DELORME
Fr
On procède de même pour les annonces bibliographiques. La page-spécimen de Y Atlas Larousse illustré recevrait l’étiquette suivante :
rh ANNUNZl
^ BIBLIOGRAFICI X
l+J LAROUSSE
Atlas.
Ce répertoire biographique, est une création pratique et originale de M. Chilovi; espérons qu’il pourra la continuer longtemps à Florence, et qu’on saura l’imiter dans d’autres bibliothèques.
La Bibliothèque s’est enrichie dernièrement de plus de 20,000 portraits gravés qui lui ont été donnés par le professeur Antonio Buonamici de Pistoja, et on a pu commencer ainsi une collection de portraits gravés qui manquait à Florence.
1. Les mots et les chiffres imprimés en italique sont ajoutés à la main sur les étiquettes imprimées qui sont reproduites ici à l’aide des seules ressources typographiques, avec une exactitude passable.
LETTRE SUR QUELQUES BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES ü’iTALIE. 9
Avant de quitter le palais degli Uffîzi, j’ai voulu visiter le magnifique dépôt de YArchivio di Stato , qui occupe tout le second étage du palais. La perspective de la longue enfilade des salles est étonnante, et cependant on n’en voit qu’une moitié1, puisque le palais occupe les deux côtés de la rue ou de l’impasse qui sont reliés au bout par une galerie transversale. Toutes ces salles sont garnies de casiers où plus de 200,000 chartes et plus de 500,000 liasses sont conservées; les chartes sont encore dans leur état primitif, c’est-à-dire roulées, ce qui assure leur conservation, tandis que dans nos dépôts d’archives où elles sont arrivées après bien des vicissitudes, elles sont pliées comme des lettres, ou reliées dans des volumes. Ces deux procédés sont détestables. Si on communique une liasse de papiers non reliés, on est exposé au vol, à moins qu’un employé sérieux ne surveille le lecteur et ne compte ensuite les pièces de la liasse avant de la replacer dans le magasin. Les plis détériorent le parchemin ou le papier, et les parcelles de l’encre s’écaillent à l’endroit des plis ; quant aux pièces reliées, elles ont dû être mouillées et mises sous presse par le relieur pour obtenir une planité passagère, et le procédé est fatal surtout aux lettres miniaturées. Je me souviens que M. Léopold Delisle m’a dit que la couleur des miniatures ou des lettres peintes, soumises à une pression quelconque en vue de les photographier, s’écaillait quelque temps après l'opération ; cette remarque corrobore celle faite à la Bibliothèque du Vatican au sujet d’un fameux manuscrit de Virgile. On avait cru bien faire en tendant chaque feuillet dans un cadre légèrement saillant, afin de le préserver du contact des feuillets voisins; on s’est aperçu que sous la tension du parchemin l’encre s’écaillait et que les caractères devenaient à peine visibles!
Il me semble qu’on pourrait concilier les désirs des savants et des artistes qui veulent reproduire des manuscrits, avec la conservation de ces documents, dont chaque génération d’hommes n’est qu’usufruitière, et qu’elle doit remettre intacts aux générations futures qui voudront peut-être les étudier à d’autres points de vue que nos contemporains et nos prédécesseurs. On devrait, dans toutes les bibliothèques importantes, exiger l’emploi d’un appareil photographique construit sur les données de celui de la