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LETTRE XLIX

28 Avril 1905.

Chère Mademoiselle,

Votre cœur vous a bien dit toute la profondeur de ma souffrance et vous a inspiré

aux bords de la Méditerranée, répondit le 8 février 1905. On me pardonnera d'emprunter à cette réponse le long passage cité ci- après. C'est qu'il est tout à fait caractéristique cl opportun. 11 montre en effet très clairement ce qui séparait radicalement B^lisabeth Leseur et sa correspondante sur le terrain des idées et des croyances, et en même temps il fait pleinement ressortir cette sympathie cliaude qui unissait d'une façon si étroite et si confiante deux âmes nobles et élevées en dépit de la divergence des pensées, divergence que d'ailleurs ni l'une ni l'autre no cherche à dissimuler. Chacune d'elles affirme au contraire son point de vue avec netteté ; rien n'est plus honorable, et sans nul doute la franchise d'i-llisaboth en matière religieuse, jointe à la tendresse exquise de son amitié, a été le principal élément de la respectueuse estime et de l'affection profondément dévouée que Mademoiselle A... F... professait pour elle. C'est aussi un exemple et une leçon, et c'est enfin une preuve de l'irrésistible et bienfaisant rayonnement qu'exerçait Elisabeth Leseur sur tous ceux qui entraient en contact un peu intime avec elle. Voici maintenant la citation après ce préambule (jue le lecteur voudra bien excuser :

" Chère Madame,

i< Mon premier hioiivement, en vous vot/anl venir ici, a été tout (Je Joie ; le second u été comme un remords. N'avais-Je

ces douces paroles, hautes et bienfaisantes. Après tant de mois douloureux, mais si remplis pour moi maintenant de chers souvenirs, j'ai eu ce brisement, le plus grand de toute ma vie. J'ai perdu, non seulement une sœur bien-aimée, mais une amie, au sens complet du mot, et aussi une enfant sur laquelle j'avais versé toute la maternité de mon cœur et de

pas abusé en vous monlrant combien vous m'aviez été bienfaisante, puisque cela vous avait amenée à recommencer?

u Pourtant Je ne pouvais pas regretter l'élan qui m'avait fait vous écrire ce que je vous ai écrit, et que Je sens si intensément !

X Et de votre lettre émanait une fraternité si grand»' et si douce que Je me suis dit : Pourquoi ne pas Jouir simplement et très à fond de cette si/mj)athie d'ames , comme on fait de la beauté que le soleil répand sur les choses '.'... J'ai Joui, et je vous dis : Merci.

(< Je pensais à vous tous ces Jours -ci, pendant les longs après-midi où Je ne me lasse pas de regarder cette eau mouvante qui. Jusqu'à l'horizon, a maintenant retrouvé son bleu de candeur ou de passion, suivant les heures. Sur le haut des vagues. Je lisais, mais si nettement , comme nous différons, ma'is aussi comme nous nous retrouvons.

« La profusion de beauté, la multiplicité de vie, cachée sous cette transparence, les merveilleuses transformations de matière qui s'élaborent dans cette masse colossale, vous sont autant de preuves que Dieu existe, et vous êtes sereine, et vous êtes infiniment tolérante et bonne.

« En regardant ces flots qui, depuis un nombre fabuleux de siècles, se poursuivent sans relâche dessinant, sur la plage, de larges festons qui s'effacent d'eux-mêmes. Je vois qu'ils roulent avec la même superbe indifférence épaves, plantes, animaux et hommes dont ils sont, tout ensemble, la destruction, la vie et la mort.

mon esprit. Les longues heures passées près d'elle, dans une intimité bien douce, les épanchements d'âme à âme, ces mêmes aspirations et ces mêmes tendresses, plus grandes chaque jour, tout cela nous avait unies si pleinement que la vie maintenant me paraît impossible, sans la for€e qu'elle m'obtiendra, j'espère. Chère Mademoiselle , si un long travail d'âme ne m'avait donné de grandes et surnaturelles certitudes, il me semble qu'elles se seraient imposées à moi maintenant. La vie de ma sœur chérie a été faite de souffrances, de sa-

