‹ Lettres, 1841-1866, portrait en héliogravureChapitre 37 sur 80 · LE REVE PARISIEN · texte numérisé non relu

LE REVE PARISIEN

A M. Constantin Guys.

De ce fastueux paysage

Tel que jamais mortel n'en vit,

Relativement à Méryon, entendez-rous par

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acheter des planches acheter des planches de métal, ou bien le droit d'en vendre indéfiniment des épreuves ? — Je conçois que vous craigniez les conversations avec Méryon. Vous devriez traiter l'affaire par lettres (20, rue Duperré). Je vous préviens que la grande peur de Méryon, c'est qu'un éditeur ne change le format, et le papier.

Quant à l'affaire Daumier-G , basse idée :

nous verrons.

Quand recevrai-je des épreuves?

Quand venez-vous à Paris ?

Et la ?

Je n'ai reçu aucun avis de la poste.

Tout à vous.

Je présume que les ornements et le frontispice de M. Bracquemond sont finis. Etes-vous content, et dois-je l'être? — Duranty vient de m'apporter votre livre. Il me semble que je b volontiers

toutes ces ferames-là. J'en suis très attendri.

Ce que vous me dites de Méryon ne change pas ce que je vous en écris .

A POULET-MALASSIS

Je suis très embarrassé, mon cher, pour vous répondre relativement à l'affaire Méryon. Je n'ai aucun droit là dedans, aucun ; M, Méryon a repoussé, avec une espèce d'horreur, l'idée d'un texte fait de douze petits poèmes ou sonnets; il a refusé l'idée de méditations poétiques en prose. Pour ne pas

CHAl\r.ES BVUDEI.AinE

l'affliger, je lui ai promis de lui faire, moyennant trois exemplaires en bonnes épreuves, un texte en style de guide ou de manuel, non signé. — C'est donc avec lui seul que vous aurez à traiter. Il demeure 20, rue Duperré.

Si vous y tenez, je ferai un mensonge à G , et je lui dirai que je vous avais écrit à vous le premier.

La chose s'est présentée dans mon esprit, bien simplement . D'un côté : un fou infortuné , qui ne sait pas conduire ses affaires, et qui a fait un bel ouvrage; de l'autre : vous, chez qui je désire voir le plus de bons livres possible. Gomme disent les journalistes, j'ai considéré pour vous le plaisir double d'une bonne affaire et d'une bonne action.

Et, à ce sujet, pensez à Daumier ! à Daumier, libre et foutu à la porte du Charivari^ au milieu d'un mois, et n'ayant été payé que d'un demi-mois ! Daumier est libre et sans autre occupation que la peinture. Pensez à La Pharsale et à Aristophane. Il faut le remonter comme une pendule. Ges deux idées datent d'il y a quinze ans. Voilà une grande et bonne affaire.

Je m'engage solennellement à la plus stricte exactitude pour les épreuves des Paradis et des Fleurs. Mais vous ne serez pas prêt. Vous ne pourrez pas Vêtre. Six semaines ne sont pas assez y et vous savez que, pour rien au monde, je ne veux d'éditions ratées, soit au point de vue de l'élégance, soit à celui de la correction.

Voilà tout, pour aujourd'hui.

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II faudra évidemment que je retourne à Honfleur, à la fin de ce mois, pour retrouver tous mes manuscrits, mais jamais je ne changerai de lieu sans vous avertir.

A POULET-MALASSIS

i8 Avril 18G0.

Je maintiens ce que je vous ai dit. Si, le i" Mai, je n'ai pas fini la préface et les trois morceaux dont je vous ai parlé, je les sacrifie. Mais il faut, môme au cas où je les sacrifierais, dès aujourd'hui, aller à Honjleiir, car il me manque aussi, — sans compter Danse macabre, — Sonnet d'automne^ Chant d'automne, Paysage parisien, U après Mortimer et Duellum; tous ces papiers sont si bien cachés que ma mère ne pourrait pas les trouver. Ensuite, je ne me soucie pas beaucoup d'ajouter à mes nombreux tourments actuels la correction des épreuves des Fleurs.

Pour tous les billets, c'est entendu. Je ne partirai pas sans avoir pourvu, par G et D , aux 2.400 du 10 Mai. Je vous répète qu'on peut se fier au maître de cet Hôtel, et la preuve, c'est que plusieurs personnes du Havre ou de Dieppe, qui ont demeuré chez lui, font des billets, payables chez lui. Rappelez-vous qu'il s'appelle Rousset. Il est évident que le plus raisonnable est de ne lui envoyer l'argent que la veille, mais nous oublions tous les deux que je passerai trois

jours à Honfleur; que je serai ici, à Paris, le 4; et que, très probablement, je ne retournerai à Honfleur que le II.

Tout à vous.

Je vous jure que tous vos sermons étaient bien inutiles. Je sens tous vos ennuis, non seulement par idyosin-c/u'âsie, mais aussi par corrélation d'intérêts.

A POULIÎT'MALASSIS

22 Avril i86o.

Mon cher ami,

Je n'ai pas compris votre lettre, mais voici votre billet.

Je voulais, depuis quelques jours, vous parler du pharmacien. Vous me dites qu'il faut qu'il prenne tout de suite, en échange de son nom imprimé dans une note d'un tour scientifique, deux cents exemplaires. Ceci n'est pas de \o\is. C'est du de BroiseJe le reconnais,je trouve là cettelarge intelligence du commerce. J'attends, pour rédiger la note pharmaceutique avec le directeur de la maison Duveau, que vous m'ayez répondu. Trouvez-vous qu'il soit bien digne de vous et de votre maison de vous conduire ainsi? Un pharmacien, avec qui j'ai de vieux et longs rapports, me dit : Si nous avez conservé la note qui nous concerne, nous vendrons des exemplaires de votre livre. —

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