‹ Lettres `a des incroyantsChapitre 32 sur 78 · LETTRE XXXVII · texte numérisé non relu

LETTRE XXXVII

l'T Septembre 190(.».

\ otre mot m'a bouleversée; depuis bien des jours je me préoccupais de l'état du pauvre

13 — Lellres à des Incroyants.

enfant' et me demandais avec anxiété si cet état persistant ne cachait pas quelque chose de grave, mais je ne m'attendais pas à celte brusque aggravation et suis bien profondément émue. Depuis hier je pense au petit mahnde, à ses jnalheureux parents, et prie avec ardeur pour ces pauvres cœurs dans l'angoisse. C'est pour eux que ce matin je suis allée communier et demander la force qui m'a été donnée au jour de l'épreuve et que seule je n'aurais pas eue. Je ne peux vous exprimer la compassion que j'éprouve pour votre sœur, pour vous tous, mon amie chérie, et je voudrais être près de vous pour tâcher d'adoucir par mon affection ces heures cruelles. Hélas! je sais ce qu'elles renferment de souffrances, je les ai vécues et je les ai vu vivre auprès de moi !

Je n'écris pas à L...-, redoutant que ma lettre n'arrive en un instant trop douloureux ; dites-lui que je suis près d'elle de cœur, de prière, et que je la plains du plus profond de moi-même. Dites-le aussi au pauvre A...^ et croyez, ma chère Jeanne, que ma pensée ne

' Un neveu de la eorrespondante d'Elisabeth Leseur, le fils de sa sœur, seul fils sur trois enfants, très gravement ma\adc. [Xole de l'Editeur.)

' La sreui de la correspondante d'Elisabeth Leseur, 1 \ote de l'Editeur. )

' Le mari, catholi(|ue comme ses enfants, de la s(pur do la (•()iics|)ondantc dl^lisabelh Leseur. ! Xotc de l'I'ditciir.

quitte pas votre pauvre groupe dans la tristesse.

Avant-hier, à l'heure où vous passiez si près de moi*, le cœur triste, j'étais dans mon lit, ne pouvant m'endormir, triste aussi. Il y a un fluide en afl'ection.

Vous avez dû voir Félix hier ; il me le dit dans sa lettre de ce matin et me tfit aussi son émotion de votre peine.

Transmettez à votre mère, à tous, mon respectueux souvenir et ma sympatliie émue et laissez-moi vous embrasser, ainsi qu'Kmile, bien tendrement, de toute une alleclion que votre soulTrance me fait sentir encore plus fortement.

Votre amie,

K. Leseur.

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