‹ Lettres à Basile [microforme]Chapitre 15 sur 18 · SEPTIEME LETTRE · texte numérisé non relu

SEPTIEME LETTRE

Mon cher M. Basile,

Comme, vous vous en êtes aperçu vous-même, votre pamphlet n’est plus qu'une question secondaire dans notre polémique. Il n’est plus qu’un prétexte pour quelque chose de plus sérieux. Oui, M. Basile, de très-sérieux mêmie ; et la preuve, c'est que, non seulement vous hurlez de douleur sous les morsures du ridicule que j'ai mis à vos trousses, mais que vous trépignez de dépit en voyant s'écrouler, comme un château de cartes, tout l’échafaudage de tartufferies que vous élevez si laborieusement depuis que vous êtes à KamourasKa.

Ce n’est pas pour le simple plaisir de faire rire de vous, que je reprends la plume, après les quelques jours de répit que je vous ai laissés, M. Basile. Oh! non, c’est pour vous tenir un peu plus longtemps démasqué devant le public. Quand on aura bien vu sur toutes ses faces votre tête de Janus ; quand on saura ce que vous êtes, M. Basile, vos calomnies et vos dévotions seront considérées pour ce qu'elles valent, et j'aurai fait une bonne œuvre.

“ Ne refusez pas de rire, si le sujet le comporte, “ dit Tertulien. Il y a des choses dignes de risée “ sous leur gravité feinte ; le rire les empéche d'usur- “ per le respect.”

Vous voyez qu'il y avait des”Basiles même du temps de Tertulien.

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| Le rire des hommes a son bon côté, je le maintiens ;

| et il faudra bien que vous en passiez par là, quand | vous saurez que vôtre M. Veuillot lui-même a | ‘écrit quelque part que ‘le sifflet n’est pas seule- | ment une aitaque permise, mais la plus légitime

| | des représailles. ” | |

Et à ce propos, je me permettrai de m’étonner, | M. Basile, de ce que vous anathématisiez autant | Molière et Lafontaine, tandis que M. Veuillot, lui, les nomme des Français par exrellence. Décidément il y eu a un de vous deux qui n’est pas infaillible ! Vous devriez lire Veuillot, M. Basile ; cela vous serait presque aussi utile que de lire la vie de | Washington. (‘ar enfin, pour deux hommes qui parlent toujours au nom de la Providence, vous

11 admettrez qu'il n’est pas absolument habile de

A vous contredire ainsi mutuellement. Autrement, | ji! voyez à quoi vous vous exposez. Il y a quelques à (ll | : années seulement, /e. plus grand écrivain des temps

1 | | modernes, quant à la forme, à publié un volume de

ii Satyres. Or, come M. Veuillot est tout ce qu'il y

| a de plus parfait, il s’ensuit que la satyre ne peut | être qu'une excellente chose. Et comme, dans la pré- | face de ce volu”e, Molière et Lafontaine sont ap- | pel*s Nos Tncompurables Satyristes, il S'ensuit encore que, lorsque vous accusez le rire grivois de Mo-

an bière et de Lafontaine d’avoir attiré le châtiment . À [) | de Dieu sur la France, vous vous montrez le plus | | | Basile de tous les Basiles; et cela d’après le juge-

| ment sans appel de M. Veuillot li-imème, “ ce

| grand interprète de la Péri?

|l Ce qui ,rouve que M. Veuillot, malgré ses in-

Il croyables déblatérations contre le télégraphe et | le percement du mont Cénis, est quelquefois de | l'opinion des autres hommes sur certaines choses.

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