‹ Lettres à Alfred de Musset et à Sainte-BeuveChapitre 2 sur 52 · LA FIN D'UNE LEGENDE III · texte numérisé non relu

LA FIN D'UNE LEGENDE III

beaucoup plus le public que de rassembler ici sous ses yeux, de façon qu'il puisse conclure de lui-même, les textes décisifs du procès. Ces textes sont pour la plupart connus. Mais, épais dans divers récits, mal groupés jusqu'ici pour une conclusion précise, peut-être tireront-ils cette fois d'un rapprochement logique une certaine nouveauté. De plus, autant que possible, on les a complétés. L'inédit qui les accompagne leur apporte un supplément de clarté : nous citons des textes nouveaux toutes les fois que ceux-ci nous ont paru nécessaires, rien de plus.

Dans ce « résumé », que nous voudrions impartial, nous suivrons l'exemple que George Sand a donné elle-même. Sa volonté fut formelle : (( Voulant assurer l'existence des lettres, je n'ai pas voulu qu'elles fissent du mal ». De là les coupures qu'elle pratiqua dans la correspondance, non pour se mieux défendre, pour « ne pas être tentée de punir, même après sa mort ». Ce droit de nuire qu'elle s'est refusé, nous ne prétendons pas nous l'accorder davantage. Il ne faudra donc chercher dans ces quelques pages ni une attaque indirecte ni une apologie déguisée. Nous n'avons à exercer aucunes représailles ;

IV INTRODUCTION

et nous ne présentons aucune défense que celle de la justice et de la vérité.

Parmi les griefs présentés de face ou de biais contre George Sand, les uns sont si invraisemblables que tout le monde les a aujourd'hui abandonnés. Tel est celui de jalousie littéraire envers Musset. Telle est encore l'accusation « d'avoir été la cause d'une grave maladie en suscitant à Alfred de Musset des chagrins antérieurs à cette maladie ». D'autres insinuations, hasardées sous le couvert de Paul de Musset, ne méritent qu'une faible créance. Comment ajouter foi à certaines dépositions même « écrites sous la dictée d'Alfred », alors que rien dans l'œuvre, ou les lettres, ou les propos tenus par Alfred aux amis de toute sa vie, ne corrobore ces dépositions, quant au contraire tout proteste contre elles, et la conduite de George Sand, sa vie entière, et sa parole qui valait celle d'un homme d'honneur, et tout ce que nous savons enfin du drame de Venise? L'autorité de Paul de Musset, réduite à elle-même, est notoirement insuffisante. C'est « un homme d'esprit,

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