ces hiéroglyphes à la manière copte s&ÎDttNHêoïoy mkkt-neb-oou (car le son du pticï q et celui duye or s'assimilent et se remplacent l'un l'autre), je parviens à découvrir que ce nom royal ne signifie pas seigneur victorieux, mais que son véritable sens est le fort du seigneur de la gloire, selon la forme orientale et biblique. Or, le seigneur de la gloire était très-bien représenté par le sphinx, qui par sa double nature réside au plus haut degré céleste dans le Cancer, demeure de la gloire divine, où le cours des yeux symboliques s'arrête, et où le soleil androgyne se féconde. Neb-oou NH^-atcvr, le seigneur de la gloire, est donc le nom appellatif par excellence du sphinx, dont les prêtres égyptiens se sont servis pour désigner d'une manière à la fois élevée et occulte leur tétragrammate, pour donner l'idée d'une divinité androgyne symbolisée par la double nature du sphinx, et qu'ils ont appliqué selon les circonstances qui devaient le rappeler au souvenir des hommes.
Je ne doute pas que cette idole n'ait passé jadis à Babylone : le dieu assyrien Nebo "QJ, dont le nom n'a aucun sens dans les langues sémitiques, ne s'explique-t-il pas à merveille par le neboou égyptien? Cette identité nous porte à penser que l'idole babylonienne Nebo était probablement un sphinx, et qu'elle exprimait aussi le seigneur de la gloire.
On voit clairement d'après ces considérations que la corbeille, qui signifie simplement seigneurie, n'est pas un homophone ou un équivalent du sphinx dont l'image détermine la seigneurie divine. Ainsi, le neb de la corbeille signifie seigneur ; le neb du sphinx, seigneur divin; et neb-oou joint à la corbeille, le trait droit et le serpent, tout en répétant l'exprès-
sion identique de seigneur de la gloire, détermine encore l'essence divine et révèle l'image adoptée par les prêtres comme symbole de la gloire de Dieu.
Par la même raison, le neb en-ninouter avec la corbeille signifie le seigneur des dieux, et avec le sphinx, le seigneur glorieux des divins.
C'est ainsi qu'il faut, à mon avis, scruter les hiéroglyphes pour parvenir à les expliquer. Un peu plus loin nous nous occuperons de nouveau du sphinx, et nous examinerons son nom sacré hiéroglyphique (XXXVIII).