‹ Lettre sur l'interprétation des hiéroglyphes ÉgyptienChapitre 32 sur 39 · EMBLÈMES DE THOT · texte numérisé non relu

EMBLÈMES DE THOT

L'emblème de la ville de Chmin, comme nous l'avons vu plus haut, servait à désigner à la fois le dieu Baal-Semen et la région méridionale de l'Egypte. Je dis donc, suivant mes principes, que la 'potence, ou le trône et l'ibis, emblèmes de

Thot, doivent concourir à l'expression nominale de ce dieu.

Nous savons que le trône fournit aux légendes hiéroglyphiques le sima c et le thêta çp ; par conséquent, le trône du dieu Thot donne le commencement de son nom même, comme il a donné celui de Chmin. Vibis perché sur cette espèce de trône le complète. En effet, si deux consonnes suffisent à l'orthographe du nom divin (la voyelle étant sous-entendue), il est évident que les deux signes emblématiques doivent renfermer la dénomination complète de ce dieu.

D'après les inscriptions phonétiques, hib est le nom égyptien de Yibis. Les Coptes ont conservé ce mot sous la forme hip ^vrc, et avec une petite variété, ils en ont fait hiboï £\&tm. Un autre mot analogue, hibouï ^s&cm, porte dans les dictionnaires la signification à'épervier; mais, à mon avis, si ces deux termes ne sont pas synonymes, le mot hibouï, loin d'être le nom de Yèpervier, doit plutôt signifier vautour, car les noms anciens de cet oiseau se confondent parfois avec ceux de la cigogne et de Y ibis sacré.

L'ibis, le vautour et la cigogne avaient certainement dans les mystères égyptiens une signification commune de bienveillance , de miséricorde et d'amour. C'est pourquoi leurs noms se confondent. Hib, qui ne dit rien en copte, signifie en langue sémitique amour, ^^ ; c'est de cette racine que dérivent hiboï et hibouï. La Bible appelle la cigogne ou le vautour allégorique hasida HTOn et raham Dm, noms dont les racines renferment le sens de pieux et de miséricordieux. Ces deux sens ne diffèrent point de la signification symbolique égyptienne, et ne s'éloignent pas au fond de l'expression de Y amour. Tous ces rapprochements viennent à l'appui démon opinion sur la valeur programmatique du vautour,

acceptée dans les légendes pour le hori £ , et nie facilitent les moyens de trouver la seconde consonne qui manque au complément du mot Tliot.

Le mot tikhi ^ÎDs est traduit dans les dictionnaires par grue et cigogne. Je rie doute cependant pas que ce nom ne fût aussi donné en Egypte à l'ibis, puisque, soit qu'il vienne de l'hébreu naka HpJ, ou de l'arabe vaka J3, tikhi signifie toujours pureté, innocence, soin, conservation, ce qui est d'accord avec le sens renfermé dans hib, hiboï et lubouï, ainsi qu'avec le vautour, symbole de Y amour maternel. On peut donc raisonnablement supposer que hib et tikhi étaient synonymes, et que tikhi donnait le protogrammate nécessaire à la formation du nom divin, résultant des consonnes tirées de la potence et de Y ibis, deux emblèmes consacrés à Ihot. Dès lors, si le trône nous donne d'un côté le protogrammate thêta #, et si de l'autre l'ibis nous donne le tav t7 le nom de Thol ça\T se trouve rendu par les emblèmes dont les prêtres se servaient pour représenter cette divinité.

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