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LETTRE XXX

23 Août 1907.

Ma chère Jeanne,

Ma lettre à Emile m'avait attiré une gronderie de Félix, qui craignait qu'elle ne m'eût faliguée; heureusement il n'en a rien été, sans doute à cause de la douceur que j'avais trouvée à l'écrire et qui compensait bien la fatigue

' l'A'rile de Joiigiu' toiniiK» les deux |)r(''C(''(li'i»tt>s. i Xote ilc riïdileur. )

LETTRES. — PREMIERE PARTIE IGl

physique. Votre mari m'avait fait un très vit plaisir par sou affection, et son mot délicat sur ma sœur m'avait touchée à fond. Voici la cause de cette petite <( explosion » dont je gratifie parfois ceux que j'aime bien et seulement ceux-là.

J'ai encore eu quelques misères de santé durant ces derniers jours; mais en somme mon état général est meilleur et j'espère rentrer plus forte à Paris le 1"" Septembre. Cependant je ne me rendrai bien compte de la situation ({u'en reprenant une vie à demi normale, car ici j'ai vécu étendue, soignée, exonérée de toute fatigue même légère, el il fallait mon mauvais caractère pour avoir trouvé moyen tl'ôtre malade au milieu de cela.

Neveux et nièce sont dans un état superbe , s amusant pleinement et profitant à tous points de vue de leur séjour. Ma sœur et son mari vont bien aussi. Maman est moins brillante qu'eux, malheureusement. Nous avons eu Mercredi les V..., grands et petits, à déjeuner, et j'aurais voulu vous voir aussi au milieu de nous. Le temps a favorisé les promeneurs et nous avons pu leur faire entrevoir notre Jougne sous un aspect assez favorable.

Où allez -vous donc sur les bords du lihin ! A'ous me donnerez votre adresse, n'est-ce pas? Je suis contente que vous goûtiez La Psycho-

LOGiE DES Saints ^ non que je trouve qu'il n'y ait mieux à dire sur ce sujet, mais, je l'avoue sincèrement, parce que je serais heureuse de vous faire comprendre ce qu'est une âme fortement chrétienne. Il y a bien dans ce désir quelque chose de personnel, car, si je suis loin, hélas I de la sainteté , elle m'attire inliniment ; et à défaut de mieux, ne pouvant suivre jusqu'au bout ces êtres sublimes que sont les saints, j'aimerais que vous puissiez mieux comprendre et aimer l'imparfaite amie qui voudrait leur ressembler.

Amitiés à « tous » de tous deux. Un affectueux baiser, ma chère Jeanne, de voire vieille

Bébeth.

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