« C'est la suprême égalité, et puisqu'elle ne permet pas de compter sur l'imprévu et le surnaturel dont l'attente agite et empêche de se ressaisir, elle m'est profondément apaisante ; en me montrant l'unité de tout ce qui m'entoure, elle me pousse à la solidarité et à l'amour.

i> Dans ce perpétuel effort de la vague, je lisais aussi comme vous concevez l'immortalité de l'âme, ce qui vous est un soutien et un réconfort, et la vie future que vous préparez splendidement en semant partout le meilleur qui est en vous et qui se renouvelle sans cesse.

« Je ne crois pas à une ;inie immortelle. Je crois que nous vivons notre immortalité en même temps que nos Jours, et qu'elle est faite de ce que nous donnons de nous, consciemment ou inconsciemment, (^est pourquoi Je travaille ;) n'abandonner de moi que ce qui vaut quehjue chose.

« Vous avez tout à fait raison, chère Madame: si nous sommes loin l'une de l'autre, nous nous rejoignons par les bons bouts. Seulement, vous êtes en avance sur moi, car Je m'y prends mal pour faire ce que vous accomplissez avec une grâce et une aisance qui en triplent le prix... » [Note de l'Editeur.)

crifices, d'amour; elle a connu toutes les aspirations élevées, sans pouvoir les satisfaire, désiré ardemment le bien, sans pouvoir le réaliser, du moins comme elle l'aurait voulu, car je crois à la fécondité de la souffrance; elle n'a rien achevé ici-bas, et cette chère âme, si vivante, a trouvé enfin, j'en ai la consolante conviction, le suprême épanouissement et la vraie vie, celle que nous commençons seulement en ce monde et que nous entrevoyons à nos meilleures heures, celles où nous nous unissons à ce qui est éternel et infini.

Depuis qu'elle nous a quittés, aux heures de recueillement et de prière, je sens l'âme de ma bien -aimée très proche de la mienne, et elle m'aidera à attendre la réunion, à faire servir ma douleur au bien des autres, et à devenir peut-être ce qu'elle était si complètement.

Elle est partie comme elle avait vécu , saintement, en aimant et en priant, acceptant la souffrance et la mort et disant d'un accent que je n'oublierai jamais, après avoir communié, à ma sœur qui lui parlait de Dieu : « Je L'aime et je m'abandonne à Lui. » Elle est partie ses chers yeux fixés sur les miens, et j'ai eu la déchirante douceur de les fermer ensuite et de lui donner, après tous .

avant qu'on nous l'emporte, un suprême baiser'.

Pardon de vous ouvrir ainsi le fond de mon cœur et de ma douleur. Cela ne m'est possible qu'avec ceux en qui je sens une sympathie profonde, et vous m'avez bien montré la vôtre. Pourtant, je voulais vous dire que j'ai pensé à vous, au deuil qui vous a frappée; même lorsqu'elle est normale, la disparition d'êtres aimés fait toujours souffrir. Je n'avais encore eu ni le temps ni le courage de vous envoyer une pensée affectueuse, mais j'espère que vous l'avez sentie un peu près de vous.

Comment vous trouvez-vous de ce séjour à H...? Je voudrais vous savoir tout à fait bien et dans ce mot, plein de votre cœur, vous ne me parlez pas assez de votre santé. Quand vous le pourrez, dites-moi si vous vous sentez mieux. Et si vous venez à Paris, prévenezmoi. Il me serait doux de vous voir et j'irais vous trouver, car il ne faut pas vous fatiguer.

Mon mari me charge pour vous de son respectueux souvenir. Du fond du cœur, je vous dis encore : merci, et je vous envoie un peu de cette complète et affectueuse sympathie (pie je ressens si intimement pour vous.

