‹ Lettre sur l'interprétation des hiéroglyphes ÉgyptienChapitre 30 sur 39 · LE NOUFKA DE MOÏSE COÏNCIDE AVEC LES CONSTELLATIONS CÉLESTES · texte numérisé non relu

LE NOUFKA DE MOÏSE COÏNCIDE AVEC LES CONSTELLATIONS CÉLESTES

J'ai dit tout à l'heure que la pierre mystique de YUrim et Tummin appelée noufka occupait le signe céleste du Cancer allégorique. Cela pourrait faire supposer que ce noufka était identique au kanouf égyptien, puisque l'un et l'autre sont également placés dans le Cancer. Les deux noms se ressemblent, il est vrai, quant àla prononciation, mais leur signification est tout à fait différente ; car le noufka des légendes funéraires signifie Y anéantissement de la génération, et celui des Urim, qui remplace le nub-ka, signifie la station de For, le solstice d'été, le lieu oii la puissance divine est symbolisée.

On trouve dans le zodiaque de Denderah, au-dessus du

Cancer, un groupe hiéroglyphique composé de trois carac-

ç\ i tères qui doivent être lus, sans contredit, seb-ka

I ^1 CE&-K&, et traduits par cessation d'ascension, ex-

^^P^° pression équivalente, dans notre langue, à celle de

solstice d'été. Le copte n'a pas conservé le verbe seb avec

le sens & ascension; mais on retrouve celte signification dans le mot sémitique theb ^J, lequel tire son origine de la racine vathab woj, sauter ou s'élever. Cependant, comme les hiéroglyphes nous offrent constamment une double légende, les trois phonétiques peuvent encore former le mot sebek, qui, d'après la racine sémitique sabak j^,, donne la signification daller en avant, de précéder. En effet, quoiqu'il éveille en nous l'idée du retour en arrière, le Cancer est le premier des six signes du zodiaque dans lesquels le soleil accomplit sa marche rétrograde, ce qui signifie qu'il précède les cinq autres.

Vous avez rectifié, Monsieur, sous le signe de la Balance, ces deux hiéroglyphes aigle et coupe, suivis du signe déterra minatif de Y étoile, hiéroglyphes qui doivent s'appuie quer, sans doute , à l'équinoxe d'automne , ainsi qua la divinité à tête d'épervier qui préside à cette époque de l'année. Le signe de la Balance, nous l'avons déjà dit, est le symbole complexe de Veau de bénédiction, de l'équité, de Injustice, des lois divines et humaines, et de l'intelligence parfaite. Nous n'avons maintenant qu'à lire, dans les deux phonétiques de Y aigle et de la coupe, le mot hak J&&K, pour nous convaincre que ce nom d'étoile se rattache exclusivement à la constellation de la Balance, où le dieu à tête d'épervier s'associe aux autres pour régler avec justice le sort des mortels; car ce mot hak pîl> <J^, est le même dont nous avons parlé précédemment, et qui, dans les langues sémitiques, signifie bénédiction, justice, perfection, droiture, équité, vérité, intelligence (II, XXXII, XLIV).

Nous pouvons encore par une interversion de voyelles, autorisée par l'exemple du noufka de Moïse, lire dans les deux hiéroglyphes les mots he-ka ^>e-K&, et nous saurons

à l'instant que les locutions de cessation de présence et de principe signifient que la lumière cesse de dominer les ténèbres, que la nuit l'emporte sur le jour par sa longueur, que l'aspect de la nature se transforme complètement, et que la mort succède à la vie. Voilà la cessation de principe et de présence manifestée par les deux hiéroglyphes aigle et coupe, accompagnés de Y étoile, dans le zodiaque de Denderah. Ces remarques, quoique frivoles en apparence, sont utiles et précieuses pour ceux qui veulent et savent en profiter.

Nous trouvons dans le même zodiaque mystique la syllabe ka K& en tête de deux mots composés d'hiéroglyphes identiques, de sorte qu'on pourrait croire qu'il n'existe entre l'un et l'autre aucune différence de son ni de valeur. C'est précisément le contraire qui est vrai, Monsieur; car les Irois signes doivent être lus de deux manières, et ont chacun une prononciation différente.

Les phonétiques sont groupés ainsi que vous les voyez dans le dessin que je vous présente. Ils sont placés au-des-

^pt> sous des Gémeaux, et se reproduisent au-dessous

A*vvv des jambes de derrière du Sagittaire. Or, si la domination du soleil mâle s'accomplit dans le signe du Sagittaire, et celle du soleil femelle dans les Gémeaux, la force et la rigueur divine cessent dans l'un, et la grâce et la faveur de la Divinité dans. l'autre; il est évident qu'un mot qui se trouve dans ces deux circonslances opposées doit par un son varié indiquer cette même opposition. La difficulté n'est pas inabordable ; reportons-nous à la Bible, qui nous aidera par ses lumières à éclaircir ce qu'il y a de plus obscur dans cette question.

