‹ Lettre sur l'interprétation des hiéroglyphes ÉgyptienChapitre 20 sur 39 · EXAMEN DU CARTOUCHE DU PRETENDU ROI DE JUDA · texte numérisé non relu

EXAMEN DU CARTOUCHE DU PRETENDU ROI DE JUDA

Passons maintenant à un autre sujet, et examinons la légende du fameux cartouche où l'on a cru trouver en caractères phonétiques ces mots : Roi de la terre de Juda (PL ni).

L'interprétation est ingénieuse, mais fausse; et il est à regretter que les savants, entre autres M. Weismann, l'aient adoptée sans examen, et qu'elle ait servi de base à de vaines hypothèses. Cette légende, en effet, est très-claire, et je n'ai trouvé aucune difficulté à l'expliquer. Je demanderai d'abord : En quelle langue est écrite cette phrase : Roi de la terre de Juda? En hébreu, me répondra-t-on, puisque le mot melekhy'Û (roi) est tout à fait hébreu. J'y consens; mais alors il faut aussi que la suite de la phrase soit d'accord avec les règles établies dans la grammaire delà langue hébraïque. Il est impossible de renoncer à ce principe.

Malheureusement ce! te syntaxe manque dans l'interprétation de ce cartouche; car les mots hoyt^ wAk ks s>, traduits arbitrairement par ceux de : Roi de la terre de Juda, diraient tout au plus : Juda roi région. Dès lors, quel serait ce Juda? L'histoire n'en parle pas. La Bible dit bien (III Rois xiv, 25, 26) que Jérusalem fut prise et pillée par Sésac, roi d'Egypte ; mais on ne voit nulle part qu'un roi de Juda ait été emmené captif par les Egyptiens : car on ne peut donner le titre de roi à Joachaz, qui après la mort de Josias, tué à la bataille de Mageddo contre Néchao, fut placé sur le trône

de Juda au préjudice de son frère Joachim, et détrôné par Néchao, qui l'emmena en Egypte, où il mourut. Joachim fut rétabli, et Jérusalem demeura pendant quelques années tributaire de Néchao. L'inscription ne se rapporte donc évidemment qu'au pays, et il a fallu intervertir les mots pour en faire ressortir cette légende : Roi de la terre de Juda.

Les phonétiques de ce cartouche nous présentent à la vérité des mots purement hébreux et soigneusement écrits selon les règles et le génie de la langue ; et si nous substituons au mot kah K&s ou baki &£K$, donné par le signe hAÂ hiéroglyphique région ou ville, le mot hébreu krat Hlp, qui ne change même pas le protogrammate, la phrase qui en résulte est parfaitement hébraïque. Le cartouche nous offrira alors la légende suivante :

mp -[bon nw

laquelle, rendant compte de toutes les lettres hiéroglyphiques, se traduit littéralement :

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