‹ Lettre sur l'interprétation des hiéroglyphes ÉgyptienChapitre 17 sur 39 · NOM HIÉROGLYPHIQUE DE LANNEE · texte numérisé non relu

NOM HIÉROGLYPHIQUE DE LANNEE

Nous n'avons traité jusqu'ici que de la basse et de la haute Egypte, du cours annuel du soleil et des symboles de l'année. Il nous reste à rechercher si les archéologues ont jamais reconnu parmi les emblèmes solaires ceux qui désignent la durée des quatre saisons, ceux du cours journalier du soleil, ceux de son lever et de son coucher. Je ne le crois pas, et je vais tâcher de le prouver.

Dès le commencement de mes études hiéroglyphiques, j'ai pensé que le groupe composé de la tige du palmier, du

(^ segment de sphère et du disque solaire, n'était pas le ^symbole de l'année appelée rompi pouin, mai& qu'il représentait trois phonétiques exprimant un mot tout différent de celui de rompi, que les égyptologues. ont bien voulu accepter.

Il y a plusieurs opinions sur les trois phonétiques dont ce groupe est formé, ainsi que sur la valeur du second et du troisième signe t et r, nrp. Le premier, qui n'a jamais été expliqué, peut être pris pour un kop K, attendu que les mots ktou scrox, tendre germe de plante; kach K&oi, roseau; kaph K5q , tronc, rameau; kaphadji K&c^&'xs , feuille de palmier; kros KpOC, crochet, ont pour initiale un kap K. Or, si nous lisons les trois signes K, n;, p, nous pouvons en former le mot kot-rè KOnrpH, dont les éléments kot KO"i, roue, et ré ptf , soleil, nous donnent, en les réunissant, la roue du soleil, le tour du soleil, le cours annuel du soleil, c'est-à-dire, X année.

Ainsi, toutes les fois que dans un groupe hiéroglyphique

nous voyons une tige comme signe abréviatif avec l'expression de l'année, il faut lire kotrè et non rompi, qui n'a jamais répondu en copte à la palme. Là donc où M. Lepsius se plaît à lire un nom de femme, dont le premier signe est une tige, par Rornpi-noufre , qu'il traduit selon sa fantaisie Bonnepalme, je préfère la légende de kot-noufre répondant au mot Ebrvxriç, Eulychès, qui en grec signifie Fortunée.

Le mot kotrè que nous venons de découvrir a été conservé par les Arabes; la racine katar Xè, donnant extension, limites, extrémités du ciel, nous rappelle par son sens l'idée de l'espace parcouru par le soleil dans le cours de l'année. Ce terme arabe, qui vient à l'appui de notre explication, nous autorise à penser qu'il serait plus raisonnable de lire kotrè et non rompi le groupe hiéroglyphique qui nous occupe. Celui-là est déchiffré, celui-ci est encore un secret pour nous.

HIÉROGLYPHES DU MOT JOUR. — L'ORTHOGRAPHE COPTE DE HOOU, DONNÉE POUR INDIQUER A LA FOIS LE JOUR ET LE MAL, EST FAUTIVE. — NOM DE LA CHOUETTE SYMBOLIQUE. — ARPE- DON APTES ÉGYPTIENS.

Un disque solaire seul, ou précédé d'un signe répondant au hori ^ des Coptes, était en Egypte l'expression du jour m • • Si, comme nous l'avons montré, le terme kotrè KO^pH indiquait la période ascendante et descendante suivie par le soleil dans les cercles, le mot hoour é zoonrpw devait déterminer exclusivement chez les Egyptiens un cercle du soleil. L'examen que je vais en faire, Monsieur, nous en offrira la preuve.

Les Arabes nous donnent la solution d'une question fort difficile au sujet de la dénomination égyptienne du jour. En copte, hoou ^ooy exprime à la fois \ejour et le mal: mais comment est-il possible que l'idée de la lumière, de la clarté céleste ait pu se rattacher dans l'esprit des peuples à l'expression du mal? L'examen de deux racines arabes nous fera comprendre cette anomalie.

