HIÉROGLYPHES DU PRETENDU PSCHENT
M. Lepsius a publié un groupe hiéroglyphique qu'il donne, en y ajoutant l'article masculin p, tt, pour le nom du pschent d'Horapollon. Ce savant archéologue croit que ^^ .le mot pschent déterminait la partie du bonnet © $ jjJ sacerdotal , dont la forme se trouve à la suite A des phonétiques qui la désignent. Malgré cette
assertion, je persévère dans l'opinion que j'ai émise cidessus au sujet de cette coiffure. Les hiéroglyphes qui précèdent l'image d'un objet doivent à la vérité, selon la méthode égyptienne, rappeler par leur son ce même objet : mais il est facile de voir que le mot qui résulte de ce groupe n'est pas celui de pschent, ni même celui de pkhent que nous venons d'analyser (XXVIII). En effet, le groupe hiéroglyphique commence par un signe qui a la valeur de Ys ou simac, qui exerce une grande influence sur la détermination
du véritable sens du bonnet, et toutes les lettres réunies donnent le mot s-khent ci^Ett^.
Nous avons vu que hhent était un voile de tête; en faisant précéder ce mot du sima avec sa signification connue, ce qui se rattache, qui appartient, qui domine, qui maîtrise, nous voyons alors aisément que le skhent cIdent était la partie noble et extérieure, ou supérieure, de la coiffure sacerdotale, celle qui dominait le voile et symbolisait la haute Egypte, celle enfin que l'on voit peinte à la suite de ses phonétiques. Or, si nous plaçons en tête du mot l'article masculin p, ir, nous en formons le pskhent $x&t d'Horapollon, dont le son et l'orthographe représentent, tant bien que mal, le pskhent TïC'bEK'T égyptien.
Il est constaté par ce fait qu'Horapollon ne décrit que la partie extérieure du bonnet sacré, le skhent ; c'est-à-dire, d'après le groupe hiéroglyphique, celui qui pose sur le voile, et non pas la double coiffure tout entière qui, selon les observations précédentes, est nommée dans le texte sacré chnephet.
M. Champollion trouva d'abord parmi les hiéroglyphes le mot kalapht, indiquant le voile strié des momies. Si cela est vrai, comme je n'en doute point, ce serait une preuve de la variété des noms donnés à ce voile en Egypte ; mais le kalapht n'exclurait nullement le phent et le chnephet, tous deux tirés de la Bible. Plus loin, lorsque j'expliquerai les différents noms de la coiffure divine et royale, au sujet desquels j'essayerai de détruire une contradiction apparente (LYI, LVII), je reviendrai sur la question du voile sacerdotal, soit blanc, soit rayé, soit strié, en proposant aux archéologues l'analyse d'un nom qui, je l'espère, résoudra toutes les difficultés.