A'otre

K. Lkshuh.

' l.irc K" ii'cil do la moil (l(> sa smmii- .liilicllc, raconlô

LETTRE L

15 Mars 1907.

Ce n'est pas une vraie lettre, une bonne causerie que je vous envoie, amie chérie, mais un simple mot d'accueil à votre arrivée dans la maison familiale. Mon cœur vous y accompagne et vous aurez plus d'une fois la visite de mes pensées. Que ce séjour vous fasse assez de bien et vous soit assez doux pour que ce double résultat compense la privation que m'apporte votre départ.

Profitez pleinement de votre repos ; devenez paresseuse et laissez -vous gâter par votre maman. Et comme vous aurez des loisirs, pensez un peu à votre amie Elisabeth. Moi je ne passerai pas un jour sans vous mêler à mes prières, mes souvenirs ou mes actions.

Chère A..., vous êtes devenue un membre de ce groupe cher qui est la grande tendresse, la grande joie de ma vie.

Veuillez transmettre à Madame votre mère nos respectueux hommages et recevez, avec le

par Klisabeth Leseur, dans Une Ame (La Vie Spirituelle, p. 390 et suivantes). Noie de l'Editeur.)

bon souvenir de mon mari, mon tout affeciueux baiser.

Votre amie,

E. Leseur.

LETTRE LI

27 Mars 1907.

Ma chère A...,

Comme disent les bonnes gens, a je suis en peine de vous ». Avez- vous reçu le mot que je vous avais adressé pour votre arrivée à X...? Ceci n'a pas d'importance, mais ce qui en a c'est votre santé, et j'ai bien hâte de savoir si elle se comporte au gré de mes désirs ail'ectueux. J'ai souvent pensé à vous depuis votre départ, et la privation de mes chères visites a été la vraie mortification de cette fin de Carême. J'ai jeûné de vous el ce jeûne-là est plus pénible que l'autre ; comme le cœur se fait vite à tout ce qui lui apporte une douceur et le dilate ! Il y a dans l'absence un peu du sentiment douloureux qu'apportent d'autres plus longues et déchirantes séparations; mais du moins on sait que bientôt ce sera la joie du revoir. On le sait aussi, n'est-il pas vrai,

dans l'autre cas, mais l'altenie est plus longue; la vie serait bien cruelle si on n'avait pour la remplir un peu de bien à faire et de précieuses affections, et si on ne marchait vers la lumière qui brille au bout de la route. Mais quand on a tout cela, ma chère amie, je le dis avec une conviction profonde, malgré toutes les souffrances, la vie est belle, bien douce, et on peut attendre la réunion. J'aime la vie et aussi ce qui dure puisque, suivant une parole que j'aime, « la mort n'est que la vie continuée )'. Et ceci me rappelle une autre parole que j'ai aimée de votre maître monsieur Pécaut^ : « Pour croire à la vie éternelle, il faut qu'elle ait déjà commencé en nous, »

' Le caractère moral et le rôle pédagogique de Félix Pécaut ont été appréciés dans leurs grandes lignes au cours de Y Introduction (s'y reporter pages 33 et suivantes) ; mais il n'est pas inutile de compléter ici ces indications sommaires par de courtes notes biographiques. Félix Pécaut est né à Salies, dans les Hautes- Pyrénées, en 1828, d'une famille protestante. Après avoir exercé dans le midi pyrénéen pendant plusieurs années le ministère pastoral, il entra en conllit dogmatique avec les autorités pi'otestantes orthodoxes, démissionna de sa charge de pasteur et s'afQlia au protestantisme libéral. Puis il écrivit dans le journal Le Temps, de 1871 à 1879, des Lettres de Province qui, réunies en volume sous le titre Études au joun le jour SUR l'éducation nationale, révélaient une véritable compétence en matière d'enseignement. Il fut alors chargé par le ministre de l'Instruction publique d'une mission en Italie, pour étudier les établissements d'enseignement de ce pays. Il en publia les résultats dans un ouvrage inti-

Il me semble que je me suis lancée dans une de nos douces causeries et que je radote à mon ordinaire. Mais ces radotages sont l'expression des choses dont mon âme vit et comme c'est elle, je crois, que vous voulez bien aimer un peu, vous me pardonnerez.