En arabe, hava ^^ signifie décrire un cercle, d'où est venu sans doute le copte hoou ^oonr Jour. Par conséquent, hoou indique le cercle solaire, ou l'espace du temps diurne et nocturne employé par le soleil en décrivant apparemment un tour dans le ciel. En effet, parmi les signes du mot jour, nous avons vu le hori ^ suivi du disque solaire. Il est évident que ce disque n'est là que pour indiquer la durée du cercle représenté par le mot hoou.

Les mêmes consonnes arabes donnent, il est vrai, à la fois la description d'un cercle et le mal, ainsi que le mot hoou, chez les Coptes; mais il faut remarquer cette différence essentielle entre l'orthographe des deux mots arabes, que la première lettre de khava ^53^, mal, porte un point qui n'existe pas dans hava ^^ , décrire un cercle, et que ce point en change complètement la prononciation. Par ce moyen, les deux sens de cercle et de destruction ne sont jamais confondus en Arabie. Les Coptes auraient donc dû écrire le jour hoou ^00 y et le mal khoou ÎDooy. Du reste, l'arabe khava ^^, destruction, mal, se retrouve également en copte sous la forme khoou ÎXuoy, qui exprime non le mal, mais ce qui est méchant, mauvais.

Le mot oua oy& qui, selon les dictionnaires, signifie un et blasphème, offre une semblable absurdité, et l'on ne saurait excuser la négligence des lexicographes, qui ont laissé

— ■ 78 — subsister cette confusion en mettant ces deux mots sous la même racine, au lieu de chercher à la faire disparaître en examinant leurs éléments. Dans oua oy£, un, il est évident que l'article ou oy, par suite de l'usage où sont les Coptes d'unir l'article au substantif, est resté joint au mot a, £, qui, étant aussi la première lettre alphabétique, servait dans l'origine et sert encore à déterminer l'unité ; oua oy-z> signifie donc en copte le- A, Vun, le "premier. Au contraire, dans oua oyb, blasphème, tout est radical. Les racines arabes aba j\ et bah *L>, qui conservent le sens de médisance, de détraclion, témoignent en faveur de mon opinion et la justifient.

J'ajouterai encore un exemple : sok cum signifie selon les dictionnaires tirer et aller. L'arabe va de nouveau nous aider à détruire cette contradiction : chok <jy^ en cette langue signifie tirer, et sok <j^, aller; on le voit, le copte sok CtttK est certainement parent de ces deux mots, mais au lieu de lui donner les deux significations qu'il réunit, il aurait fallu écrire c/io/sojuïk, tirer, et sok ca\K, aller; ce qui aurait fait disparaître toute confusion.

J'ai voulu, Monsieur, soumettre ces remarques à votre attention pour vous démontrer en quelque sorte la nécessité de rétablir la langue copte selon l'orthographe phénicienne, si l'on veut parvenir à reconnaître le véritable sens des mots obscurs de la langue sacrée de l'Egypte. Dans l'état actuel de cette langue, nous sommes forcés de parcourir les terres des peuples sémitiques pour y trouver les racines égyptiennes dont la valeur est perdue pour nous ; et en restituant aux idiomes asiatiques tout ce qui leur appartenait anciennement, on s'aperçoit que la langue égyptienne ne possède qu'un petit nombre de mots particuliers étran-

gers à ces idiomes. Combien de mots se trouvent dans le copte composés avec Y m o préformatif des noms dans les langues sémitiques! Un seul exemple suffira pour confirmer mon assertion.

La chouette est appelée en copte mouladj uoyà^*^, et les philologues ont en vain cherché la racine de ce mot. La voici : en arabe, ouladj J>\ signifie aiglon, et était aussi originairement le nom de la chouette ; les peuples sémitiques ayant ensuite ajouté une m selon la méthode généralement adoptée pour la composition des noms, ouladj est devenu mouladj. C'est ainsi qu'il est passé en Egypte dès la plus haute antiquité ; car les monuments nous offrent la chouette pour la lettre m comme protogrammate du mouladj sémitique. La racine valadj J>3 nous aide en effet à comprendre pourquoi cet oiseau se nommait ainsi, et pourquoi les prêtres égyptiens l'ont employé comme élément alphabétique dans les cartouches des Pharaons.

