‹ Lettres à Basile [microforme]Chapitre 10 sur 18 · ED · texte numérisé non relu

ED

‘ ‘précher n’a été retirée que pour des considérations toutes particulières. Mais est-ce bien à vous de vous faire le juge de ces considérations, et de dire à votre Archevêque: ‘“ Vous trouvez, vous, que les sommes recueillies pour cette œuvre, ont atteint un chiffre qu’il ne serait pas sage dé laisser dépasser; eh bien, moi, Basile Routhier, je prétends que vous avez tort; et si vous nous

empêchez de précher dans la chaire, je prêcherai dans les journaux !” Voilà pourtant ce que vous faites, M. Basile.

| Mais pourquoi raisonner avec un homme qui

| regarde l'invention de l'imprimerie comme une

œuvre diabolique ; qui blâme tous les progrès mo-

dernes comme propageant nécessairement le nafu- :

ralisme ;. qui dit que notre siècle marche comme

une écrevisse, et qui affirme que le journalisme

est une des plaies de ‘humanité ? *

Le fait est, M. Bazile, que vous n'êtes pas capa-

ble de dire un mot sans vous enferrer à faire pitié. ,

Prenez donc le parti de vous taire, Lisez l’Imita-

tion ; vous y trouverez cette phrase : ‘ Si les

| ‘“ hommes prenaient autant de soin à déraciner les

| “ vices de leur cœur, et à v semer les vertus, qu’ils

“s'en donnent à agiler des questions, on ne verrait

| “ pas tant de maux et de scandale parmi le peuple.”

| . “ Un zèle trop ardent, dit le père de Colonia, | “mène souventau delà du but, et fait tomber dans

“lJ’égarement.” Prenez garde M. Basile !

Un mot de plus. Vous dites dans votre dernière lettre, avec un air de touchante humilité : ‘ Mes “adversaires en général ont peu d’haleine et ils

‘“ne vont pasloin. La polémique produit sur

me rare ee

*. Voir les Causeries du Dimanche.

US

Do. Nes

“leur cerveau le même effet qu'une machine “ pneumatique. Le vide s’y fait bientôt, et tout à “ coup l'air manque.”

Il n’y a toujours pas de danger qu'un semblable accident puisse jamais arriver au vôtre: car il n'est pas difficile de s'apercevoir qu'il renferme trop de vent pour que l'air y manque jamais !

Mardi, 12 Décembre, 1871.

Te teog em emnrn annees

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