Le mot noam employé par Zacharie, que j'ai rappelé plus

haut (II), et dont j'ai beaucoup parlé dans mes ouvrages, signifie la crosse, qui symbolise la rigueur de la domination (1). Au contraire, le mot naam D>3> .**-% qui signifie la faveur et la grâce, allégorisées dans la crosse ondulée XXXVII), nous offre un sens tout opposé au premier. La différence de valeur de cette racine provient uniquement, dans les deux mots, de ce que le premier se vocalise avec l'o, et le second avec l'a. Le copte a conservé le nom de la force; car nomte «owte veut dire précisément vigueur, force, puissance; mais le nom de la grâce est perdu, et il n'en existe aucune trace dans les dictionnaires égyptiens.

Cependant, ave€ l'autorité de la Bible et des langues sémitiques, nous pouvons intercaler l'o dans un mot, et Y a dans l'autre, et donner à nom le sens de force, etknam celui de grâce.

Toute difficulté disparait ainsi, sous le rapport de la double position du même mot gravé sur le zodiaque mystique deDenderah. Les trois phonétiques se lisent, au-dessous des Gémeaux, ka-nam k^5u , et au-dessous du Sagittaire, kanom K£-TOu ; le premier mot 'exprime la cessation de la grâce, de la faveur, ou bien, la limite de la domination bienveillante du soleil ; le second, au contraire, signifie la cessation de la force, de la vigueur, ou bien, la limite de la domination vigoureuse du soleil. Là s'achève l'ascension symbolique du grand astre divin; ici, sa descente. Les hiéroglyphes, ainsi que les mystères égyptiens, sont inexplicables, si l'on veut s'écarter, dans leur interprétation, du système symbolique du ciel.

Il résulte de cette explication que les quatre hiéroglyphes

(1) Paralipomeni, ecc, part. III, cap. vi.

qui composent le nom du génie, décan ou divinité, comme

vous voudrez l'appeler, sculpté dans le zodiaque de Dende-

Z3 rali, au-dessous du Lion et paraissant lui appartenir,

^JJJ^ doivent être lus kak-nom K£K-ko u , et non pas kak-

/ nam K^K-st5u, attendu que le lion, symbole delà

force, n'admet aucune autre interprétation que celle de puissant des ténèbres, qui lui appartient proprement.

NAMS, COIFFURE ÉGYPTIENNE.

Il arrive souvent qu'une découverte de peu de valeur en apparence procure les moyens d'en faire de plus importantes. Les différentes formes de bonnets et de voiles qui servaient à couvrir la tête des divinités et des rois de l'Egypte m'ont déjà donné l'occasion d'aplanir les difficultés relatives à leur nom et à leur usage. J'ai expliqué particulièrement le nom et la signification du chnephct, et j'ai démontré que la parlie inférieure de cette coiffure, de couleur blanche, symbolisait la clémence divine, et que la supérieure, de couleur rouge, était l'emblème de la rigueur. Occupons-nous maintenant des voiles blancs et rayés de différentes couleurs, au sujet desquels les mots nam et nom vontm'aider à fournir quelques lumières nouvelles aux archéologues.

Le voile, pris dans le sens général, est appelé dans la Bible hent, qui signifie, d'après mes observations précédentes, protecteur de la tête; mais le voile rayé est rendu dans la sainte Ecriture par les mots masé-rokem Dpi ffl£rç?D, c'està-dire, ouvrage rayé en couleurs (XXVII, XXVIII, XXIX).

Ceci posé, nous pouvons faire cesser une contradiction, dont le mot nams présente au moins l'apparence, en ce que,

d'après les recherches des savants, il se trouve inscrit en hiéroglyphes sur des voiles différents, et même sur la partie blanche du bonnet sacerdotal et divin. Tout doute disparaît à cet égard, lorsque l'on comprend la double prononciation ^ des deux premiers hiéroglyphes de ce groupe, ! c'est-à-dire, nom et nam, prononciation dont la première est employée pour rendre l'idée de la force, et la seconde, celle de la grâce divine. Le mot nams K5.WC, résultant du groupe entier, signifie, par conséquent, le fils de la grâce, et le mot noms tfO**c, le fils de la force.

Toutes les fois que ce mot est à côté d'un des emblèmes de la grâce, on doit lire nams, et lorsqu'il est à côté d'un des emblèmes de la force, il faut prononcer noms. La partie blanche du bonnet sacerdotal, qui représente la basse Egypte, est nams ; la rouge, au contraire, qui représente la haute Egypte, est noms. Cette observation s'applique aussi aux voiles, qui cachent, selon la variété des formes et des couleurs, un symbole opposé.

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