Nous ayons un clair soleil qui me réjouit pour vous et aussi pour moi ; cette clarté est bienfaisante à tous points de vue, et je l'apprécie pleinement. Avec une louable persévérance, je continue mon traitement, mais ne suis pas encore bien vaillante; et vous, comment vous trouvez -vous du repos, de l'air et de la campagne? Ne me répondez pas longuement; vous êtes à X... pour vous reposer, mais donnez-moi de vos nouvelles par une simple carte postale. Et puis, prévenez-moi

(nié : Deux mois de mission en Iialie (1880), En 1880, Pôcaut fut nommé délégué à rinspeclion générale de l'Instruction primaire, et peu après Inspecteur général de rinslruction primaire, avec mission d'organiser, à Fonlcnay- aux- Roses, l'École Normale Supérieure, destinée à fournir des professeurs femmes et des directrices aux écoles normales primaires de jeunes filles. Enfin il fut appelé à la direction de cette École de Fonleuay, (|u'il avait créée et <(u'il dirigea jusqu'à sa mort en 1898. Comme religion, il appartenait, nous lavons dit, au protestantisme libéral. Son fils a publié, après sa mort, sous le titre : Quinze annkes d'éducation, un recueil de ses pensées et de ses écrits inédits, où l'on trouve l'exposé de ses idées pliiiosophicjues et religieuses. {Noie de V Editeur.)

du moment de voire retour afin que je puisse aller bien vite chez vous.

Les santés sont assez bonnes autour de moi ; celle de ma chère maman est la moins satisfaisante. Je voudrais que l'été pût lui faire du bien. Ces jours' sont pour elle bien douloureux; je les revis aussi, mais, grâce à Dieu, dans une grande sérénité. Votre pensée nous sera fidèle et je vous rendrai cela aux heures de recueillement, à celles où les cires aimés pénètrent seuls dans mon cœur.

Vn bon baiser, ma chère A... A'euillcz transmettre nos respectueux hommages à Madame votre mère et croyez à la profonde atlection de votre vieille amie,

K. Leskuh.

Tous les meilleurs souvenirs de mon mari.

LKTTUK LU

8 Juillcl l'.iOT.

Ma bien chère A...,

Depuis huit jours j'ai beaucoup pensé à vous et vous ai suivie par le cœur; vous êtes une de mes plus vives préoccupations en ce

' Anniversaires des derniers jours de Juliette: se reporter à Une Aine, dans La Vik Spiuituelle. {Noie de l'Editeur.)

moment, et ma hâte est bien grande de vous savoir au repos et de connaître l'état de votre santé. Aussi dès que vous le pourrez je réclame de vous, non une lettre qui vous fatiguerait et dont je ne veux pas, mais une toute brève carte postale qui me dira en quelques mots où vous êtes et comment vous vous sentez. Où irez-vous en quittant X...? Si le beau temps pouvait enfin vous permettre de prendre Tair, vous seriez vite remise des fatigues de l'hiver et le soleil guérirait votre pauvre gorge. Maintenant que vous n'aurez plus de cours à faire, le rétablissement n'est plus qu'une question de temps et tout mon désir est que ce temps soit très abrégé.

Nous partirons, je pense, et sauf empêchement du côté de mon mari. Dimanche pour Jougne. Je commence à éprouver une fringale de départ, de campagne, et surtout de revivre avec ma chère maman. Ma santé est un peu meilleure, mais il ne me faut ni marche ni fatigue et je passe bien des heures sur mon divan ; je m'occupe dans l'intérieur, je fais mes préparatifs de départ, je lis, j'écris, et ne sors qu'un peu le matin pour aller à l'église qui est proche'. Le temps ne m'a pas encore

' L'église Sainl-Auguslin, voisine en olTel do la rue d"Argenson, où Elisabeth l.cseur habilnit i* rôpn(|ne. [Xole de l'Editeur. )

permis de m'asseoir au square^, sauf un moment hier. Pour la moindre fatigue j'ai de suite une élévation de température. Je vous écrirai après notre arrivée à Jougne, mon amie chérie ; transmettez à Madame votre mère mes respectueux souvenirs. A vous, je donne un baiser bien plein d'affection et de tout ce que je ressens pour vous.

