‹ Lettre sur l'interprétation des hiéroglyphes ÉgyptienChapitre 5 sur 39 · RI, NOM DE LOEIL HIEROGLYPHIQUE. — SIGNES DU MASCULIN ET DU FÉMININ · texte numérisé non relu

RI, NOM DE LOEIL HIEROGLYPHIQUE. — SIGNES DU MASCULIN ET DU FÉMININ

On trouve souvent un œil h la suite du groupe atner, de même que l'œil se voit quelquefois au dessous du nom d'Àmon. De graves disputes se sont élevées là-dessus pour déterminer le nom égyptien de cet œil, et pour lui donner la valeur phonétique qu'il devait avoir dans la langue sacrée. Champollion le jeune, premier maître des études égyptiennes, a nommé l'œil hiéroglyphique du mot copte bal

frz>X ; après lui, M. Lepsius a prétendu que le mot bal pour œil ne se trouvant jamais dans la langue sacrée, mais toujours, au contraire, le iri sps cité par Plutarque dans son explication à'Osiris, il fallait nécessairement rejeter le bal et s'en tenir à Yiri. Il me semble cependant que les faits ne sont pas favorables à l'opinion de M. Lepsius, mais qu'ils font plutôt pencher la balance du côté de Champollion.

Je dois vous rappeler à l'avance, Monsieur, que dans mes ouvrages bibliques j'ai dû traiter différentes matières qui se rattachent aux hiéroglyphes, et précisément à Y œil en question ; en conséquence, laissant de côté tout ce qui n'a pas un rapport direct au thème actuel, je vais exposer ce qui concerne Y œil placé phonétiquement et idéologiquement parmi les hiéroglyphes égyptiens.

Je commence par dire que si le iri (œil) caractérise la divinité suprême Osiris, il ne peut pas en même temps désigner Amon. Car il est constant que chaque nom de la langue sacrée égyptienne renferme une signification exclusive, laquelle se rallie à l'objet, à l'individu, au caractère moral et physique de la chose qu'on veut symboliquement exposer, sans quoi M. Lepsius lui-même se contredirait.

Or, ce savant archéologue vient d'établir que les noms hiéroglyphiques du genre masculin portent au dessus d'eux un petit trait noir, et les noms du genre féminin un segment de sphère seul ou bien accompagné de l'hiéroglyphe œuf, qui, étant appelé soouhe coonr^E en copte, mot composé de soou COOy, principe , et de he &?, vie , nous donne le sens deprincipe de la vie, de germe vital , dont Y œuf est l'emblème. Ce fait des deux genres masculin et féminin est si bien constaté que nul ne peut le révoquer en doute. Mais je demanderai pourquoi l'on trouve réunis

à côté de plusieurs hiéroglyphes les marques des deux sexes? Ces marques ne seraient- elles pas inutiles si l'on ne devait articuler que le nom féminin? Voilà une difficulté que M. Lepsius n'a point résolue, parce que la solution de ce grand problème troublait l'ordre de ses idées.

Telle est pourtant mon opinion, que tous les noms admis par la langue sacrée et ceux même dérivés de la plus haute antiquité doivent se trouver dans les hiéroglyphes ; de sorte que s'il nous est difficile de les reconnaître dans une langue aussi pauvre que le copte l'est à présent, il faut bien que nous nous donnions la peine de les chercher dans les langues sémitiques, qui ont fourni aux Egyptiens une foule de noms et de racines. Mes travaux bibliques ont déjà constaté ces faits (1).

Il est par conséquent plus convenable d'établir: l°que les signes hiéroglyphiques qui ne sont pas accompagnés du trait déterminatif du genre, doivent être pris dans le sens général et connu ; 2° que le signe du masculin indique uniquement que l'objet représenté pouvant recevoir deux noms de genre opposé, il faut en vertu de cette marque choisir celui qui est masculin, parce que c'est à lui que se rapportent l'idée et l'expression du sens caché dans l'objet hiéroglyphique ; 3° que les deux signes du masculin et du féminin, placés tous deux à côté de l'hiéroglyphe, indiquent évidemment qu'il faut dans ce cas adopter le féminin provenant de son masculin. Cette observation, très-utile à l'étude des hiéroglyphes, peut être confirmée par mille exemples. Je me bornerai seulement à Y œil, et je m'en occupe d'autant plus, qu'il s'agit d'enrichir le symbolisme égyptien de plu-

(1) Paralipomeni, ecc, part. IV, cap. m e vu.

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sieurs noms trouvés dans les légendes phonétiques sur les monuments égyptiens, et qui ont échappé à l'examen des savants philologues.

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