‹ Lettres a David, sur le Salon de 1819Chapitre 9 sur 36 · NEUVIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

NEUVIÈME LETTRE

Vous avez reçu nos premières Lettres , mon cher Maître , et en nous faisant quelques observations dont nous nous efforcerons de profiter , vous remarquez que nous parlons du directeur du Musée avec un peu de cette amertume qui appartient trop souvent à l’amour-propre offensé. Avouons que vous devinez juste ; chacun , dans notre république , écrit avec toute la liberté de sa pensée , et nous soupçonnons qu’une blessure récemment faite par le

directeur ou le jury , saignait encore dans le cœur d’un de vos correspondans quand il a pris la plume. Mais si le blâme est permis à chacun , la reconnaissance est prescrite à tous. Nous n’avions pas attendu l’assurance que vous nous donnez de vos relations amicales avec l’auteur des poétiques tableaux d'Inès , de V Eruption du Vésuve et de la Religieuse de Valladolid , pour sentir que sa conduite prenait un fort grand avantage sur l’hostilité de notre correspondance.

En effet , dès que nous avons demandé au directeur \ depuis nos premières Lettres écrites , les mêmes faveurs pour notre entreprise que celles qui sont accordées à une autre , il s’est empressé de nous satisfaire avec la grâce d’un homme de cour , la franchise d’un artiste , la bienveillance d’un homme d’esprit. Le nom de David était sans doute avant tout notre recommandation près d’un peintre; mais si vous avez quelque part aux motifs qui l’ont décidé , nous nous chargeons volontiers du sentiment que nous impose la loyauté de son obligeance.

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