Le verbe arabe valadj J3 signifie la nuit superposée au jour f ce qui nous explique pour quelle raison la chouette occupait dans le système astronomique et religieux le signe de la Balance, où Ezz-eddin a placé la chauve-souris. C'est dans ce signe du zodiaque que la nuit l'emporte sur le jour ; la terreur et l'épouvante allégorique commencent, et la justice humaine et divine exerce son pouvoir en faveur des bons et châtie les pervers. De là le double sens opposé de bonheur et de malheur que les prêtres astronomes établirent dans le cercle symbolique de la Balance, et la double valeur de la racine valadj à laquelle est emprunté le nom de la chouette; racine qui renferme avec l'expression des ténèbres effrayantes celles de sens intime, de bienveillance, & amitié, de recours. Toules ces questions astronomiques et allégori-

ques sont traitées avec beaucoup d'extension dans mes divers ouvrages.

Il résulte de ce que j'ai dit jusqu'ici que dans les légendes hiéroglyphiques la chouette a sans doute représenté la lettre m, et que le spectateur lisait dans cette image non-seulement l'expression de la bonté et de Y amitié, mais aussi celle de la sévérité et de la rigueur.

Mais, m'objectera-t-on peut-être, les Egyptiens n'avaientils pas le signe du lion pour indiquer la force du souverain et la terreur qu'il inspire? Cela est vrai; mais les Arabes nous apprennent que la chouette et le lion étaient souvent employés l'un pour l'autre. A la vérité, le mot neham 1& qui, chez les Orientaux, indique à la fois lion et chouette, nous fait supposer avec raison l'existence d'un nom égyptien qui aurait possédé cette double signification; nom perdu, mais qu'on trouvera peut-être un jour sur les monuments. Du reste, si l'on voulait ajouter à l'expression de la puissance d'un roi celle de sa douceur et de son affabilité envers les peuples, la chouette par son nom symbolique s'y prêtait à merveille.

Si le symbole des ténèbres a été chéri par les puissants rois de l'Egypte, il est certain que les littérateurs et les savants l'ont toujours en horreur. Vous savez, Monsieur, que les maîtres de la profonde doctrine du mysticisme égyptien s'appelaient arpedonaptes. Ce mot se trouve écrit en grec âpneSovanzat arpedonaptaï , mais personne n'a pu jusqu'à présent l'expliquer d'une manière satisfaisante. Il me semble, néanmoins, qu'il n'offre pas assez de difficulté pour nous arrêter longtemps. Ecrivons d'abord ce mot barbare en lettres orientales pnOTIlXlDin, partageons-le en trois parties ynDîTfWIDin arped-on-apta, donnons à la pre-

mière le sens de répandre que nous offre l'arabe ji.; à la seconde celui de force ou de vertu; à la troisième celui du dieu Phtah, que, dans mes Paralipomènes, j'ai traduit par principe lumineux et calorique J?H, uj& (1); et l'interprétation complexe et victorieuse du mot arpedonapte sera: celui qui répand la vertu de la lumière (XXXIX).

Revenons maintenant à Vannée et au jour ; la première appelée en Egypte kotré, roue du soleil, et le second homré, cercle du soleil.

Nous avons remarqué que les symboles de la marche annuelle du soleil du Cancer au Capricorne ou du Capricorne au Cancer, étaient renfermés dans ceux de la haute et de la basse Egypte. Nous allons chercher à cette heure parmi les emblèmes des divinités égyptiennes le symbole du jour, symbole qui n'a pas encore été signalé.

SCEPTRE EOUINOXIAL. — KOUKOUFA, NOM DU CHACAL.

Osiris est souvent représenté tenant en ses mains les deux emblèmes dont j'ai parlé précédemment, la crosse et Yaspersoir, et de plus un sceptre bifurqué à son extrémité inférieure et surmonté d'une tête de koukoufa. Ce sceptre cache, à mon avis, l'expression de l'orient et de l'occident, du jour et de la nuit, du temps et de la région équinoxiale, tandis que les deux autres emblèmes se rapportent aux solstices. La chose se conçoit aisément, mais il est difficile d'en donner une démonstration satisfaisante.

