‹ Lettres à Alfred de Musset et à Sainte-BeuveChapitre 35 sur 52 · LETTRES A ILFRBD DE MUSSET · texte numérisé non relu

LETTRES A ILFRBD DE MUSSET

sifïïée outrageusement quoiqu'elle méritât tout le contraire. A celte phrase si belle et si sainte, un monsieur du parterre a crié : « Oh! quelle cochonnerie! » — et les sifflets n'ont pas permis h l'acteur d'aller plus loin. C'est comme cela que le public de France comprend. Ces bons Italiens sont tout le contraire. Ils applaudissent tout, ils pleurent, ils rient, ils trépignent, ils s'émeuvent, ils s'exaltent. Le bon et le mauvais, tout leur va; pourvu que l'on touche leur fibre sensitive, peu importe que ce soit avec un sceptre ou avec un balai. *... leur plairait excessivement, et pourtant ils pleurent très à propos à un mot simple et touchant de Kotzebue. Hier, je voyais jouer

une détestable traduction du2 Au milieu

des éternelles déclamations morales et philosophiques, il y eut un mot de rien qui fut très goûté, et avec raison, par le plus grossier public du monde. Un capitaine, jovial, bon, et beau parleur tend la main à un jeune aveugle en lui disant : « Et toi, mon pauvre Cupidon ? » C'est un de ces mots qui plaisent sans qu'on puisse dire pourquoi, et que nous aimions tant à rencontrer parce qu'ils nous

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