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Cette citation est plus éloquente que tous les commentaires. Votre calomnie est-elle assez évidente, 6 fervent précheur ? Un autre’ que vous aurait honte, M. Basile.
Quant à mon appréciation de l’illustre M. McGee, il me semble qu'elle est beaucoup plus flatteuse encore que celle qu’en faisait l’immortel M. Cartier, lorsqu'il l’appelait chien puant (stinking log) en plein parlement. J’ai rendu justice au talent de l'orateur, du poëte et de l’homme d'Etat, en disant:
Son torse était sculpté pour les grands piédestaux ;
Et puis si, devant sa mort tragique, je n'ai pu me résoudre à jeter un voile sur sa trahison, je n'ai jamais porté l’irrévérence jusqu’au point d’écrire ce que votre M. Veuillot écrivait sur le cercueil d'un de ses adversaires politiques :
Traître à son roi, traître À son sang, ’ Traître à l'honneur humain, traître à la foi chrétienne, Moins homme qu'animal paissant, Moins animal encor que fumier croupissant, Indigne d’avoir face humaine, Gorgé de l’or abject d’un traître plus puissant, . Par le diable écrasé dans la fange en passant, Ce seigneur a crevé comme ume outre trop pleine,
Avalez encore celle-là, M. Basile ; et si cela ne suffit pas, je suis prêt à vous en servir de ce genrelà ad infinitum. À force de vous éborgner avec les pointes que vous essayez de me lancer, vous finire bien par ne plus voir clair du tout, et vous ne laisserez tranquille. En attendant, je taperai jusqu’à ce que vous soyez aplati comme une punaise. J'ai fait vœu de vous y faire songer à deux fois avant d'attaquer les autres; et vous verrez si je sais tenir parole, M. Basile ?
Pour aujourd'hui, continuons.
Je vous avais prié de me dire, ce me semble, si nous devions voir le doigt de la Providence dans la lettre anonyme que M. le curé de St. Paschal avait reçue d’un saint homme de votre connaissance. Au lieu de répondre à r1a question, vous vous écriez gauchement comme le marmot qui s’accuse en voulant s’excuser : “ Ce n’est pas moi! ce n’est pas moi ! ” |
Mais qui a dit que c'était vous ? Est-ce qu'on ne peut plus parler d’un saint homme sans que vous preniez lu chose pour vous maintenant? L’orgueil vous perdra, M. Basile. C’est déjà assez, croyez- ( moi, de vous donner pour un saint, sans vouloir il monopoliser les huit béatitudes pour vous tout - ( seul. Soyez plus raisonnable. 1
Cependant, votre dénégation répond indirecte- | ment à ma question, car si ce n’est pas vous, il y, a ll certainement du surnaturel dans cette affaire, et voici pourquoi: Un jour, vous avez remis une
lettre à un certain postillon. Le hasard... non, { la fatalité... allons donc, la Providence, veux-je À dire, permit que cette lettre fut la seule qui se il trouvât dans la malle de St. Paschal. Dans cette (à lettre, qui n’était pas signée, le révérend M. Patry À e était traité d’apostat, de renégat, eto:—Style Veuil- à ’ lot. Si cette lettre ne vient pas de vous, et que | , vous ne teniez pas à nous faire croire à quelque i È gaucherie de la Providence, vous avez un excel- 4 ® lent moyen de vous justifier, M. Basile. Voyez | $ comme je suis accommodant ;, montrez-nous seule- L , ment une lettre du Révérend M. Patry, déclarant | : qu'il n’a aucune prenve positive que vous lui ayez à
jamais écrit de lettre anonyme, et je me rétracte. Vous voyez que je vous accorde plus que le bénéfice du doute.