L'attribut essentiel de toutes les divinités païennes supé-

(1) Part. V.

rieures, aussi bien que des divinités inférieures, était sans doute la justice parfaite, comme il est dit, dans la Bible, du très-saint Jcoa. Elle était représentée par les points équinoxiaux, parce qu'à cette époque la lumière et les ténèbres ayant atteint une juste égalité, le jour est le plus parfait de l'année. C'est à cela que se rapporte le discours de Josué, lorsque se trouvant à l'équinoxe et au moment où la lune était dans son plein,, il demanda à Dieu de remplacer par la lumière de la lune la lumière brillante du soleil, et dit : « Ce jour a été un jour parfait; » puisqu'au temps équinoxial il ne pouvait en être autrement (1).

J'ai suffisamment expliqué dans mes Paralipomènes cette circonstance de l'histoire biblique et la nature de ce miracle célèbre. La sainte Ecriture nous répète aussi mille fois que le véritable juste ne doit jamais pencher ni à droite ni à gauche, mais marcher toujours droit. Il fallait donc inventer un emblème qui indiquât cette justice parfaite toute particulière à la Divinité, et les prêtres égyptiens la symbolisèrent par le sceptre à tête de koukoufa et bifurqué à son extrémité inférieure, qu'ils placèrent à la main des dieux.

La question des sceptres équinoxiaux différemment figurés est traitée dans mon ouvrage ci-dessus cité, dans lequel, par des raisons qui m'ont semblé bonnes, j'ai conclu que Jeoa étant représenté comme dominateur des solstices, il avait fréquemment à sa suite le Sebaoth comme nom symbolique du seigneur des équinoxes. Nous examinerons tout à l'heure si le sceptre bifurqué peut réveiller en nous l'idée du Bélier et de la Balance, signes mystiques de la parfaite justice divine, comme la crosse et l'aspersoir d'Osiris nous

(1) Paralipomeni, ccc, part. VI1T, cap. vm.

ont rappelé l'idée de ce dieu siégeant dans le Cancer et dans le Capricorne allégoriques et les présidant.

Vous avez le premier, Monsieur, établi par des monuments incontestables que la tête de l'animal placée sur le sceptre n'est pas celle d'un oiseau, comme on l'a supposé jusqu'à présent, mais bien celle d'un animal terrestre. J'ai vu avec beaucoup d'intérêt le monument original qui la représente, et que vous avez rapporté de l'Egypte. Mais quel est cet animal ? Voilà la question difficile à résoudre.

J'admets cependant, sans crainte de m'abuser, que cet animal est un chacal, lequel portait avec l'aspersoir le nom I hiéroglyphique sib c\& ou seb CE&, et qui, faisant \ J partie du sceptre équinoxial , s'appelait koukoufa. Ainsi, j'ai remarqué plus haut qu'un même objet avait en Egypte une grande quantité de noms, selon les différents lieux qu'il occupait dans le ciel.

Je crois avoir trouve les traces de ce nom symbolique dans la Bible. L'étoile s'appelle en hébreu kohab D3D, nom qui n'a pas de racine dans les langues sémitiques, ou que du moins on ne trouve pas intégralement. En copte, au contraire, kak-ab K&K-&& nous donne le sens de père de ('obscurité, maître des ténèbres, sens juste et convenable aux étoiles qui éclairent la nuit, ainsi qu'au chacal qui demeure et voit dans l'obscurité. Par conséquent le koukouba, adouci par les Grecs en koukoufa, conserve son expression identique, et quelles que soient les voyelles interposées aux consonnes radicales de ce mot, il aura toujours le sens que nous lui avons assigné.

