‹ Lettre sur l'interprétation des hiéroglyphes ÉgyptienChapitre 6 sur 39 · AÏN, NOM DE LOE1L HIÉROGLYPHIQUE · texte numérisé non relu

AÏN, NOM DE LOE1L HIÉROGLYPHIQUE

Il demeure constant que le soleil, étant représenté par l'hiéroglyphe œil ou bien par une partie de l'œil, devait avoir dans le système égyptien pour nom principal celui qu'on a donné à la lettre aïn, laquelle jusqu'à présent conserve l'expression de Y œil. Malheureusement, l'orthographe copte moderne est tout à fait erronée et fautive ; elle nous cache le vrai mode anciennement adopté par les prêtres égyptiens pour la prononciation des éléments alphabétiques. A la vérité, une entreprise intéressante serait celle de ramener les textes peu nombreux qui nous restent encore à l'orthographe d'une langue sémitique quelconque. Je l'ai démontré en plusieurs circonstances ; mais laissons cela, Monsieur, et ne nous éloignons pas de notre sujet.

Une fois que Y aïn (œil) a pris place dans les hiéroglyphes (ce qui ne peut être raisonnablement contesté) , il est certain que cet aïn ajouté à une inscription symbolique doit y apporter, selon le sens voulu, la valeur d'une lettre, ou la signification d'un mot. J'ai remarqué avec étonnement que dans le nom d'Àntonin le Pieux Y œil n'est pas simplement placé pour figurer l'a, mais pour représenter la syllabe entière an, qui rend la prononciation verbale de Y œil. Ceci nous prouve que Y aïn était adopté parmi les hiéroglyphes pour son protogrammate, pour sa syllabe et pour sa valeur nominale; de sorte qu'en Egypte Yœil nommé aïn,

et le soleil étaient synonymes. C'est ainsi que dans les langues sémitiques aïn a signifié de tout temps œil, rayons lumineux et soleil. Nous sommes maintenant autorisé à dire que Y œil au-dessus du lion hiéroglyphique était Y aïn et non Yiri, parce qu'en effet les peuples sémitiques conservent encore pour la dénomination du noble animal le mot anbas ^rr*, qui se partage en deux syllabes an-bas, et qui nous offre par sa valeur littérale œil de la force.

Ainsi que je l'ai démontré en expliquant un fameux verset du livre de Job, les anciens peuples représentèrent le soleil sous la figure de deux yeux. Ils donnèrent à l'un la chaleur, la force, longueur; à l'autre, la lumière^ bonté, la clémence. Le premier avait sa place symbolique au Cancer, le second au Capricorne. Celui-ci figurait enEgypte la partie inférieure de la région, celui-là au contraire la partie supérieure ; de sorte que Y œil brûlant du soleil allégorisait le pouvoir royal, et Y œil lumineux était l'expression du sacerdoce.

Von a\tt égyptien, pour soleil, ne diffère en rien de Y aïn sémitique, et signifie œil, rayons du soleil, partie sexuelle humaine, sans compter d'autres expressions qui se rattachent à la divinité des païens. Les Coptes avec leur mauvaise orthographe, empruntée aux Grecs, ont confondu les divers sens que le mot on attf avait dans la langue sacrée. Nous tâcherons de les débrouiller (XVII; XVIII).

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