‹ Lettres, 1841-1866, portrait en héliogravureChapitre 22 sur 80 · SUIVEZ VOTRE GOUT · texte numérisé non relu

SUIVEZ VOTRE GOUT

Je m'imaginais que vous alliez arriver à Paris avec des placards représentant la moitié de Spleen et Idéal, et que naturellement vous les auriez remportés, corrigés. En tout cas, n'oubliez pas de rapporter intégral le manuscrit des pièces sacrifiées.

Si vous pouvez dénicher, dans vos greniers ou armoires, un ou deux dictionnaires de rimes, apporlez-les-moi. Je n'en ai jamais eu. Mais ce doit être une chose excellente, dans le cas d'épreuves.

A POULET-MAL ASSIS

Samedi, 7 Mars 1857.

Mon cher ami,

J'ai, là, une lettre de moi pour vous, datée du i" Mars, qui devait accompagner tous les placards, lesquels sont finis depuis le i^"" Mars. Je vais profi-

ter de ce que je n'ai pas de feuilleton demain pour les revoir encore, et je vous les enverrai lundi. Vous pourrez donc continuer la mise en pages.

Je vous remettrai en même temps la première feuille. Demain dimanche, Théophile vient au Moniteur; je veux lui montrer la dédicace, avant de vous l'envoyer.

Vous trouA'erez, sur les placards, des observations adressées à vous (particulièrement à propos de mes deux ou trois notes), et, à propos de ces notes, si vous adoptez mon idée de les rejeter à la fin, il faudra en conserver la composition.

Observation sur l'orthog-raplie (pluriels et autres cas), moderne ou ancienne ? Je préfère l'ancienne, mais modérée.

Vous reverrez, n'est-ce pas, les feuilles avec les placards sous vos yeux ?

Je suis toujours très préoccupe de la terreur de la pla'jneite.

Je voudrais bien avoir la fin.

Piappelez-vous que je n'entends rien à l'encartage, aux réclames, signes de rappel, etc., etc., et que je n'ai su jamais plier une feuille.

Je vais rue Jcan-Jacques-R.ousseau, avec votre lettre précédente. Je veux absolument faire renouveler cette permission.

Ne croyez pas que, quand j'ai une heure à perdre, je la perde. Je commença à jouer des ciseaux et des pains à cacheter, pour votre deuxième volume. A ce sujet, je vous dirai que votre nouveau titre est détestable. II est dig'ue de l'esprit raisonnable et

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modeste d'Asselineau. J'aime les titres mystérieux ou les titres pétards.

Théoplule Gautier qui sait tout faire me fera cela.

Voilà vos Nouvelles Histoires extraordinaires. Godefroy ou Michel vous chercheraient-ils querelle, si vous en mettiez un ou deux fragments dans votre journal?

J'ai parlé à Turgan du cas où moi et un de mes amis nous aurions besoin d'être protégés, à propos de livres réputés dangereux [Compère Mathieu , Laclos, et cœterd). Il m'a dit : Faites la connaissance de Mérimée. Il est tout puissant dans ces choses-là.

Vous vous rappelez la brochure H. B.

Bien à vous.

Avant le tirage de la première fouille, je voudrais bien voir votre papier. Vous ne sauriez croire combien votre papier transparent vous nuit.

A POULET-MALASSrS

g Murs iSjy.

Mon ami,

Voilà votre baume, sous forme de:

Trois placards, où il y a une pièce à supprimer; Deux pièces à intercaler ;

Votre première feuille, que vous n'aviez pas relue, car j'ai trouvé des fautes bizarres ;

La nouvelle dédicace^ discutée, convenue et con-

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sentie avec le magicien qui m'a très bien expliqué qu'une dédicace ne devait pas être une profession de foi, laquelle d'ailleurs avait pour défaut d'attirer les yeux sur le côté scabreux du volume et de le dénoncer.

Décidément, Curiosités esthétiques.

Je n'ai plus que six feuilletons à faire. Vous savez ce que cela veut dire. Ces effroyables colonnes, qui doivent être prêtes à ii h. du matin, me donnent des maux de nerfs.

Bien à vous.

A SAINTE-BEUVE

g IMars 1857.

Mon cher ami,

Vous èles trop indulijent pour vous être formalisé de l'impertinent point d'interrogation que j'ai mis après le mot souvenir, sur l'exemplaire des Nouvelles Histoires extraordinaires que j'ai déposé hier pour vous, au Moniteur. Si vous pouvez m'ètre agréable, je le trouverai bien naturel : vous m'avez gâté. — Si vous ne le pouvez pas, je le trouverai aussi très naturel.

Ce second volume est d'une nature plus élevée et plus poétique que les deux tiers du premier. — Le troisième volume (en train de publication, au Moniteur) sera précédé d'une troisième notice.

L'histoire de la fin du monde s'appelle Conversation d'Eiros avec Charmion.

Il vient d'être fait un nouveau tirag-e du premier volume où les principales fautes sont effacées. Michel sait qu'il doit vous en réserver un exemplaire. Si je n'ai pas le temps de vous le porter, je vous le ferai envoyer.

Votre bien affectionné.

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