Permettez-moi maintenant, Monsieur, de vous adresser une observation touchant le nom égyptien de ce sceptre allégorisant la parfaite justice divine, propre à toutes les di-

vinités égyptiennes. Vous lisez djôm ^atu les phonétiques

formant le nom de ce sceptre, et les expliquez par force; et

-..^^^^^^ ^lorsque le symbole de la terre les accompagne, le

^1 groupe entier signifie, dites-vous, la terre de la

force. Je ne m'y oppose pas ; toutefois je désire

vous soumettre mon opinion, laquelle tend uniquement à

rattacher ces hiéroglyphes au sens moral que les prêtres de

la vallée du Nil y ont caché.

J'accepte la valeur bien connue des trois caractères tau, alpha et mi; je les lis tam nr&w, dont le sens est perfection, justice; j'y vois l'origine de Themi, déesse de la justice, et j'y reconnais toutes les significations données au koukoufa par Horapollon.

Quant à la ville ou région de la force que vous proposez, Monsieur, on y pourrait ajouter cette conjecture que Tarn-région se disait de la ville ou de la région de Tamma "T&w 13 r> ; et que ce nom de ville renfermait la signification de terre de justice T£.w-u2>. Ces hypothèses seront bientôt confirmées par l'examen de ce sceptre et des phonétiques dont il tire son nom (XXXVII).

De tout ce que je viens d'exposer sur la dénomination et l'allégorie de ce sceptre, je conclus que son nom était tam, que le koukoufa se retrouve dans le kokab des Hébreux, et que le sens des racines coptes nous porte à le traduire père des ténèbres; que ce père de l'obscurité était le chacal; que les deux branches placées au bas du sceptre exprimaient l'orient et l'occident, le jour et la nuit parfaits du temps équinoxial, symbole de la justice divine propre à toutes les divinités égyptiennes ; enfin, que les trois emblèmes réunis dans la main d'Osiris répondent complètement aux attributs de Jcoa, qui est ainsi représenté dans les Psaumes : Jeoa est

sévère, miséricordieux et juste p^lffl DTP! ["Un. Les trois symboles, la crosse, Yaspersoir et le tam ou sceptre à tète de koukoufa, nous disent la même chose du Répo des Egyptiens : Répo est sévère, miséricordieux et juste ^uïn, n&v~x,

Lorsque les deux emblèmes crosse et tam sont réunis au pied d'un cartouche royal, nous devons les lire souverain de justice. Il faut remarquer qu'ils se rattachent aux deux points mystiques du ciel, au Bélier et au Cancer; tandis que les trois au Ires ci-dessus nommés symbolisent les quatre gonds de l'univers.

HIÉROGLYPHES DE THEMI.

M. Champollion le jeune, et après lui tous ceux qui se livrent à l'étude des monuments égyptiens, ont confondu la vérité avec la perfection et la justice. Ils ont cru voir la Tliémis des Grecs et des Romains, la déesse de la justice, sous le nom copte de meï wRv, qui signifie vérité, et ajoutant à ce mol l'article féminin, ils en ont formé le nom de la Thémis égyptienne, donnant ainsi à la déesse de la justice un nom qui signifie la vérité.

Il faut faire bien attention au groupe hiéroglyphique de la déesse Justice, pour se convaincre que son nom dérive p de tam -r& u , que j 'ai traduit ci-dessus par perfec- ^^ tion et justice (XXXII) . Les phonétiques de la Thémis égyptienne sont disposés sur les monuments ainsi que je les présente ici. C'est donc le premier signe de Yéquerre qui doit nous donner le t radical du nom de cette divinité, et non pas le dernier phonétique placé au-

dessous, destiné à indiquer le genre féminin de la déesse. Nous pouvons facilement nous procurer cette lettre initiale moyennant le protogrammate de chïe^\w, mesure, coude, règle, qui se prête assez bien à l'homophone t doux. Ce t adouci (th) est placé d'ordinaire en tête du nom copte delà justice. Si l'on reconnaît avec moi que la valeur del'm n'a pas été justement appréciée dans Yéquerre, qu'on lui substitue le th, et le véritable nom de la Thémis égyptienne, avec les éléments alphabétiques qui lui sont nécessaires et le sens irréprochable de justice parfaite qui lui appartient, deviendra évident pour lout le monde.

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