O LETTRES A ALFRED DE MUSSET
4° La publication faite, les lettres autographes devront être déposées, pour y rester atout jamais, soit à la Bibliothèque impériale, soit dans telles autres archives publiques qu'il vous plaira de choisir, afin que toute personne puisse vérifier l'exactitude de la publication.
5° Les sommes formant le produit net de la publication, ou représentant les droits d'auteur 3 seront versées par vous dans la caisse d'un bureau de bienfaisance ou employées à de bonnes œuvres quelconques.
6° En prévision du cas où vous viendriez à mourir avant d'avoir publié ces lettres, j'ai choisi M. Alexandre Dumas fils pour vous remplacer, et, par respect de la vérité autant que par attachement pour moi, il s'est empressé, comme vous, de m'engager sa parole.
Mais une autre éventualité est à prévoir: vous pouvez nous survivre à tous les deux, et cependant mourir vous-même avant d'avoir rempli la mission que je vous confie. Personne n'aurait plus alors aucun pouvoir pour publier.
page. — D'une note de George Sand, il résulte que Musset lui avait donné l'exemple de ces coupures aux ciseaux : il en avait opéré deux dans ses lettres pour faire disparaître des noms propres.
Donc, je vous autorise, s'il arrivait que, de nous trois, vous fussiez le survivant, à déléguer à M. Louis Maillard, ou, à son défaut, à une personne de votre choix, après vous être assuré de son acquiescement, le mandat que contient cette lettre, afin que cette personne puisse au besoin, après vous, exécuter toutes mes instructions.
Si c'est, au contraire, M. Alexandre Dumas qui nous survit, ce sera lui qui prendra les mêmes précautions.
Tout ceci réglé je me repose sur vous, mon cher Emile, du soin d'accomplir avec une loyale affection pour moi, et un grand respect pour la mémoire d'Alfred, les volontés que je viens d'exprimer.
Signé : aurore dupin
GEORGE SAXD Paris, 10 mars 1S64.
Non, ne pars pas comme ça! tu n'es pas assez guéri, et Buloz ne m'a pas encore envoyé l'argent qu'il faudrait pour le voyage d'Antonio2. Je neveux pas que tu partes seul. Pourquoi se quereller, mon Dieu? ne suis-je pas toujours le frère George, l'ami d'autrefois.
i. Ces lignes sont écrites sur le verso d'une lettre d'Alfred de Musset, datée de Venise, à laquelle elles répondent : — apparemment George Sand aura renvoyé la lettre elle-même, tout de suite, avec la réponse.
a. L'Italien qui devait accompagner Alfred de Musset comme domestique.