Votre amie,

K. Leseur,

LETTRE LIIP

19 Juillet 1907.

Nous voici dans notre montagne , ma chère A. . . , heureux de nous retrouver au milieu des êtres aimés, dans ce grand calme qui agit d'une façon si bienfaisante sur l'esprit et permet de se recueillir vraiment. Je suis assez bien depuis mon arrivée ; il est vrai que ma vie actuelle ne laisse guère de place à la fatigue ; la fièvre n'a pas encore paru , effrayée sans doute par l'air pur, et j'attends un bien

' Le square de Laborde, également voisin. iXote de l'Éditeur. )

' Lettre écrite de Jougne. {Note de l'Editeur.)

réel de ce séjour, sans en attendre cependant la guérison, puisque mon mal de dix-huit années restera le compagnon de toute ma vie. Si je pouvais à ce prix du moins vous obtenir bien vite la guérison, le. retour complet à la santé ! c'est là un de mes bien intimes désirs, et je confie Famie devenue si chère à mon cœur aux prières de ma sœur bénie. Que toute la douceur de la vie, que tout le bonheur possible et réel ici-bas vous soient donnés ; vous le mettrez assez haut, ce bonheur, pour qu'il puisse subsister à travers les épreuves , les défaillances physiques et les sacrifices qui parsèment l'existence, certaines existences surtout, comme si la Providence voulait affiner, perfectionner certaines âmes et en faire de merveilleux instrumenis de son action icibas. Le Bien que nous aimons toutes deux et dont nous nous efforçons de poursuivre la réalisation en nous et autour de nous, le Bien ne se fait que par notre souffrance et c'est encore une douceur, mon amie, de nous trouver réunies même dans l'épreuve.

^'ous m'êtes présente ici, comme partout, et lorsque vous pourrez m'envoyer un mot très court il sera le bienvenu.

J'ai trouvé les miens en bonne santé ; ma mère aussi bien que possible, les enfants ravis de l'exislence et de la liberté; la petite maman

viendra nous retrouver Lundi, le père au commencement du mois prochain. Mon mari savoure la douceur du farniente et pratique, comme exercice intellectuel, le diabolo^ sous la direction de ses neveux. Pour être juste, il faut dire qu'il y joint un peu de lecture. Je m'étends au soleil chaque après-midi, et entre le travail des enfants, la lecture, la causerie, les journées passent vite; le matin j'ai toujours mon heure solitaire dont vous savez que je ne peux me passer, et c'est à cette heure-là, tout particulièrement, que mon âme va visiter les absents et les réunit tous en une même tendre pensée.

Vous dirai-je que je n'ai pas eu encore la tentation de lire un journal et que Paris me paraît lointain et vide, d'autant plus vide que vous n'y êtes pas? Où pensez-vous aller maintenant, et comment êtes-vous depuis que vous pouvez vous reposer? Commencez -vous à reprendi'e un peu d'embonpoint et l'appétit estil meilleur? Je voudrais une réponse affirmative à toutes ces questions.

' Sorte de jeu de volant, qui se jouait seul ou à plusieurs, et renouvelé du jeu de cliahle qui fut très en vogue au début du xix" siècle. Le diabolo faisait fureur au printemps et pendant l'été 'de 1907; puis, après une vogue aussi passagère qu'elle fut extrême, il a de nouveau sombré dans l'indifférence et l'oubli. IXote de l'Éditeur. )

Là-dessus, je vous quitte, ma chère A..., car ma correspondance a soulevé déjà des protestations et j'ai déployé pour la faire l'étendard de la révolte. Vous me reconnaissez bien là, avec mon tempérament connu de révolutionnaire ! ! Mais je ne veux pas abuser de la mansuétude conjugale et maternelle.

Et je mets, en hâte, un bien tendre baiser dans cette lettre en le chargeant de vous exprimer mon affection et de remplacer celui que vous me donniez avec tant de douceur à la fin de nos conversations.

Votre amie,

E. Leseur.

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