‹ Lettres à Babet. Notice de M. Émile ColombayChapitre 3 sur 36 · Avertissement · texte numérisé non relu

Avertissement

+. 11 rendit à Boursault une justice complète dans une con-

1687 : a M. Boursault que je croyois mort, lui écrit-il, me vint voir il y a cinq ou six jours... Il me fit offre de toutes choses, d'argent, de commodités, de chevaux. Je lui répondis avec les mêmes honnêtetés... Ainsi nous nous séparâmes amis à outrance. » A quoi répond Racine : « Les comédiens, qui vous font si peu de pitié, sont pourtant sur le pavé ; et je crains, comme vous, qu'ils ne soient obligés de s'aller établir auprès des vignes de feu Monsieur votre père^; ce seroit un digne théâtre pour les œuvres de M. Pradon, j'allais ajoute?' de M, Boursault, mais je suis trop touché des honnêtetés que vous avez tout nouvellement reçues de lui. » Et il ajoute, donnant la mesure complète de son édification: « Je ferai tantôt à M, Quinault celles que vous me mandez de lui faire. Il me semble que vous avancez furieusement dans le chemin de la perfection. Voilà bien des gens à qui vous avez pardonné ! » / Racine n'avait certes pas de ces défaillances de cœur. Il continuait de garder rancune à Bour-

versation qu'il eut avec Brossette , au sujet de ses victimes : f «... Venons, dit-il à ce dernier, venons à M. Boursault qui est, à mon sens, de tous les auteurs que j'ai critiqués, celui qui a le plus de mérite. »

I. Ces vignes étaient situées près de Pantin, c'est-à-dire prcs du dépôt des immondices de Paris.

sault de son agression contre Britannicus^ et, de réloge de Gennanîciis fait en pleine Acadéniie par le vieux Corneille à qui il étoit échappé de dire qu'il ne lui manquait que le nom de M, Racine pou?' être achevé-.

Gladiateur de plume par occasion, Boursault était, au demeurant, l'homme du monde le plus débonnaire et même le plus enclin à Tattendrissement. Il en a donné une preuve éclatante dans Texercice de son emploi de receveur des tailles, qui lui laissait peu de moments, comme il s'en plaint à son fils le théatin^. Le 24 juin 1688, il écrivait au fermier général LejarieH : « Monsieur, las d'entendre les huissiers et les gardes, que j'envoie au recouvrement des sels prêtés dans toutes les paroisses de cette élection, crier que ce n'est que pauvreté et misère, j'ai voulu m'en éclaircir moi-même, et depuis quinze jours que je vais de village en village, je n'ai pas disposé d'un moment que je n'aie employé à la sûreté de vos intérêts. Je vous jure que j'ai vu encore

j. L'attaque avait eu lieu dans la préface d'une Nouvelle publiée en 1670 {Artétnise et Polianie).

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