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Mais vous ne pouvez ubtenir cette lettre, entendez-vous : c'est là le troisième défi que je vous lance depuis le commencement de notre discussion et vous allez faire encore le mort comme d'habitude. Car il faut noter que vous avez abandonné depuis
quelque temps la tactique des chasrés-croisés. . Vous faites le mort. Mais c’est bien inutile, allez ;
ce moyen-là ne vous réussira pas plus que l’autre. On connaît son Basile. (1)
Quant aux faux billets de banque, j'ai dit qu'ils avaient été mis en circulation par vos agents électoraux ; quund vous aurai nié le fait sans échappatoire, je prouverai. (2)
. Passons à une autre dénégation. 1lest heureux que vous ayez compris que vous commettiez une pyramidale naïveté,en niantemphatiquementavoir jamais accusé M. Pelletier d'avoir démoli la colonne Vendôme et fusillé Mgr. Darboy, en 1868! Aussi vous ne vous attachez plus maintenant qu'aux autres membres de la phrase ; c'est-à-dire que vous niez avoir appelé M. Pelletier commissaire de Satan et vous être compuré à Mgr. Affre. Mais vous êtes encore plus Basile que je ne croyais, où bien vous êtes comme ce grands conpables qui ne
(1) Bien que M. Routhier ait affirmé avoir cette lettre entre les mains, il à refusé de la publier. D’un autre côté, je sais, de source authentique, qu'il a eu, en décembre, une entrevue avec M. le curé Patry, et l’a supplié, les larmes aux yeux, de le tirer du mauvais pas où il se trouvait, et que M. Patry lui a répondu qu'il ne pouvait faire un mensonge pour lui faire plaisir ; qu’il ne lui gardait pas rancune ; mais qu’il avait des preuves irrécusables de sa culpabilité, M. Patry est prêt à témoigner de ceci, privément, à quiconque voudra s'informer de la chose auprès de lui, En lisant la lettre que M. Patry lui écrivit à ce sujet, en dute du 15 décembre, M. Routhier a dit, en présence de M, Daniel Hatton, de Kamouraska, que M. le curé de St. Paschal était une sacrée canaille, style Veuillot.
(2) M. Routhier n’ést jamais revenu sur ce sujet,
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voient que des accusuteurs partout ; qui tremblent au bruit des feuilles, et qu’un regard scrutateur déconcerte. (Ce n'est pas ina faute, si vous ne comprenez pas le français, mon cher M. Basile, Personne n’igrore, par exemple, ce que j'ai voulu dire en parlant de ‘ la viande le vendredi,” de la “ contrebande d'1 vi de messe” et de “ l’idyle de la Gatineau” Je n'irai pas ennuyer le publie en vous dounant d’hrterininubles explications pour vous seul. La inoïndre chose, ce ine semble, qu'on puisse exiger d’un 1dversaire, c’est an moins assez d'intelligence pour comprendre ce que parler veut dire. Ily a longtemps qu'un rutre moins patient que moi, vous aurait dit ce que M. de Talleyrand disait un,jour à quelqu'un qui ne voulait rien comprendre : “ Vous êtes un imbécile, comprenez-vous ? ”
À Dieu ne plaise que j'aie cette opiuion-là de vous cependant, M. Basile ; car, bieu que vous ne saisissiez pas toujours très-facilenent" ce qu'on vous donne à entendre, vous avez d’autres facultés qui compensent ampleineunt : celle de faire des distinctions subtiles, par exemple. Et en voici une qui mérite certainement torite notre attention : Les libérux canadiens, sont des ennemis de la religion et de la société, c’est entendu ; mais il Le faut pas
les confondre avec Îes se oppositio: tes qui
eux peuvent être de fort bons sujets. Voilà qui est bon à constater, et qui w’expliqre rien des choses. Je vois muirtenant que c'est en vertu de cette heureuse distinction qe tons les tranisfuges politiques qni se sout ralliés à M. Cartier, de brigands infâmes qu'ils étaient, sont tombés tout à coup eu odeur de sainteté. Ainsi Greo. Brown, Darcy McGtee, P. G. Huot, A. Tourangeau, J. &.
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Blanchet, J. P. Rhéaume, etc., n'ont jamais été libéraux : c'était par erreur qu'il s’appelaient ainsi eux-mêmes ; ils n'étaient qu'oppositfiontistes, ce qui
n'est pas du tout la même chose... O Basile, cher M. Basile, charmant M. Basile, vous êtes ‘ le plus beau jour de ma vie...” seuleméut
j'aimerais, —et beaucoup d’autres aussi, sans doute, —connaître, parmi nos représentants, par exemple, céux que: l’on doit considérer comme des libéraux, c'est-à-dire des impies, et ceux qui ne sont qu’opposilionistes. Faites nous donc une petite liste à cet effet, M. Basile. Cela simplifierait bien des choses, vous comprenez ; et puis cela est très-important, puisqu'il s'agit du salut de nos âmes.
Parions que vous allez faire le mort là-dessus aussi !
J'aurais beaucoup d’autres choses à vous dire, M. Bazile ; mais comme ma lettre est déjà longue, et que nous sommes à la veille du jour de l'an, je garde cela pour vos étrennes.
En terminant, permettez-moi de vous demander si vous avez médité assez longtemps sur les paroles de Balmès que je vous ai citées il y a trois semaines, et dans lesquelles le grand philosophe disait qu'on faisait tort au catholicisme en l'identifiant avec une cause politique quelconque. Il me semble que je vous avais demandé votre avis là-dessus, M. Basile.
J'attends. (*)
Mercredi 27 décembre, 1871.
(*) J'ai attendu en vain,